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Ougadi, en route pour l?éternité

19 mars 2004, 20:00

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Sri Taarana, la dix-huitième année du cycle lunaire du calendrier telugu démarre demain. «Taarana signifie voyage pour le progrès de l?homme», explique Sanjiva Apadoo, chef du département telugu au Mahatma Gandhi Institute et président du Sri Sathya Sai Paaduka Samithi de l?Agrément, Saint-Pierre.

Ce cycle de 60 ans s?ouvrira à l?aube. Première recommandation : se réveiller en posant d?abord le pied droit à terre, pour s?attirer les faveurs de la mère nourricière.

Suit alors le rite de purification appelé mangala snaanam. Les membres de la famille s?enduisent le corps d?un mélange d?huile de sésame, de parfum et de poudre de safran. Un quart d?heure après, c?est la douche, avant d?enfiler des vêtements neufs. Suivent alors les dévotions devant l?autel familial et l?akanda jyoti, lampe qui doit toujours rester allumée.

Petits et grands s?attellent alors à la confection de toranalu : des feuilles de manguier enfilées sur une ficelle enduite de pâte de safran, qui sera attaché au chambranle de la porte d?entrée. Ce porte-bonheur apportera plus d?oxygène à la maison. La verdure est également signe de fertilité, d?abondance et de gaieté.

La belle-fille se rend ensuite à la cuisine pour préparer l?ugaadi pacchadi. Mélange de saveurs sucrées, salées, amères, acres et acides, il est composé de jus de canne, de sel, de fleur de lilas de Perse, de piment vert, de mangue verte avec son noyau et de tamarin.

Ces ingrédients devront impérativement être écrasés sur la ros kari et non pas au hachoir électrique. Le mélange est ensuite présenté à l?aîné de la maison. «Le folklore veut que la belle-fille ajoute plus de sucre dans l?ugaadi paachadi pour que l?année soit douce», indique Sanjiva Appadoo. Le pacchadi sera ensuite partagé avec voisins et amis.

DES COULEURS DIVINES

Vient ensuite la partie artistique du nouvel an : le tracé du muggu ou rangoli sur le seuil des maisons. «Le terme muggu signifie dessin floral. On trouve son origine dans le Mahabharata. Ce livre sacré raconte que durant leur exil, les cinq frères Pandavas demandaient l?aumône dans les maisons égayées par des muggu. L?absence de muggu signifiait que la maison était soit endeuillée soit frappée par le mauvais oeil.»

Le muggu se décline en une diversité de formes. «Les plus connues représentent la divinité Ganesh, un triangle équilatéral.» Un triangle équilatéral avec un point au centre symbolise la déesse Lakshmi. Plusieurs triangles enlacés totalisant dix côtés représentent Vishnu, le créateur. Le muggu est réalisé avec du riz en poudre coloré, des céréales, des fleurs et des feuilles. Toutes les couleurs sont admises sauf le noir considéré comme négatif. Si, dans l?Etat de l?Andra Pradesh, il est affaire de femmes, à Maurice, tous participent à son élaboration.

Avant que la fête ne culmine par la lecture du Panchangam, l?almanach telugu, les dévots respectent cinq grands sacrifices quotidiens. Le premier appelé brahma yajna, honore les sages et les Vedas. Le deuxième, deva yajna est pratiqué pour les êtres célestes. Le troisième, pitri yajna est fait à la mémoire des ancêtres. Le bhuta yajna est offert à l?intention des autres espèces pour aider à leur évolution vers le statut d?homme. Enfin, le manusha yajna assure la prospérité des descendants.

La journée du telugu ugaadi prend fin au mandiram, au temple. Attentifs, les fidèles écouteront l?acharya ? le prêtre ? donnant lecture des augures pour la nouvelle année. Des prédictions issues du Panchangam. «Les personnes pourront poser des questions personnelles. Réponses leur seront faites en tenant compte de leur signe astrologique.»

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