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?Nous agissons, les autres parlent?
● La campagne électorale s?achève sur fond de tensions et sur une certaine montée du communalisme. Quelle est votre lecture de la situation ?
La campagne s?est assez bien déroulée. Un certain respect de l?adversaire a quand même été observé de part et d?autre. Mais la mort de l?un de nos partisans à Midlands est inacceptable. D?autres incidents sont également déplorables. Dans ma circonscription, les accrochages ont heureusement été sans gravité. Ces incidents de fin de campagne sont des signes évidents de panique de l?adversaire.
Je dénonce également le langage communal de Navin Ramgoolam. C?est irresponsable de sa part de parler de ?faire couler le sang s?il le faut?. Nous avons vu à quoi ce genre de langage peut mener. Essayer de diviser le peuple mauricien à la veille des élections, alors qu?il devrait faire le contraire, est irresponsable. Toutes les communautés doivent travailler ensemble et non pas dans la division. C?est crucial pour affronter les défis qui nous attendent.
● L?Alliance sociale est certaine de votre défaite au n°11 et dit qu?en cas de victoire de votre camp, le pays se retrouvera avec Paul Bérenger à la tête du pays pour cinq ans...
(Rires). A Vieux-Grand-Port-Rose-Belle, je donnerai une leçon à Arvin Boolell. Je n?en doute pas. En colportant des insanités de ce genre, l?opposition démontre qu?elle est vraiment à court d?arguments.
● Admettons que cette éventualité se produise. Quelle est la stratégie dans ce cas ?
Cela ne se produira pas. Mon élection est un banker. Il n?y a pas à sortir de là.
● Un autre argument qu?utilise Navin Ramgoolam est votre prétendue faiblesse sur l?échiquier politique...
Pourquoi m?attaquer si tel est le cas ? Il sait très bien que le MSM est une véritable force électorale. Les résultats des élections me donneront raison.
● L?opposition vous qualifie d?allié docile de Paul Bérenger. Que répondez-vous à cela ?
Quand il n?y a rien à critiquer, il faut bien trouver quelque chose. Je suis un allié sincère avec mon partenaire. Je joue carte sur table avec lui. Toutes les discussions que j?ai avec lui restent entre nous et cela a très bien marché jusqu?ici. La stabilité politique est quelque chose de crucial pour l?avancement du pays. Nous avons été exemplaires à ce niveau-là. Regardez de l?autre côté. Comment pouvoir prétendre diriger un pays avec autant de capitaines sur un bateau ?
● C?est bien pour cela que vous avez fait de la stabilité politique pour un progrès économique un thème majeur de la campagne MSM-MMM...
Si, par malheur, les membres de l?Alliance sociale arrivaient au pouvoir, ils passeraient leur temps et leur énergie à raccommoder leurs divergences et le pays deviendrait secondaire. Quand on pense que pour préparer une liste de candidats, ils ont presque déclenché une guerre avant même les élections. Imaginez s?ils étaient au pouvoir. Maurice serait ingouvernable. Pour nous, c?est le pays qui est notre priorité. Le reste est secondaire.
● En cas de victoire, vous serez Premier ministre à partir de 2008. Quelles seront vos priorités ?
Continuer à bâtir une île Maurice moderne où l?unité nationale primera. Toutes les composantes de la nation mauricienne doivent être parties prenantes du développement. Cela passe par davantage de justice sociale et un partage plus équitable des richesses que nous produisons.
● C?est quoi la ?démocratisation de l?économie? proposée par votre alliance ?
Des mesures concrètes pour démocratiser l?économie ont déjà été prises et nous continuerons dans ce sens. Cela passe par la démocratisation d?autres secteurs dont l?éducation. L?objectif est de permettre la participation de tout le monde au développement économique. C?est d?ailleurs pour cela que les petites et moyennes entreprises tiennent une place de choix dans notre programme.
