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Parc national de l’île soeur : Un nouveau-né d’un million d’années
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Parc national de l’île soeur : Un nouveau-né d’un million d’années
Le tout nouveau Parc national de la Réunion, créé par un décret du 5 mars 2007, panse ses blessures après le passage du cyclone Gamède, à la fin du mois de février.
“C’est une histoire d’eau et de feu qui a commencé il y a un million d’années...” raconte Marylène Hoarau, ingénieure territoriale, en soufflant sur les pentes escarpées du “coeur” du Parc qui englobe 42 % de la superficie totale de l’île et la quasi totalité de sa zone montagneuse, les “Hauts”.
Les sentiers boueux taillés dans l’épaisse végétation tropicale sont dominés par de vertigineux “remparts” (parois montagneuses en créole) qui vomissent des dizaines de cataractes comme autant de sillons neigeux et écumants sur les coulées vertes.“Nous sommes dans la forêt primaire et ses centaines d’essences endémiques, les mêmes qu’il y a un million d’années”, commente la jeune femme. Au loin, l’océan Indien miroite sous le soleil de la fin de l’été austral. Au sud, le Piton de la Fournaise, dont les fréquentes éruptions font la joie des locaix et des touristes, trône, majestueux.
“Gamède nous a envoyé 5 mètres de pluie (5 000 litres/m2) en quatre jours sur les Hauts. C’est sept ans de pluie en région parisienne. Nous sommes dans la forêt éponge. La végétation pousse a une vitesse inouïe”, souligne Marylène en détaillant quelques arbustes endémiques aux noms poétiques. Ici la “Fanjan”, fougère arborescente à tronc, emblème du Parc, là le “bois de chapelet”, avec ses rameaux à grains ou encore le “bois mademoiselle” et son feuillage délicat et élégant.
Mais attention à la “vigne marron” ou à la “griffe du diable” aux charmantes fleurs indigo, des essences importées et prédatrices qu’il conviendra d’éradiquer lors des travaux d’entretien du parc nouveau-né. Un Parangue, seul rapace endémique de l’île, prend son envol sur les hauteurs. Des “petits traquets” et “tuit tuit”, oiseaux 100 % réunionnais, peu craintifs, accompagnent les promeneurs.
“Le Parc n’est pas une réserve indienne. Le classement est destiné à préserver ce patrimoine naturel exceptionnel, mais aussi à organiser sa découverte dans le cadre d’un tourisme-nature respectueux de son écosystème unique”, souligne Daniel Gonthier, maire de Bras-Panon.
La route qui conduit au cirque de Salazie emprunte un étroit défilé qui n’a rien à envier à Roncevaux. Le grand amphithéâtre naturel, porte sur ses flancs les cicatrices de Gamède. Pans de montagne effondrés dans le lit des rivières, “cases” (maisons réunionnaises traditionnelles) en équilibre au bord de gouffres, arbres abattus, routes boursouflées, fracturées par les glissements de terrain ...
“Fournaise et cyclones, l’île se transforme comme aux premiers jours de sa création”, estime le géographe René Robert. “C’est un livre à ciel ouvert depuis l’explosion de la première chambre magmatique jusqu’à nos jours”, ajoute-t-il.
© AFP</I>
ET AU MILIEU COULAIT…DE LA LAVE
Une coulée de lave volcanique traverse une route Nationale à la Réunion </B>
■ Une coulée de lave du volcan du Piton de la Fournaise à la Réunion a traversé une route Nationale lundi à Saint-Philippe, à la suite d’une éruption commencée dans la matinée, a-t-on appris auprès de la préfecture.
Pour des raisons de sécurité, la route Nationale n°2 avait été fermée à la circulation en fin de matinée entre les communes de Saint-Philippe et de Sainte-Rose, dans le sud-est de l’île.
Le Piton de la Fournaise est entré en éruption lundi matin à 10h00 après une première éruption qui n’a duré que quelques heures dans la nuit de vendredi à samedi. Le volcan de la Réunion est l’un des plus actifs de la planète.
Selon le directeur de l’Observatoire de la Réunion, Philippe Kowalski, l’éruption en cours est “la même que celle de vendredi dernier”. La lave, qui avait cessé d’être visible en surface samedi, a continué à cheminer dans le sous-sol avant de ressortir lundi à 500 mètres d’altitude, à environ 4 km de la route, a-t-il expliqué. Elle a ensuite dévalé les pentes avant d’atteindre la route pour poursuivre vers la mer.
Un deuxième bras de lave devrait également traverser la route Nationale où des centaines de curieux sont venus admirer le spectacle. Des coulées de lave coupent régulièrement l’île en deux, sans toutefois présenter un danger pour la population, la zone étant inhabitée.
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