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Partenariat de développement

14 novembre 2007, 00:00

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Se tiennent en ce moment à Bruxelles plusieurs rencontres entre l?Union européenne (UE) et le groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) au sujet des Accords de partenariat économique (APE). Ces réunions sont d?importance vitale dans le cadre des nouveaux rapports économiques qui se dessinent entre le vieux continent et ses anciennes colonies. De nombreux Etats ACP craignent une déstabilisation de leurs économies, en conséquence.

L?Europe offre un accès en franchise de douane aux produits des ACP sur son territoire. Cette préférence était jusqu?ici à sens unique. Avec l?APE, les pays ACP vont devoir faire de même.

En effet, l?APE doit prendre le relais du composant commercial de l?accord de Cotonou qui prévoit des préférences commerciales aux ACP. Ces préférences ne sont pas conformes aux règles de l?Organisation mondiale du commerce car elles pénalisent, du point de vue de Bruxelles, les pays en développement non-ACP.

Mais l?UE se veut rassurante : les APE ne seront pas synonymes de libre-échange entre l?UE et les pays ACP à partir du 1er janvier prochain, ni même à brève échéance. Les ACP bénéficieront de longues périodes d?adaptation dans le processus d?ouverture de leurs marchés intérieurs aux produits européens ; l?Europe ne prévoyant pas un démantèlement brutal des tarifs douaniers. La réciprocité se fera de manière asymétrique.

Bruxelles promet aussi de veiller à ce qu?il n?y ait aucune subvention à l?exportation sur tous les biens exemptés de droits par les pays ACP. En d?autres mots, le commerce entre les deux parties se fera à armes égales.

Maurice et ses pairs ne devraient donc pas s?inquiéter, selon les Européens, d?un éventuel déferlement des produits subventionnés venant du vieux continent sur leurs territoires. Ils pourront, eux, par contre, protéger certains de leurs produits sensibles en les excluant de leurs offres d?accès au marché. Les industries naissantes et émergentes pourront compter sur des phases de transition afin de pouvoir s?ajuster, graduellement, à l?ouverture des marchés.

Mais il ne faut pas perdre de vue la dimension «développement» des APE. Si Maurice a su tirer le maximum de bénéfices des préférences commerciales, celles-ci se sont avérées plutôt contre-productives chez plusieurs autres pays ACP. Le système actuel des préférences commerciales a contraint ces derniers à dépendre démesurément d?une gamme très limitée de produits. Ce handicap n?a pas permis aux accords commerciaux de contribuer pleinement à la prospérité économique de ces pays.

L?abandon des négociations sur les APE n?est pas une option. Maurice défend, de toute manière, une position offensive sur ce dossier. La libéralisation des échanges ne devrait pas trop la perturber du fait que le pays a déjà procédé à un processus de réduction tarifaire depuis quelques années.

N?empêche qu?il y a des défis. Maurice et ses partenaires des ACP revendiquent plus de ressources d?aide au commerce auprès de l?UE. Ces aides devraient aider à développer les capacités industrielles et l?infrastructure économique des pays en question. Car cela ne sert à rien de bénéficier des accès aux marchés développés si l?on n?a pas une bonne variété de produits et de services exportables. L?Europe doit réaffirmer sa volonté d?encourager le transfert de technologies vers ses partenaires du Sud.

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