Un autre exemple est la mise sur pied de l?Employees Real Estate Investment Trust, dans lequel 340 000 personnes ont déjà reçu une action et participent à un grand projet immobilier.
● L?Alliance sociale entend également ?démocratiser? l?économie. Quelle différence entre vous et elle ?
Nous agissons et nous passons à l?action, tandis que Navin Ramgoolam parle. Qu?a-t-il fait pour démocratiser l?économie lorsqu?il était au pouvoir ? En quatre ans et demi, il n?a même pas eu le temps de faire circuler une ébauche de l?Equal Opportunities Act, pourtant promis. Malgré la complexité de la loi, nous avons présenté un projet et ce sera une des priorités de notre prochain mandat. Où est passée sa réforme de l?éducation pendant quatre ans et demi ? Zéro. Nous sommes fiers de donner un meilleur accès à l?éducation à tous nos enfants.
A l?époque déjà, il allait distribuer des terres à ceux qui n?en avaient pas. Encore une fois, des paroles sans conséquence. Les logements sociaux promis n?ont jamais vu le jour. Nous en avons construit 5 000. La libéralisation des ondes, c?est également une forme de démocratisation. Il l?avait promise et nous l?avons faite. Chez Navin Ramgoolam, koze fort, mais action zéro. Nous disons et passons à l?action.
● Où se situent les différences fondamentales entre votre alliance et celle de Navin Ramgoolam ?
Il y a un monde de différences. En 1995, le Parti travailliste avait hérité d?une économie performante. Navin Ramgoolam had a good time. Il a laissé une économie sur le récif avec plus de 45 000 chômeurs. Il a endetté le pays sans aucun développement. Je n?ai pas besoin de rappeler les émeutes de 1999, L?Amicale et l?escadron de la mort qui opérait en toute liberté, pour ne citer que ces exemples. Nous avons travaillé pour redresser la situation économique et le résultat est positif. Mais il y a encore du travail et des défis à relever. De nouveaux piliers sont créés. Le secteur informatique et la cybercité, décrits par Navin Ramgoolam comme un éléphant blanc, décollent. Lui n?a concrétisé aucun projet de ce type jusqu?ici et n?a aucune vision.
● Les projets de cybercité, de ?seafood hub? et d?île hors taxes sont-ils vraiment des réponses aux problèmes de Maurice ?
Bien sûr. Nous sommes condamnés à innover. Ce sont ces secteurs qui nous permettront d?avoir des revenus, qui attireront les étrangers et les feront dépenser chez nous. Aucun doute, ces activités amèneront un développement économique extraordinaire, où tout le monde sortira gagnant.
● Tout cela prendra du temps...
Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais nous commençons déjà à en récolter les premiers fruits. La cybertour a créé 2 000 emplois et les nouveaux hôtels ont permis à 5 000 personnes de trouver un travail. Mais si de tels projets avaient été initiés à l?époque travailliste, nous serions déjà bien plus loin. Ils ont préparé Maurice à quoi ? Rien. Même dans le sucre, ils n?ont rien fait. Ils avaient un rapport disant qu?une réforme était cruciale. Irresponsabilité. Manque de courage. A cause de leur inaction, le secteur allait tout droit à l?abattoir. Nous avons fait le nécessaire, tout comme pour le textile. Que Maurice allait devoir affronter des géants comme la Chine, avec la fin de l?accord multifibre, était prévu depuis longtemps. Mais là encore, son gouvernement a péché par son irresponsabilité.
L?opposition affirme que nous protégeons cinq familles. Nous avons de multiples exemples qui confirment le contraire. La fin du monopole de la bière Phoenix avec l?arrivée d?Universal Breweries, c?est nous.
● En politique, rien n?est impossible. Est-ce qu?on vous verra un jour sur la même plateforme que Navin Ramgoolam ?
Certainement pas ! Tout sépare le MSM du PTr. Il n?y a aucun point commun. Non seulement Navin Ramgoolam a été une catastrophe, mais il n?a pas su assumer ses responsabilités. Moi, mon objectif c?est de mener Maurice vers un deuxième miracle économique. Lui, en revanche, on ne connaît pas son objectif.
