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Hans Balgobin : «L’IA permettrait de construire une vision plus cohérente de l’économie réelle»

12 août 2026, 21:00

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Hans Balgobin : «L’IA permettrait de construire une vision plus cohérente de l’économie réelle»

Hans Balgobin, ingénieur, spécialiste de l’intelligence artificielle et «quantitative trader».

L’intelligence artificielle, les évolutions démographiques et les réformes économiques redessinent progressivement les contours du modèle mauricien. Entre la volonté de renforcer sa présence dans le secteur de l’IA, les transformations du marché du travail et les enjeux liés au système de pension, le pays doit adapter ses choix économiques et sociaux. Hans Balgobin décrypte ces changements et les orientations qui pourraient influencer la trajectoire de Maurice.

L’intelligence artificielle va-t-elle créer plus d’emplois qu’elle n’en détruira à Maurice ?

À long terme, oui. Mais la transition sera complexe. À court terme, certains métiers seront automatisés et plusieurs fonctions administratives ou répétitives disparaîtront ou seront fortement réduites. Cela entraînera des ajustements sociaux importants. Mais à moyen et long terme, l’IA déplacera le travail vers des activités davantage humaines, notamment la créativité, l’éducation, le soin, l’entrepreneuriat, le sport, la culture et l’expérience client. Le travail consistera moins en une répétition de tâches et davantage en une forme de création et d’interaction humaine augmentée par la technologie. Pour accompagner cette transition, l’État pourrait soutenir temporairement les micro-entreprises, les travailleurs indépendants et les créateurs. Une forme transitoire d’aide ou de revenu de base productif pourrait faciliter le passage entre l’ancien et le nouveau modèle économique. L’objectif n’est pas de remplacer le travail, mais de permettre son évolution.

L’IA peut-elle améliorer la gestion économique du pays ?

Oui, de manière significative, si elle est utilisée comme un outil de pilotage et non comme un simple gadget technologique. Aujourd’hui, les données économiques sont dispersées entre les ministères, les institutions publiques et les organismes de régulation.

L’IA permettrait de relier ces informations, d’identifier des tendances et de construire une vision plus cohérente de l’économie réelle. Concrètement, il serait possible d’agréger les données fiscales, sociales, budgétaires et sectorielles afin de produire des simulations économiques avancées. L’IA pourrait également permettre un wargaming économique, c’est-àdire de tester les effets d’une réforme avant sa mise en œuvre, de simuler des chocs externes ou d’évaluer différentes trajectoires budgétaires.

Chaque ministère devrait disposer d’équipes spécialisées capables d’utiliser ces outils afin d’accélérer la prise de décision et d’améliorer la coordination interinstitutionnelle.

Un algorithme peut-il gérer un fonds souverain mieux qu’une équipe humaine ?

Dans dix ans, un système d’IA pourrait surpasser une équipe traditionnelle dans l’analyse et l’exécution de certaines tâches liées à la gestion d’actifs. Mais cela ne signifierait pas la disparition du rôle humain. Le modèle le plus efficace restera hybride. Les humains devront définir les objectifs, la tolérance au risque et le cadre de gouvernance. Les systèmes quantitatifs assistés par l’IA pourront analyser les marchés, générer des signaux et tester différents scénarios. Dans mon expérience de quantitative trader, la force réside dans la combinaison entre les modèles, les données et la discipline. Pour Maurice, un fonds souverain systématique pourrait être mis en place progressivement, avec une capitalisation initiale prudente. L’IA permettrait ensuite d’améliorer continuellement les stratégies d’investissement, tout en maintenant un cadre de gouvernance strict.

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