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Papysitters cherchent papis

3 avril 2005, 00:00

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Indrawtee et Josiane ne savent pas si elles doivent se réjouir de leur nouvelle situation ou craindre encore pour l?avenir. Licenciées de chez Floréal Knitwear, ces machinistes ont eu une chance que d?autres n?ont pas eue. Elles ont en main de quoi embrasser une nouvelle carrière : un certificat attestant leurs compétences comme papysitter, mamysitter et babysitter. Mais cela suffit-il pour sortir du pétrin ?

« Je suis contente d?avoir ce certificat, mais il ne m?a encore rien permis d?obtenir. Je suis actuellement babysitter dans une famille mais c?est tout à fait par hasard que j?ai obtenu ce travail. L?argent que je reçois ne suffit pas. Ce boulot ne me prend pas beaucoup de temps. Je devrais, à côté, pouvoir m?occuper de deux ou de trois personnes âgées. Ca ne vient pas », déplore Indrawtee Jhoree. Ca ne vient pas non plus pour Josiane. « Depuis mon licenciement, je ne travaille toujours pas. Je puise dans mes économies. Mais jusqu?à quand ? »

Un nouveau rôle

Des gardes-malades diplômés de l?IVTB, cela ne court pas les rues pourtant. Et la demande devrait exister. Le rapport du National Economic and Social Council (NESC) sur les personnes âgées est catégorique : les familles ont du mal à trouver des gardes pour s?occuper des personnes âgées, et ces dernières, se sentant une charge pour leurs enfants (qui parfois les maltraitent), préfèrent l?hospice.

Instigatrice du projet, Myriam Narainsamy, vice-présidente de l?Organisation mondiale de l?éducation préscolaire, est sûre qu?il marchera. L?idée lui est venue quand Floréal Knitwear la contacte pour mettre en place un plan de réinsertion pour d?anciennes machinistes. « Pourquoi ne pas faire d?une pierre, deux ou même trois coups, en faisant de ces machinistes, des mamy et des papysitters ? »

Elle prend alors contact avec l?IVTB pour élaborer un cours et les 22 machinistes se retrouvent à l?école. « Il n?y a pas de doute. Ce cours m?a permis d?assumer ce nouveau rôle avec assurance », reconnaît Indrawtee. Sauf qu?un mois plus tard, elles n?ont pas encore été à même d?en faire une source de revenus convenable.

L?un des problèmes est le contact. Comment se faire connaître ? La solution est de se regrouper en coopérative. Mais en tant qu?anciennes machinistes, ont-elles le savoir pour prendre l?initiative d?un tel projet ? « Le ministère agira comme facilitateur », affirme Pouba Essoo, attachée de presse au ministère de la Femme.

Et les conditions de travail, le salaire ? Avant de se rendre à un rendez-vous jeudi après-midi, Josiane ne savait pas encore combien elle devait demander pour son travail. « Et s?il me demande de faire le nettoyage de temps à autre ? » s?interroge-t-elle. Il n?existe pas de Remuneration Order propre aux papysitters ! « Je ferai tout pour que leur reconversion professionnelle soit une véritable réussite », assure Myriam, qui compte prendre contact avec le ministère du Travail à cet effet.

Entre former un licencié pour faciliter sa reconversion et lui trouver du travail, il y a un pas qu?il ne faut pas ignorer. Vinod Seegolam, directeur du Human Resource Development Council, en est conscient. Il vient de soumettre le plan d?orientation professionnelle des Mauriciens en fonction des besoins réels de Maurice. « Nous accorderons une attention particulière à cette catégorie de chômeurs dans notre Human Resource Development Plan. »

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