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Opposition :les obstacles à la réconciliation
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Opposition :les obstacles à la réconciliation
«Même si j?ai d?excellentes relations avec le MMMil n?existe aucune chance de rapprochement avec le MSM », affirme un Ashock Jugnauth catégorique. Déterminé, il l?était vendredi, lors de la conférence de presse, tenue pour annoncer les nouvelles recrues de l?Union nationale, parti qu?il a créé et qu?il dirige, entre autres, avec Anil Gayan, autre démissionnaire du MSM.
« L?heure pour nous est à la consolidation de notre nouveau parti », aime faire ressortir Anil Gayan, qui lui aussi n?envisage pas de retravailler avec le parti de Pravind Jugnauth.
Ces deux anciens MSM n?ont jamais accepté le leadership de Pravind Jugnauth. « Il lui manque beaucoup de maturité », déclarait Ashock Jugnauth, alors que « humilié », il claquait la porte du Sun Trust. Et dès lors les relations entre l?oncle et le neveu se sont détériorées, atteignant un point de non-retour, selon certains proches des deux hommes. « Pravind ne lui pardonnera jamais d?avoir déserté le parti. Ashock, lui, estime qu?il n?aura jamais la chance de briller sous Pravind. »
C?est dans cette optique d?ailleurs qu?Ashock Jugnauth a créé son parti, a réuni ses hommes de confiance et laboure le terrain. « Son objectif est désormais de faire de l?ombre au MSM », confie l?un de ses hommes de confiance.
<B>Des insultes vite oubliées</B>
Dans le camp MSM, on se montre moins virulent qu?Ashock Jugnauth.
« Pravind avait imposé le retour au bercail d?Ashock Jugnauth comme condition à une réunification de l?opposition. Il est disposé à tourner la page », confie un proche du leader du MSM.
Un autre député du parti, qui réclame l?anonymat ? « Pravind Jugnauth revient au pays lundi et c?est à lui de s?expliquer sur ce sujet » ? concède qu?il ne voit pas « Ashock et Pravind retravailler ensemble après tout ce qu?ils se sont lancé comme insultes ».
Mais en politique, les insultes sont vite oubliées. « Paul Bérenger a fait un appel à l?unité des forces de l?opposition. Les responsables doivent trouver une formule qui puisse amener cette unité. Il faut impérativement reconstituer une plate-forme commune. Il nous faudra assisé ek kosé et je pense que nous n?avons pas le choix. Le peuple attend de nous cette unité et si nous n?y parvenons pas, il ne nous pardonnera pas », explique le vice-président du MMM, Alan Ganoo.
L?opposition réunie pourra mieux tabler sur la « colère populaire que suscite l?action gouvernementale » pour refaire surface, estime-t-il.
Cette analyse rejoint celle que fait le leader de l?opposition. « Au MSM, nous pensons que l?opposition est majoritaire dans le pays. J?entends qu?au-delà des états-majors politiques, il y a une vague de mécontentement qui monte. Il y a un phénomène nouveau : comme je le disais, ce sont les syndicats, les organisations non gouvernementales et autres qui gagnent la rue », fait ressortir Nando Bodha. En revanche, il ne veut pas s?étendre sur les propos réconciliateurs de Paul Bérenger.
« Quant à avoir une alliance des forces de l?opposition, c?est trop tôt pour répondre. La priorité, en ce qui nous concerne, c?est la consolidation des structures du parti et notre action sur le terrain », assure Nando Bodha.
<B>Une question de « timing » </B>
À bien voir, si l?Union nationale se consolide et recrute, et si le MSM part à la reconquête de son électorat, l?appel au front uni de l?opposition est surtout le souhait du MMM. « Il ne faudrait pas que les forces de l?opposition soient dispersées, car ce serait faire le jeu d?un gouvernement anti-ti dimoun. Il y a une situation sociale qui se dégrade de jour en jour et les gens manifestent leur impatience envers les membres du gouvernement », insiste Rajesh Bhagwan, secrétaire général du MMM, pour qui « l?intérêt de la nation devrait passer avant celui des personnes ». Une phrase souvent entendue en politique.
Pour réussir cela, les Mauves devront convaincre Ashock Jugnauth d?oublier ses ambitions premierministérielles et d?intégrer le MMM ou de retourner au MSM. Ce qui n?est guère envisageable, selon un membre de l?Union nationale.
« Qu?adviendra-t-il alors d?Anil Gayan et d?Ashley Hurrhangee, par exemple ? Ashock ne les laissera jamais tomber. »
Mais les obstacles qui surgissent peuvent être franchis différemment. « Le MMM et le MSM pourraient établir un plan de travail commun sur le terrain et au Parlement. C?est Ashock Jugnauth qui serait alors l?électron libre », confie un député mauve.
La réconciliation, ce n?est qu?une question de « timing », paraît-il.
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