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Nos îles perdues

7 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

C?est dans la stratosphère du droit international que le nouveau leader de l?opposition est allé puiser son inspiration pour poser sa première PNQ. Loin des controverses qui agitent le microcosme politique, son interpellation était axée sur la souveraineté de Maurice sur des parties de son territoire occupées par des puissances étrangères. Du coup, la rentrée parlementaire était moins animée que prévu et les amateurs de duel oratoire laissés sur leur faim.

Il est facile de dresser un répertoire de sujets d?actualité qui auraient permis à Paul Bérenger d?embarrasser, sinon d?acculer, le gouvernement travailliste. Les étals de Quatre-Bornes, les manuels de David, les appartements de la NHDC, les hausses des prix et les pénuries, les licenciés de St.-Félix, la douleur des contribuables, etc. Mais il a choisi de s'élever au-dessus des querelles politiciennes pour aborder une question qui passionne moins l?opinion. Pour un homme qui possède un remarquable instinct politique, cette démarche surprend.

Par conséquent, le détachement apparent de Paul Bérenger a donné lieu à des spéculations quant à ses intentions politiques. S?est-il délibérément placé hors du champ de la controverse pour répondre à d?obscures considérations politiciennes ? Veut-il ménager Navin Ramgoolam en anticipant d?éventuels développements dans le jeu politique ? Ou a-t-il simplement décidé de placer sa passion pour les questions de souveraineté nationale avant les man?uvres politiciennes ?

L?intérêt du leader de l?opposition pour nos dépendances déborde désormais la question des Chagos et de Tromelin. Hier, il a évoqué le cas de deux îles moins connues et sur lesquelles Maurice peut légitimement revendiquer la souveraineté. Il s?agit de St.-Paul et d?Amsterdam, situées au Sud-Est de Maurice. Paul Bérenger, lui-même, a pris conscience du dossier assez récemment. Ce sont les recherches qu?il a faites dans le contexte de ses conférences sur l?histoire qui ont débouché sur la mise au jour de documents pouvant servir de fondements juridiques à la nouvelle revendication mauricienne.

St.-Paul et Amsterdam figurèrent parmi les dépendances de Maurice dans le ?Blue Book of Colonies? annuel et officiel de Maurice de 1859 à 1862, selon Paul Bérenger. La France avait renoncé, en 1844, à sa souveraineté sur St.-Paul et Amsterdam. Paris envoya alors une dépêche au gouverneur de Bourbon, l?amiral Bazoche, lui ordonnant de rappeler la petite garnison qui avait pris possession des deux îles l?année précédente.

Toutefois un décret du gouvernement français rattacha, en 1924, St.-Paul et Amsterdam à la province de Tamatave à Madagascar, alors colonie française. Puis, en 1955, ces deux îles ainsi que deux archipels étaient réunies au sein d?une entité française connue sous l?appellation ?Terres, Australes et Antarctiques Françaises?.

Maurice a des raisons de penser que ces actes violent le droit international. Paul Bérenger a remis au Premier ministre des documents permettant d?établir la justesse de nos revendications. Ce dernier a trouvé que ?it's interesting reading?. Sans plus.

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