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Nuit de folie à Lisbonne
Portugal-Angleterre aura sans doute été le match le plus palpitant du Championnat d?Europe des Nations 2004. Avec les toutes dernières minutes de la rencontre France-Angleterre, ce quart de finale entre les organisateurs de la compétition et les redoutables coéquipiers de David Beckham aura fait vibrer l?Europe du football. Terrible coïncidence pour les Britanniques, les deux fois, les champions du monde 1966 ont vu leurs espoirs réduits à néant.
<B>Owen lance l?Angleterre</B>
Et pourtant, les choses étaient bien parties en ce jeudi 24 juin. Dans un stade de la Luz pris d?assaut par la colonie anglaise, les hommes de Sven Goran Eriksson avaient ouvert le score par Michael Owen (3e). L?équipe de Sa Très Gracieuse Majesté s?envolait vers la demi-finale avant que Helder Postiga ne vienne réveiller tout un stade à sept petites minutes de la fin du temps réglementaire (83e). Les vingt-deux acteurs présents sur la pelouse en reprenaient pour une demi-heure supplémentaire. Celle-ci allait être épique.
Après avoir frôlé l?élimination, le Portugal de Luis Felipe Scolari prenait les devants grâce à un maître-tir de Rui Costa. David James ne pouvait rien faire face au coup de canon expédié par le Milanais (110e). Le Portugal filait vers la qualification. Mais une soirée forte en émotions comme celle-là ne pouvait pas se terminer de cette manière. Et comme dans les meilleurs scénarii hitchcockiens, Frank Lampard venait égaliser à cinq minutes de la séance des tirs au but. 2-2 : Portugais et Anglais se donnaient rendez-vous aux abords de la surface de réparation pour participer à une séance toujours cruelle.
<B>Ricardo enlève ses gants et qualifie le Portugal </B>
David Beckham s?élançait le premier et manquait complètement sa frappe. Bottant la motte de terre placée à côté du ballon avec son pied d?appui, le capitaine anglais voyait le ballon mourir dans les tribunes. Comme face aux Bleus, le Spice Boy avait failli. Heureusement pour l?Angleterre, Rui Costa l?imitait et les deux équipes étaient de nouveau à égalité. Finalement, la décision allait être faite lors du « 7e tour », Darius Vassell voyait sa tentative repoussée par Ricardo. Le portier prenait le temps de retirer ses gants puis venait défier son homologue David James. Aucune pitié, Ricardo envoyait le Portugal en demi-finales.
Tout un pays pouvait rêver au titre tandis qu?une autre nation pleurait ses héros, tombés au champ d?honneur, et en voulait à l?arbitre de la rencontre, Urs Meier, coupable à leurs yeux d?avoir refusé un but de Sol Campbell pour une faute de Terry sur le portier lusitanien dans les arrêts de jeu de la rencontre. L?homme en noir a été violemment brocardé par la presse anglaise, traité « d?arbitre sans cervelle » par le Sun et menacé de mort par quelques fanatiques britanniques qui avaient mieux avalé leurs pintes de bière que la défaite. Six mois après, tout s?est aplani. Et ne gardons que le souvenir de cette superbe rencontre. Seulement ça.
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