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NPC : les syndicats inflexibles sur le critère d?inflation

11 avril 2008, 00:00

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Utiliser le taux d?inflation comme seul critère pour déterminer le quantum de la compensation salariale? Cet argument a été , hier, le principal obstacle dans les négociations entre le ministre du Travail et des relations industrielles, Vasant Bunwaree et les dirigeants syndicaux. Ces derniers se sont montrés intransigeants sur la question lors de la réunion d?une durée de deux heures au siège du ministère du Travail à la Victoria House.

Devant cette prise de position énergique, le ministre du Travail et des relations industrielles a pris le parti de rechercher l?avis du Conseil des ministres. Il profitera de l?occasion pour faire état d?autres propositions faites par les syndicalistes, notamment la nomination du président du National Pay Council (NPC) en consultation avec les syndicats, le droit de déclencher une grève s?il n?y a pas de consensus au NPC, l?obligation pour le gouvernement d?accepter les recommandations s?il y a consensus, etc...

Dans le but de tenter de convaincre les syndicalistes que le taux d?inflation ne peut être utilisé comme seul critère, Vasant Bunwaree a déclaré qu?en rédigeant le cahier de charges du NPC, il n?a fait qu?appliquer la recommandation 135 de la Convention du Bureau international du travail (BIT). Celle-ci stipule qu?un ajustement salarial doit prendre en «considération de temps à autre des changements dans le coût de la vie et d?autres facteurs économiques». L?article (13) (1) précise que pour appliquer cela, il faudra tenir compte de la productivité nationale, du taux d?emploi et de chômage.

C?est là un point de vue que les syndicalistes ne partagent pas. Ils affirment que la compensation salariale n?est pas une augmentation de salaires mais sert à compenser la perte du pouvoir d?achat.

<B>Dix contre cinq</B>

Hier, le ministre a aussi expliqué pourquoi il avait décidé de choisir lui-même cinq représentants des syndicats. Il a précisé que c?est parce que les dirigeants des fédérations syndicales ont refusé de participer aux travaux qu?il a décidé de trancher. Il dit s?être basé sur une recommandation du BIT de 1992 qui précise qu?une autorité peut nommer ses représentants là où les parties concernées n?ont pas désigné les leurs.

Sur la question de représentativité, les dirigeants syndicaux ont profité de la réunion pour réclamer que le nombre de membres qui siègent au NPC passe de cinq à dix. Leur argument : le gouvernement et la Mauritius Employers Federation sont des employeurs et leurs forces combinées sont de dix contre cinq. Le ministre du Travail y a prêté une oreille attentive et a déclaré aux syndicalistes qu?il n?a pas une position tranchée sur la question et que leur argument est valable.

S?ils ne contestent pas la compétence de Krish Ponnusamy à la présidence du NPC, les syndicats souhaitent qu?à l?avenir la nomination du président du NPC se fasse en consultation avec les syndicats. Le syndicaliste Ashok Subron, a du reste insisté sur le fait qu?il n?y a jamais eu de négociations entre le ministère du Travail à propos de la mise sur pied du NPC. Or le ministre Bunwaree maintient qu?il y en a eu, mais pas forcément au nom du NPC. Il a fait état d?une série de procès-verbaux liés au National Wages Council.

A la fin de cette rencontre, les deux parties sont tombées d?accord pour retourner à la table des négociations.

Interrogé à l?issue de cette réunion, Rashid Imrith a insisté sur la nécessité de mettre sur pied un comité indépendant pour évaluer la perte de pouvoir d?achat. Il souhaite que le Conseil des ministres accède à cette requête.

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