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Journée internationale

Jeunesse et syndicalisme : «Bizin bouze, pa ress fize deryer zot portab»

12 août 2026, 20:28

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Jeunesse et syndicalisme : «Bizin bouze, pa ress fize deryer zot portab»

Shayn Sinnassamy et Ashvin Gudday (au centre) lors des échanges consacrés à la place des jeunes dans le mouvement syndical. Photos: Beekash Roopun.

La relève syndicale passe à l’offensive. À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, ce mercredi 12 août, de jeunes syndicalistes ont été invités à faire entendre leur voix lors d’un débat organisé dans les locaux de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), à Rose-Hill. Une rencontre qui a permis de mettre sur la table les préoccupations d’une génération confrontée à de nombreux défis, mais aussi appelée à prendre davantage part à la vie sociale, économique et démocratique du pays.

Changement climatique, démocratie participative et démocratie fonctionnelle, déclin du syndicalisme, exode des jeunes, montée de l’extrême droite ou encore avenir du travail : les discussions ont rapidement dépassé le cadre strictement syndical. Les jeunes présents ont également interpellé les animateurs sur l’impact de l’intelligence artificielle, notamment sur les emplois intellectuels, les white collar jobs, par rapport aux travailleurs manuels.

Pour Ashvin Gudday, négociateur de la General Workers Federation, cette rencontre a surtout été l’occasion de réfléchir au modèle de société que les jeunes souhaitent construire. «Nous avons essayé de comprendre c’est quoi la démocratie, quel type de société nous voulons pour les jeunes et que pouvons-nous faire de mieux», explique-t-il. Selon lui, la démocratie participative doit permettre à chacun de s’exprimer librement. Les échanges ont également permis de dresser un constat sur le mouvement syndical. «Il y a des plus, mais aussi des faiblesses. Personnellement, j’ai retenu que le monde syndical est solidaire et motivé», affirme-t-il.

Ashvin Gudday revient notamment sur les mobilisations de la Platform Komun Syndikal autour de la réforme des pensions. Des combats qui, selon lui, ont permis certaines avancées, notamment sur le ciblage et l’Income Support, même si «le combat continue» concernant le montant de la pension et son universalité.

Mais l’enjeu dépasse les revendications syndicales traditionnelles. Le chômage des jeunes, les difficultés d’insertion professionnelle et l’exode préoccupent particulièrement Ashvin Gudday. «Beaucoup de jeunes ont des problèmes de travail, beaucoup quittent le pays», souligne-t-il, en faisant référence aux jeunes âgés de 16 à 24 ans, particulièrement touchés par le chômage selon des données évoquées par le rapport de l’Afrobarometer. Pour lui, le syndicalisme doit donc se réinventer afin de mieux toucher cette génération. «Nous espérons que le monde syndical arrive à innover, à se moderniser et surtout à se connecter avec les jeunes qui ont leur propre façon de s’exprimer.» Ajoutant : «Bann bizin kit pei, ale.»

Même constat du côté de Shayn Sinnassamy, membre de la CTSP. Les jeunes Mauriciens, dit-il, sont confrontés à de nombreux défis, notamment celui du pouvoir d’achat et des perspectives professionnelles. «Nous nous sommes rendus compte que les jeunes font un travail décent, mais que le salaire ne suit pas. Et cela les pousse vers un exode. Bizin kit pei ale», résume-t-il.

La rencontre a également été l’occasion de s’interroger sur le rapport des jeunes à la politique et à la citoyenneté. «Est-ce que les Mauriciens ont une éducation politique aujourd’hui ?», s’interroge Shayn Sinnassamy. Une question qui, selon lui, doit être posée si l’objectif est de préparer «le futur de demain».

Pour Hans Soobramanien, également membre de la CTSP, la jeunesse doit justement être davantage impliquée dans la vie économique et sociale. «Un gouvernement qui pense à la jeunesse est un gouvernement qui prépare l’avenir intelligemment», estime-t-il.

Jason Grizzel, de la CTSP, insiste pour sa part sur l’importance de l’engagement syndical. «C’est un avantage d’être dans un syndicat, notamment pour connaître ses droits et ce que prévoit la loi», souligne-t-il.

Au fil des échanges, un message s’est finalement imposé : la jeunesse ne peut rester spectatrice des transformations de la société. Face aux bouleversements du monde du travail, à l’intelligence artificielle, au changement climatique, à l’exode et aux défis démocratiques, les jeunes sont appelés à prendre position et à s’engager. Le message lancé lors de cette rencontre est donc sans ambiguïté : la relève doit se mobiliser. «Bizin bouze», plutôt que de rester «figer derrière son portable».

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