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Pakistan : l?hiver s?installe dans la région dévastée

3 janvier 2006, 20:00

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D?importantes chutes de neige et de fortes pluies sont venues s?ajouter au calvaire des rescapés du séisme du 8 octobre dans le nord du Pakistan, où l?acheminement de l?aide humanitaire a été suspendu en raison notamment de glissements de terrain. Aucune victime n?a été signalée après cette première offensive d?envergure de l?hiver himalayen, qui constitue également la première véritable épreuve pour l?armée pakistanaise et les agences humanitaires dont dépendent plus de deux millions de sans-abri.

Le mauvais temps, qui interdit depuis trois jours l?acheminement de l?aide par hélicoptère, pourrait durer jusqu?au 7 janvier au moins. Les montagnes du nord du Pakistan, où le séisme a fait 73 000 morts, se sont couvertes d?une couche de neige de 30 cm et des pluies glaciales tombent sans interruption dans les vallées. ?Tout est humide?, se lamente Shakina, recroquevillée avec l?un de ses trois enfants près d?un feu, devant une tente détrempée, dans un camp de Muzaffarabad, chef lieu du Cachemire pakistanais. ?C?est très dur pour moi et mes enfants. On ne peut pas survivre sous cette tente.? Comme elle, des centaines de milliers de Pakistanais vivent sous la tente et de nombreux autres campent dans des abris de fortune devant les ruines de leurs maisons.

Beaucoup de ces abris n?ont pas résisté aux intempéries et trois des quatre routes qui partent de Muzaffarabad ont été coupées par des glissements de terrains, selon le commandant Farooq Nasir, porte-parole de l?armée pakistanaise. ?Nous nous y attendions. Ça arrive chaque année?, a-t-il souligné, ajoutant que la persistance de la pluie rendait dangereux les travaux de déblaiement. Le mois de décembre a en revanche été clément, ce qui a permis l?acheminement d?aide en quantités suffisantes, estiment l?état-major et les agences de l?Onu, selon lesquelles il n?y pas lieu de s?alarmer.

?En ce qui concerne l?aide globale, ce n?est pas la fin du monde?, assure Natasha Hryckow, responsable de la logistique des Nations unies à Muzaffarabad. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a installé plusieurs hôpitaux de campagne dans la région, s?attend néanmoins à être submergé par les infections respiratoires, une fois que la météo permettra les déplacements.

?C?est ce à quoi nous nous sommes toujours attendus; maintenant, c?est la réalité?, déplore Jessica Barry, membre du CICR. ?Si ça dure, ça va être de plus en plus grave.? Ann Kristin Brundorg, du Conseil norvégien pour les réfugiés, redoute quant à elle une multiplication des avalanches, après celle qui a fait 24 morts, la semaine dernière.

Robert BIRSEL

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