Publicité
Paul Bérenger : ?Faire de la SADC un exemple de coopération?
Par
Partager cet article
Paul Bérenger : ?Faire de la SADC un exemple de coopération?
?Les pays de la SADC se sont toujours mutuellement soutenus. Cette solidarité est plus nécessaire que jamais à un moment où nous faisons face à des défis majeurs tant sur le plan économique que politique.? Paul Bérenger a lancé, hier, un appel aux Etats membres de la Southern Africa Development Community (SADC) pour établir un modèle de coopération politique et économique. C?était lors de l?ouverture du sommet des chefs d?Etat et de gouvernement de la communauté au centre international de conférences de Grand-Baie.
Le Premier ministre fait ressortir qu??il est impératif que nous nous engagions non seulement à travers les mots mais également dans nos actes pour que notre communauté devienne une région phare en Afrique.? Bâtir une communauté, ajoute-t-il, exige qu?on se penche autant sur les règles communes qui sous-tendent nos relations économiques que sur les principes qui régissent nos relations politiques.
?A cet effet, les principes directeurs énoncés dans l?Acte constitutif de l?Union africaine et le Traité de la SADC en ce qui concerne le respect de l?Etat de droit, la démocratie et les droits fondamentaux doivent nous inspirer et nous guider pour que nous puissions faire de la SADC, un modèle de coopération politique et économique.?
La SADC est une région caractérisée à la fois par une grande richesse en termes de ressources encore inexploitées et une grande misère vécue au jour le jour. Ainsi, dit Paul Bérenger, tous les efforts pour mettre fin à cette misère et développer les ressources dont regorge la région ne pourront aboutir sans la paix et la stabilité politique.
Perception négative du continent noir
L?Afrique, dit-il, est trop souvent perçue comme un continent miné par les guerres, les conflits internes, les tensions ethniques et ravagé par d?innombrables fléaux. Cette perception négative de l?Afrique n?est guère propice aux investissements qui sont nécessaires pour le développement. ?Nous ne pouvons rester insensibles à cet état de choses.?
Paul Bérenger succède pour un an à Benjamin Mkapa, président de la Tanzanie, comme président de la SADC. Il a donné l?assurance à son prédecesseur que la lutte contre la pauvreté, la faim, le sida et pour la sécurité alimentaire et le développement occupera une place de choix dans son mandat comme président de la SADC.
Paul Bérenger compte donner une nouvelle dimension aux relations entre la SADC et la Chine et l?Inde. Et avec la tenue des ?free and fair elections due in Zimbabwe? au début de l?année prochaine, l?on peut déjà commencer, dit-il, à préparer la normalisation des relations entre la SADC, l?Union européenne et les Etats-Unis.
Paul Bérenger a mis en exergue la nécessité d?une ?coordinated approach? pour les négociations ayant trait au commerce international. Nous devons, dit-il, adopter des stratégies appropriées pour les pourparlers en cours avec l?Union européenne, les Etats-Unis et l?Organisation mondiale du commerce.
La question des préférences et le besoin de préserver ces arrangements commerciaux à travers l?Africa Growth and Opportunity Act et les accords de partenariat entre les ACP et l?UE doivent rester une priorité pour la région. Mais en même temps, en raison de l?érosion graduelle de ces préférences, il est indispensable que les Etats membres de la SADC augmentent leur compétitivité. Se référant à l?Economic Forum 2004 Africa Competitiveness Report, le secrétaire exécutif de la SADC, Prega Ramsamy, a déclaré que Maurice, le Botswana, la Namibie, l?Afrique du Sud et la Tanzanie figurent parmi les 10 pays les plus compétitifs en Afrique. La zone se compare favorablement à l?Afrique du Nord et l?Afrique de l?Ouest, qui ont respectivement trois et deux pays dans les ?Top 10?.
?Etant donné que nous avons choisi de négocier les accords de partenariat économique (APE) avec l?UE en deux groupes différents il est nécessaire que les Etats membres de la SADC suivent de près les développements afin que les APE avec la SADC et les APE avec le bloc africain d?Afrique de l?Est et du Sud parlent le même langage de coopération régionale?, dit Paul Bérenger.
Le nouveau président de la SADC a souligné qu?un certain nombre d?Etats membres de la SADC sont individuellement trop petits pour pouvoir prendre avantage des économies d?échelle et faire face à la compétition internationale.
C?est, dit-il, ce qui a poussé les Etats membres de la SADC à prendre le chemin qui mène vers une zone de libre-échange en 2008. En même temps, nous devons utiliser pleinement les instruments existants dans nos efforts pour attirer des investissements vers la SADC.
