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Pascal Lagesse, ?zafair? classée
Tout part d?un ?héros absolu? : Van Gogh pour Pascal Lagesse. L?incompris de Saint-Rémy qui, sur la fin de sa vie, faisait des ciels tourmentés et des arbres tourbillonnants. Fasciné, le peintre curepipien s?en est inspiré. L?a expérimenté, au point d?en faire sa technique ?zafair?. Déclinaison du mot créole ?zafair?, une chose indéfinissable.
Un style plus ou moins naïf. Mais là où l?ensemble aurait été plat, Pascal Lagesse conserve profondeurs et perspectives, principes du paysage à l?huile. Livrant des scènes du pays peuplées d?une infinité de cercles, de triangles, de bâtons. Multiplication des signes qui, au premier coup d??il, donne un effet de pointillés.
?Je suis le premier surpris de voir qu?au final, cela ressemble à quelque chose?, s?émerveille le peintre. Des ?zafair? donc ? mais aussi des huiles à la facture classique (42 tableaux au total) que Pascal Lagesse expose jusqu?au samedi 18 novembre au Caudan Waterfront.
Des coups de pinceaux alignés sur les coups de c?ur du peintre. Un chevalet planté parfois au milieu d?une rue. Un appareil photo en bandoulière, au cas où. Mais surtout pas pour restituer le paysage de manière photographique, se défend Pascal Lagesse.
être attentif à la lumière, plus vive en hiver et floue en été. Aux montagnes qui ont viré du bleu au mauve en fin d?année. Redécouvrir des paysages mis à nu quand les cannes sont coupées. Une démarche que Pascal Lagesse poursuit depuis 20 ans. Lui qui dit être le premier fasciné par la capacité de peindre du différent dans une superficie relativement limitée.
Un homme en quête de simplicité
Le Morne, la Tourelle de Tamarin, des vues de Baie du Nord à Rodrigues. Classiques ou ?zafair?, les paysages de Pascal Lagesse racontent le parcours d?un homme en quête de simplicité. Un plasticien frappé par les maîtres qui suggèrent une forme humaine, animale ou végétale en deux-trois touches, là où il lui en faudrait vingt.
Un artiste qui cultive la partie ludique de son art. Ainsi, quand on l?interroge sur comment lui est venue l?idée du ?zafair?, il répond sans hésiter : ?C?est un flouck, c?est lui qui est venu à moi?. Sourires. ?Il y a quelque chose qui m?amuse là-dedans?. Et de nous tirer du côté de Morne au ciel rose, qui comme son nom l?indique représente la montagne ? symbole sur fond rose. ?Je ne sais pas si c?est un état second ou trop de diet coke.?
Comment après cela ne pas avoir envie de faire durer le plus longtemps possible la balade auprès d?un être qui ne se prend pas la tête. Qui ne s?encombre pas de théories. Sûr de son fait quand il s?agit des canons de l?huile. Et capable de fantaisie dans une discipline qui souffre d?aucune approximation.
?à aucun moment l?un ne va détrôner l?autre.? Conviction d?un peintre, qui après huit ans dans le graphic design, à toucher à tout, à faire de la vidéo, à proposer des projets à la station de télévision nationale, a pris son parti. Celui d?en rire?après le découragement. ?J?ai vendu mes équipements.? Voilà qui a l?air d?une sentence.
C?est une prise de position. Celle d?un peintre qui veut vivre de son pinceau. ?Je suis comme un étudiant qui toute sa vie a fait le dessin comme une matière subsidiaire, maintenant je veux le faire comme matière principale.? Et qui sait, ouvrir sa galerie à domicile.
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