● L?éducation est au centre de votre stratégie. Quelles-en sont les prochaines étapes ?
Beaucoup a été fait et pas mal de choses restent encore à faire. Un autre plan est élaboré pour permettre à ceux qui n?ont pas les moyens nécessaires de continuer leurs études tertiaires. Le transport gratuit pour tous les étudiants bénéficiera à tout le monde. L?accès à la connaissance, à l?information, avec notamment les 25 heures d?Internet offertes à tous les étudiants, est un autre exemple. La création des polytechniques pour ceux qui veulent suivre une autre filière que le HSC sera également développée.
● L?Alliance sociale soutient que votre politique en matière d?emploi a été un échec, alors que vous dites qu?elle a été un succès. Qui croire ?
En 1995, Navin Ramgoolam hérite d?une économie où il y avait le plein emploi. En 2000, le pays comptait plus de 45 000 chômeurs. Non seulement nous avons hérité de cela, mais il nous a fallu caser 9 000 à 10 000 school leavers par an dans un contexte international difficile. Cinquante mille emplois ont vu le jour durant notre mandat et des milliers d?autres viendront avec les nouveaux secteurs.
● Ordre public. Deux alliances, deux lectures. L?une affirme que les choses ont empiré et l?autre soutient que tout va pour le mieux...
Il faut être injuste pour ne pas reconnaître qu?il y a eu une énorme amélioration. Tout n?est peut-être pas parfait, mais nous sommes très loin de la situation qui prévalait entre 1995 et 2000. Les Mauriciens ont vécu 40 émeutes à cette époque, l?escadron de la mort et ses braquages ou encore l?Amicale où des innocents ont perdu la vie. Nous avons vécu le Texas à Maurice. La situation était chaotique.
● Malgré l?élimination de la taxe douanière sur certains produits, le portefeuille du consommateur ne se porte pas mieux. Où se situe le problème ?
Généralement, il y a quand-même eu une diminution. Sur les quatre à cinq années à venir, les prix baisseront encore parce que nous allons continuer à éliminer des taxes douanières. Mais nous suivons les choses de près. Dans notre programme, nous disons que nous introduirons un système de ?maximum mark-up? qui obligera les commerçants à vendre certains articles en dessous d?un certain prix. Il n?est pas admissible que lorsque nous enlevons des taxes douanières, certains commerçants en profitent pour augmenter leurs marges de profit.
● L?Alliance sociale affirme que le MSM-MMM travaille pour une poignée de personnes. Que lui répondez-vous ?
L?opposition affirme que nous protégeons cinq familles. Nous avons de multiples exemples qui confirment le contraire. La fin du monopole de la bière Phoenix avec l?arrivée d?Universal Breweries, c?est nous. Avec Island Fertilizers, qui a des coopérateurs et des planteurs comme actionnaires, on a cassé le monopole de Mauritius Chemical and Fertilizer Industry. Indian Oil est un groupe indien. Voile d?Or, Taj Exotica, Ananda Resort sont autant d?exemples pour le secteur hôtelier. Aux Salines Koenig, un groupe chinois et deux compagnies indiennes construiront leurs hôtels. Navin Ramgoolam n?a, lui, rien fait. Au contraire, il a fait partir International Cement. C?est un hypocrite de premier degré. Ce qualificatif lui va bien.
● Etes-vous de ceux qui prévoient un résultat serré ?
Pas du tout. Les jeunes, les femmes, les personnes du troisième âge ainsi que le public en général ont, à travers nos rassemblements, montré que le progrès doit continuer. L?Alliance sociale n?a même pas pu organiser son rassemblement des jeunes. Ce sont des indications qui démontrent que nous allons vers une grande victoire. Notre avance s?accentue de jour en jour.
Propos recueillis par Patrick HILBERT
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