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Paméla Mooroogiah la fée des délices

3 juillet 2005, 00:00

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Les cheveux relevés, des yeux pétillants soulignés de noir, des lèvres bordées de rose, Paméla Mooroogiah, 24 ans, revêt fièrement sa tenue blanche de pâtissière. Se jeter dans les méandres de la pâtisserie, maîtriser les ficelles du métier, arpenter l?hôtel Indian Resorts au Morne, où elle travaille depuis un an, tout cela ressemble à rêve pour elle. Un de ces rêves presque trop beaux pour être vrai.

Pourtant, tout est bien réel ! Persévérance, courage et dévotion : la jeune femme s?est accrochée pour pouvoir s?en sortir. Au bout d?un an, elle y est parvenu. « Zordi mo pas kroir ki finn resi gaign enn travay. Mo ti panse ki pas ti pou ena enn sime. Aster la mo kapav ed mo papa ek mo mama pou nou kontinie viv », confie Paméla Mooroogiah.

Originaire du village de Chamouny, la jeune femme a bravé maints obstacles avant de voir renaître un semblant d?espoir. Il y a quatre ans, Paméla est impuissante face aux problèmes de santé de Saminaden, 52 ans, son père. Ce dernier souffre d?insuffisance rénale et doit subir des séances de dialyse. Employé chez Securiclean, il doit renoncer à son travail. Idem pour Ambal, sa mère de 43 ans, qui travaillait à l?usine. Elle doit maintenant s?occuper de son époux malade.

Les temps sont durs pour la famille. D?autant plus qu?il faut essayer de se démener pour permettre à Mervin, le petit frère de 14 ans, de continuer sa scolarité au collège SSS de Surinam. « Mo finn aret lekol apre Form V. Mo rev sete vine enn nurse. Mo kroir ki sete pou ed mo papa mais osi pou soign dimounn dan lopital », déclare notre interlocutrice.

Une heureuse surprise au tournant

Après le SC, elle envoie des CV pour se faire embaucher dans un hôpital? en vain. C?est alors qu?elle décide de suivre des cours d?informatique de base pour mettre le maximum de chances de son côté afin d?obtenir un emploi. Cela dure six mois. Malheureusement, elle n?y parvient pas. Au bout de quelques mois, elle rencontre Chantal, une habitante de la région, responsable du Centre d?écoute de Chemin-Grenier, et les Field Workers du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups.

C?est alors que ces derniers l?informent d?un projet à l?intention des personnes issues de milieux défavorisées, visant à leur dispenser un cours de formation en pâtisserie, en food production, en restauration et housekeeping. Une fois les démarches entreprises, elle intègre un groupe de 38 personnes, en mars 2004, au Centre de formation de l?Indian Resorts.

Un deuxième groupe de personnes habitant le Sud a également été formé d?octobre 2004 à mars dernier. Par hasard, Paméla Mooroogiah choisit la pâtisserie. « Mo ti pe anvi kone kouma fer gato. Mo ti kroir li bien difisil. Mo pa ti kone mem kouma fer lapat », confie la jeune femme.

Mais petit à petit, elle s?arme de patience, se dévoue à la tâche et apprend à confectionner des gâteaux. Anil Appa, chef de partie et Rowland Gaspard, chef pâtissier à l?Indian Resorts, ses deux mentors, lui confient les secrets d?une bonne génoise ou encore de la pâte feuilletée.

Après six mois, elle passe un examen et complète sa formation. Un mois plus tard, une agréable surprise l?attend au tournant. Elle est convoquée par des responsables de l?hôtel. « Mo ti panse ki zot ti pe apel moi pou donne moi mo sertifika me sete pou donn moi enn travaiy. Mo pa ti pe realize, mo finn bien kontan », ajoute-t-elle.

Ainsi, la jeune femme a intégré l?établissement hôtelier depuis un an, en assurant la confection des gâteaux le matin ou le soir, en fonction du système de rotation.

Le 26 mai dernier, le Trust Fund for Social Integration of Vulnerable Groups a procédé à la remise des diplômes pour les deux groupes à l?Indian Resorts. Son diplôme en poche et fière d?avoir pu bénéficier de ce cours qui lui a ouvert les portes vers une carrière, Paméla Moo-roogiah aspire à une nouvelle perspective aujourd?hui ? fonder sa pâtisserie.

« Mo extra kontan mo travay. Parfoi li difisil parski pena ler fini me mo pasione par seki mo fer. Mo anvie kontinie ladan mem », dit-elle. Elle sait bien que la tâche sera rude, mais elle s?accrochera et ira au bout de son rêve.

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