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OMC : Cuttaree choisit de jouer la prudence

30 mars 2005, 00:00

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L?heure est à la circonspection dans les camps des Mauriciens. La course pour le poste de directeur-général de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) s?annonce de plus en plus difficile. Le ministre des Affaires étrangères et du commerce international, l?un des quatre prétendants au titre, se veut réaliste face à la concurrence.

?Nous sommes un petit pays avec des ressources limitées. Nous ne disposons pas des mêmes moyens que les grands blocs telles l?Union européenne (UE) pour mener notre campagne. Ce sera presque un miracle si on réussit?, concède le chef de la diplomatie mauricienne. Celui-ci présentait hier un bilan de son ministère pour 2004 au quartier-général de son ministère à Port Louis.

Les efforts de lobbying se poursuivent néanmoins. Les missions diplomatiques mauri-ciennes à l?étranger restent mobilisées pour complémenter la campagne menée par le mi-nistre lui-même, par ses collègues et par les responsables de son ministère. Le Secrétaire aux affaires étrangères, Vijay Makhan, se rend ce week-end à Addis-Abeba, en Ethiopie afin de peaufiner la stratégie visant à assurer un soutien sans failles de l?Union africaine (UA) au candidat mauricien.

Le principal atout du chef de la diplomatie mauricienne demeure le nouveau rayonnement du pays dans le processus de négociations commerciales à Genève, à Bruxelles et au sein des blocs régionaux. ?Notre contribution pour remettre les négociations de Doha sur les rails est très bien appréciée?, avance le ministre.

Maurice continue à jouer un rôle de premier ordre dans la défense des intérêts des petits pays en développement. Lors de la conférence mi-nistérielle de l?OMC à Cancùn en septembre 2003, Maurice avait pris la tête d?un nouveau groupe, en l?occurrence le G-90, afin de mieux faire entendre sa voix au sein du système de commerce multilatéral.

A Genève en juillet de l?année dernière, les représentants mauriciens se sont battus pour que le July Package, issue des pourparlers, tienne en compte le principe des accords commerciaux à long terme tel le Protocol sucre.

?La diplomatie politique et la diplomatie économique vont de pair. Depuis que je suis à la tête de ce ministère je me suis assuré que nous puissions tout mettre en ?uvre pour soutenir nos intérêts vitaux malgré les moyens limités?, fait ressortir le ministre.

Investissements dans la région

La diplomatie mauricienne a été très active pour défendre nos intérêts commerciaux. Il y a eu plusieurs missions aux Etats-unis dans le cadre du lobbying qui a débouché sur l?obtention de la dérogation du third country fabrics sous l?Africa Growth and Opportunities Act (Agoa). Cette exemption permet aux producteurs mauriciens de se qualifiés sous l?Agoa même en utilisant des matières premières importées des pays hors de l?Afrique subsaharienne, soit la zone couvert par la loi américaine.

La réforme sucrière en Europe intéresse au plus haut niveau les politiques et les diplomates mauriciens. L?industrie sucrière locale est sous la menace de changements qui s?opèrent sur le marché européen. L?objectif de la diplomatie mauricienne est de veiller que les effets de la réforme soient le moins amer possible et que l?UE prévoit des mesures d?accompagnement pour compenser en partie la chute dans les recettes sucrières.

Le ministère des Affaires étrangères suit de près les investissements des opérateurs mauriciens dans les pays de la région. Cela s?inscrit dans le cadre de la coopération régionale.

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