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Pas besoin de leur faire un dessin
L?Atelier de La-Pointe-Tamarin pour le développement de l?enfant atteint peu à peu son objectif. Deux des animateurs de ce groupe, Jean-Jacques Arjoon et Jean-Yves L?Onflé dressent un bilan après trois années d?existence. Les animateurs de ce centre initient les enfants gratuitement à la peinture, à la musique et à la danse. Le but de cet atelier est de permettre aux enfants de développer leurs talents artistiques.
Et ce sont les parents qui sont contents de constater les progrès de leurs enfants. Anshoo Rutnoo ne croyait pas que sa fille Yuthika développerait son sens de l?observation à 5 ans. En jetant un coup d??il sur son cahier après le passage du cyclone Gamede, elle ne cache pas son étonnement : un dessin montrait les dégâts que les rafales avaient causés chez elle. ?Nous nous sommes promenés dans le quartier après le cyclone. Elle avait tout enregistré dans sa tête?, déclare la mère, visiblement contente. De plus, quand elle a débuté à 3 ans, elle commençait déjà à différencier les couleurs.
Outre son sens de l?observation, la mère a constaté que, bien que sa petite fille soit toujours discrète, elle a su vaincre sa timidité. Elle dialogue de plus en plus avec son entourage. Jean-Yves L?Onflé est arrivé à la même conclusion.
Les élèves de la classe de dessin se rencontrent chaque dimanche. Et c?est toujours la même bonne ambiance. Les enfants s?expriment librement, sans aucune contrainte, et ils choisissent eux-mêmes le thème sur lequel ils travailleront.
Marianne François, la grand-mère de Jérémie, parle de l?enthousiasme de son petit-fils le dimanche matin. Il se lève plus tôt que prévu. Depuis un an, le garçon se passionne pour la peinture. Selon Marianne, sa maison est devenue une véritable galerie d?art. Il y a des dessins partout et le peintre en herbe a même gribouillé sur les murs. Pour les jeunes, ce sont des fresques qu?il ont aidé à faire autrefois sur les murs du village.
Marianne énumère le nombre de fois que Jérémie a été rappelé à l?ordre par son père. Mais dès qu?il a un crayon de couleur sous la main, l?envie de dessiner est plus forte. Peu importe que ce soit sur du papier ou sur le mur. Il dessine très bien tout ce qui touche à la mer. ?Dès que je vois que le mur est couvert de dessins, je devine tout de suite que c?est lui. C?est une vraie passion. Je reste persuadée que la peinture l?aidera dans sa vie?.
La musique est l?autre passion de ses enfants. François Lily, enseignant à l?école primaire de St-Benoît, ne dira pas le contraire. ?Les enfants sont plus cultivés et s?intéressent beaucoup au chant même si c?est en français. Ils arrivent même à jouer de la flûte.?
Jean-Jacques Arjoon est persuadé que quelques-uns de ces jeunes émergeront comme peintres professionnels ou comme musiciens. Pour lui, il ne fait pas de doute que la côte ouest, où le taux de réussite est le plus bas à Maurice, est l?enfant pauvre de l?éducation. ?Nous ne faisons pas uniquement du bénévolat comme le pensent certaines personnes. Nous préparons les enfants à intégrer le milieu scolaire sans difficulté. Nous voulons que le taux de réussite au CPE dépasse les 45%. De grands pédagogues ont prouvé que l?art peut contribuer à la réussite académique d?un enfant. Tel est notre objectif?.
Les résultats semblent prouver que Jean-Jacques Arjoon a raison. Elsie Boucherville, responsable d?une école maternelle à Tamarin, encourage le coloriage et la base du dessin. Elle trouve aussi qu?il y a eu beaucoup de progrès chez les enfants de moins de 5 ans. Ce constat encourage les animateurs. Mais ils doivent constamment chercher des sponsors pour la bonne marche de l?atelier.
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