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Pagaille à la douane
Ils pensaient faire de bonnes affaires. Mais ils se sont retrouvés face aux forces de l?ordre. Eux, ce sont les quelque six mille personnes qui se sont rendues à Mer-Rouge pour la ?vente à l?encan? de la douane.
Ces produits saisis depuis plusieurs années par les autorités douanières sont vendus d?ordinaire à la criée? L?événement a attiré une foule considérable. A tel point que la vente a dû finalement être annulée.
Il est 8 h30. Heure à laquelle doit débuter la vente à l?encan. Dans la zone 1 du Business Park of Mauritius Limited (BPML), une foule est amassée autour de l?entrepôt. Tous attendent que les immenses portes coulissantes s?ouvrent afin de se ruer sur les produits.
Mais la porte ne s?ouvrira pas. Le soleil de plomb à Mer-Rouge exacerbera l?exaspération et les esprits se chauffent. Les insultes pleuvent. ?Pou ki zot pren dimounn?, peut-on entendre dans la foule.
Aux alentours de 10 heures, les forces de l?ordre interviennent pour maîtriser la situation. Une heure après, le contrôleur des douanes, Bert Cunningham, donne des directives à ses officiers pour annuler l?événement. La douane présente même ses excuses au public.
Vers midi, la foule se disperse. Non sans amertume. Car déjà, pour venir, ils ont dû s?armer de patience.
A la gare du Nord, ils étaient environ 1 500 personnes à attendre la navette. Le chemin du retour n?en sera pas moins exténuant.
?Mo sorti dépi Chemin-Grenier. Depi 8 her mo Mer-Rouge. Zot anons partou dan media ki pou ena enn auction sale. Après zot decid pou cancel sa. Zot prend dimou pou imbecil?, s?insurge Shamtally Gorah, chauffeur de taxi.
Les autorités douanières ont en effet mené un battage médiatique important autour de l?événement. Le grand public était invité à venir acheter les produits saisis. Où se situent donc les responsabilités face à l?annulation de la vente ?
?Le public a mal compris?
Naimduth Bissesur, Associate Controler of Customs, explique que le public aurait mal compris l?annonce faite dans les médias. Il estime que le public a pensé qu?il s?agissait d?une foire commerciale. Mais la douane, ajoute-t-il, n?a pas le droit d?organiser des foires et tel n?était pas le cas.
En fait, la douane a cherché à innover. Et ouvrir la vente à l?encan à un plus large public. Les produits devaient être vendus en petits lots. A titre d?exemple, au lieu de vendre 100 paires de chaussures saisies, celles-ci ont été réparties en lots de 25. Mais la douane a été prise à son propre piège.
?Il y a eu une mauvaise interprétation de le part du public. Nous avons été victimes de notre succès et la douane présente ses excuses au public?, souligne Naimduth Bissessur.
Il n?empêche qu?ils étaient nombreux à avoir perdu une journée hier. ?Monn quit mo travay depi gramatin pou vinn atann dan sa soleil la pou nanrien?, lance Hensley Joly, un habitant de Sainte-croix. Il affirme qu?il a entendu une publicité à la radio expliquant que la vente était destinée au grand public. Et c?est ainsi que les mères de famille accompagnés de leurs enfants n?ont pas hésité à se déplacer. Sunita est de celles-là. Avec sa fille de 5 ans dans ses bras, elle est visiblement irritée par la tournure des événements.
Des opérateurs du port franc avaient, pour leur part, songé au pire. L?endroit où devait se tenir la vente à l?encan est une zone sensible et interdite au public, avancent-ils. ?Avec cette foule, vous imaginez les conséquences s?il y avait eu une émeute ?? ajoute un opérateur.
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