Atteindre la sécurité alimentaire
Car actuellement, dit-il, environ 40 % des 200 millions de gens de la SADC vivent avec moins d?un dollar (Rs 30) par jour. Renverser cette situation ne sera pas une tâche facile. L?extension du commerce intra-SADC en elle-même devrait contribuer d?une façon significative à atteindre la sécurité alimentaire.
Benjamin Mkapa estime que les Etats membres de la SADC importent beaucoup de produits hors de la SADC alors qu?ils peuvent s?approvisionner auprès des Etats membres. ?Pourquoi le thé et le café cultivés dans les pays de la SADC n?occupent-ils pas une place prépondérante sur les étagères des supermarchés comme boissons non-alcoolisées ?? se demande-t-il. A 22 %, le taux du commerce intra-SADC est toujours inférieur aux aspirations de la SADC.
RÉUNION MINISTÉRIELLE
Blanchiment de capitaux : le continent africain se mobilise
■ La lutte contre le blanchiment de capitaux continue de plus belle. Le continent africain, à travers l?Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), mise sur le regroupement et le partage des compétences pour obtenir des résultats probants. Lors de la 4e réunion ministérielle de l?organisme, qui se tiendra jeudi au Centre de Conférences de Grand-Baie, quatorze pays, dont onze Etats membres de la SADC passeront en revue le progrès accompli dans la mise à exécution des recommandations de la Financial Action Task Force (FATF). Celle-ci a été créée en 1989 lors du sommet du G-7 à Paris dans le but de développer et de promouvoir un réseau mondial de lutte contre le blanchiment de capitaux. L?ESAAMLG, dans lequel Maurice est un membre très actif, vise à assurer la coordination avec des organisations internationales concernées par la lutte contre ce fléau. Elle entend aussi développer et promouvoir les logistiques et ressources humaines nécessaires à ce combat.
La réunion de l?ESAAMLG sera précédée de la 8e session de la réunion des hauts officiels, qui a débuté hier et se termine demain à l?hôtel Méridien à Pointe-aux-Piments. Le ministre de l?Industrie et des services financiers, Sushil Khushiram, présent à la cérémonie d?ouverture, a souligné que les responsables du blanchiment d?argent exploitent les faiblesses légales des institutions pour opérer. ?Le Fonds monétaire international estime que le blanchiment d?argent représente au moins 2 % du produit intérieur brut au niveau mondial, représentant 600 milliards de roupies.? Selon lui, le blanchiment d?argent sale peut avoir de graves répercussions sur les institutions financières d?un pays, mais aussi sur l?économie tout entière. Maurice a ainsi introduit l??Economic Crime and Anti Money Laundering Act? en juin 2000 dans le but de se conformer aux recommandations de la FATF. Ont aussi pris la parole lors de la réunion : Charles Lengala, secrétaire exécutif de l?ESAAMLG, et Chris Kassami, ?Chairman? de la ?Task Force of Senior Officials?- ESAAMLG.
RELATIONS TENDUES
Ravalomanana rencontre le PM aujourd?hui
Marc Ravalomanana, président de la République malgache, rencontrera consécutivement le président de la République, le Premier ministre et le vice-Premier ministre aujourd?hui. L?affaire Galana devrait être évoquée lors de la réunion avec Paul Bérenger. Marc Ravalomanana est arrivé hier soir pour une visite de 48 heures. L?adhésion de Madagascar à la Southern Africa Development Community (SADC) est à l?ordre du jour du sommet des chefs d?Etat et de gouvernement. La Grande île sera représentée au prochain sommet, qui se tiendra l?année prochaine au Botswana.
L?affaire Galana est un dossier délicat dont devront discuter les deux pays. La visite de Marc Ravalomanana survient quelques jours après les problèmes que le groupe pétrolier a connus à Madagascar pour expédier à Maurice une cargaison de produits destinée au Central Electricity Board. Sans créer un froid diplomatique, l?affaire avait irrité l?hôtel du gouvernement.
L?autre dossier à l?agenda sera économique. Le président malgache passera très probablement en revue, avec Paul Bérenger, les avancées des relations politiques et économiques entre les deux pays depuis la visite de ce dernier dans la Grande île en avril. Ils devraient aussi discuter du sommet des chefs d?Etat et de gouvernement de la Commission de l?océan Indien qui se tiendra à Madagascar l?année prochaine.
Une rencontre du chef d?Etat avec le Joint Economic Council est également prévue.
Publicité
Publicité
Les plus récents