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Parler chinois sans casse-tête

1 novembre 2006, 00:00

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Essayez d?imaginer. Papa, maman et enfant dans la même classe. Apprenant ensemble une nouvelle langue. Celle d?un pays qu?ils souhaitent visiter un jour. Chine des ancêtres, Chine superpuissance en devenir. Un pays qui veut renforcer ses liens avec le continent, à travers le sommet Chine-Afrique, qui débute cette semaine à Beijing.

Autant de bonnes raisons qui motivent David et Christine et Jonathan Ip à suivre les cours du soir de mandarin pour adultes.

La nuit est tombée à Trianon. C?est au club-house de l?association Hua Lien que le Centre culturel chinois a transféré ses activités, le temps des rénovations de ses locaux de Bell-Village. Une piste poussiéreuse entre des champs de canne où la récolte est faite. Sous le néon de la classe : Zhao, le professeur qui parle un anglais sans accent, est prêt à commencer.

La classe se remplit au fur et à mesure. Les premières arrivées : des retraitées débordant d?enthousiasme. D?autres élèves, plus jeunes, arrivent directement du bureau. Jonathan Ip, lui, vient de l?université de Technologie où il suit des cours en Tourism and Hospitality Management.

<B>Changer d?état d?esprit</B>

Zhao annonce : ?On va commencer par un test.? Hoquets de surprise. ?Un test oral?, rassure-t-il. Les élèves respirent. ?Ok, fermez les livres.? Une élève glisse à un camarade de classe : ?Tonn gete apre dan liv la ? Tou en karakter sinoi.? La famille Ip est au niveau débutant. Christine explique que dans sa famille, c?est le hakka qui était pratiqué, ?mais je ne l?ai pas appris?. C?est également le cas de Joëlle Chan, Front Office Manager au Hilton. ?Nous recevons des ambassadeurs, des ministres chinois. Quand ils me voient, ils pensent que je comprends la langue. C?est embarrassant d?avoir à expliquer que ce n?est pas le cas?, explique la jeune femme. Alors qu?elle maîtrise aussi l?espagnol, Joëlle Chan a décidé de se mettre au chinois ?pour communiquer?.

Debout devant la classe, Zhao répond aux questions des élèves. ?Je comprends ce que vous voulez dire, mais les constructions de phrases en anglais ne s?appliquent pas au chinois. Vous devez changer d?état d?esprit pour comprendre la logique chinoise.? En guise d?exemple, il explique que les Chinois ne regardent pas vers le futur mais vers l?histoire, parce que les ancêtres sont plus forts que les générations à venir. Une règle qui s?applique également à la construction des phrases, à l?expression de la pensée. Notamment pour dire après-demain ou avant-hier.

Un apprentissage qui passe par une série de répétitions, de questions commençant par laoshe, c?est-à-dire professeur. Zhao répond en s?aidant de croquis au tableau blanc, de passionnantes histoires expliquant que les caractères chinois sont des idéogrammes : des dessins qui représentent ce que l?on veut dire. Exemple, un rond avec un point au centre désignant le soleil, ce qui, avec l?évolution de la langue, est devenu un carré avec une ligne horizontale au milieu.

Joëlle écoute attentivement. Quand les explications se précipitent, que trop de mots nouveaux pour elle s?entrechoquent dans les phrases de laoshe, elle lâche : ?on nage, on nage.?

Zhao sourit. Incite ses élèves à persévérer, à continuer leur apprentissage à domicile, à l?aide des cassettes audio qui accompagnent le cours. Des sessions d?une heure et demie par semaine, échelonnées sur six mois. Le tout pour Rs 500, frais d?examens, six cassettes audio et deux manuels compris.

Plusieurs adresses s?offrent pour ceux qui souhaitent apprendre le mandarin. Parmi les plus connues, le Centre Ming Tek, qui existe depuis 1975. Le Centre culturel chinois, lui, propose des cours de six mois, que ce soit pour les débutants ou pour ceux de niveau intermédiaire.

Le mandarin, présent dans le système scolaire à partir du primaire, peut aussi s?apprendre à la Middle School. Fondée en 1912, par Ven Pin, Lai Fat Fur et Ng Cheng Hin, l?école dispense des cours le samedi matin uniquement, pour les enfants dès 4-5 ans. Les cours se poursuivent jusqu?au niveau de la Form IV. L?école payante (Rs 150 à Rs 250 par mois) compte près de 250 élèves. Des cours pour adultes ont débuté en février.

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