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Nouvelle vocation pour le ?Water Lily?
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Nouvelle vocation pour le ?Water Lily?
Les moins jeunes d?entre nous se souviennent peut-être du Water Lily, ce bateau-citerne, amarré au Chien-de-Plomb et portant de l?eau potable aux navires en rade, alors sagement alignés sur deux rangées, au milieu du chenal, faute de nouveaux quais en eau profonde pour les accueillir le long de l?ancienne chaussée Tromelin, menant au Fort George. Il y a 25 ans, les jours du Water Lily sont comptés. On destine cependant ce bateau-citerne, comptant tant de décennies de bons et loyaux services, à une nouvelle vocation, à savoir devenir un abri sous-marin pour alevins et petits poissons et servir de point d?ancrage à un nouveau bloc de corail.
Le Water-Lily appartient à Port Louis Water Supply Co. Ltd, une filiale de Taylor Smith. Celle-ci accepte qu?on la saborde au large de Trou-aux-Biches, par 20 mètres de fond, non loin de la barrière corallienne existante. L?opération est menée par la Mauritius Marine Conservation Society. Le Sphyna et l?Anapuma ont l?honneur de remorquer le bateau-citerne jusqu?au lieu du sabordage. Les artificiers de la Special Mobile Force ont mission de placer 25 kg d?explosifs dans les parties les plus vulnérables de la coque de la vieille barge. Le but recherché est d?ouvrir des brèches en plusieurs endroits afin que le bateau coule en ligne droit jusqu?au fond de l?eau et occupe le site convenant le mieux au futur bloc corallien. L?explosion est telle que les témoins du sabordage ont à peine le temps de voir le Water-Lily s?enfoncer dans l?eau.
Le Dalbair a moins de chance que le Water Lily et une fin plus mouvementée. Paul V. Descroizilles raconte son naufrage dans l?express. Ce navire est, au début du XXe siècle, un fier trois-mâts. Son capitaine, A. Mentys, manque de vigilance, en ce début de février 1902 alors que son navire passe au large de la Pointe d?Esny. Quand il donne l?ordre de virer de bord, c?est trop tard, les récifs ont déjà éventré l?embarcation. Le navire s?échoue sur les récifs de la Pointe d?Esny et reste à la merci des houles de plus en plus grosses.
Quand les éléments se calment, des habitants de la région viennent récupérer ce qui peut l?être des flancs du navire naufragé. Les premiers arrivés s?approprient les meubles luxueux de la salle à manger et du salon. Plusieurs pirogues, lourdement chargées de meubles de toutes sortes, chavirent dans ce va-et-vient entre le site du naufrage et la côte. Plusieurs piroguiers trouvent alors la mort alors que le naufrage du Dalbair n?a pas causé de mort d?homme.
Plusieurs années après le naufrage, la coque du navire s?enfonce dans l?eau. Seule la proue du Dalbair demeure accrochée au récif. Pas assez solidement, paraît-il, car, en 1968, des lames de fond modifient la position de ce qu?il reste de la proue du navire. Au lieu de regarder le phare de l?île aux Fouquets, voila qu?elle fixe désormais l?île aux Deux Cocos, aussi connue comme l?îlot Darné.
Un autre mauvais souvenir du Dalbair : pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-45) les artilleurs de la Territoriale, postés à l?île aux Aigrettes, braquent projecteurs et canons en direction de ce qu?il reste de la proue de ce navire. Les habitants des lieux, plus respectueux du patrimoine historique et naval, protestent auprès de qui de droit et obtiennent gain de cause. Ils ont plus de chance que ceux qui s?efforcent contre vents et marées de défendre la forêt indigène de Ferney.
En ce début de septembre 1980, il est beaucoup question de l?aquarium qu?Arnold Bouquet veut aménager à Trou-aux-Biches. Régis Fanchette alors directeur du Bureau du Tourisme est favorable à l?idée. Il estime que l?aquarium sera aux poissons ce que Casela est aux oiseaux. Arnold Bouquet exploite non loin de là un établissement hôtelier nommé L?Etoile de Mer. Son aquarium aura une capacité de 250 000 litres d?eau à pomper de la mer, bien sûr. Il aura un bassin de 15 mètres de long pour les plus gros poissons et reptiles (requins, barracudas, tortues).
Terminons par une note humoristique et ecclésiastique. Jean Claude Alleaume, alors chroniqueur attitré de La Vie Catholique met en garde contre certaines incongruités de la graphie créole, alors en pleine anarchie. Il cite plusieurs textes de docteurs ès-créole dans lesquels la lettre ?n? est parfois prononcée et d?autres fois non. Il cite l?exemple suivant : ?ena ban l?écol fine crazé? qui peut se lire aussi bien ?éna banc l?école fine crazé? mais encore ?ena banne l?écoles fine crazé? mais ne voulant pas exprimer la même réalité. Plus grave encore : ?Seignère content nu?. Cette phrase peut faire du sujet de la phrase un Dieu miséricordieux et plein de bonté pour ses créatures mais aussi un voyeur obsédé par des images licencieuses.
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