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Nos cousins de Trinidad
Aucun pays au monde, sauf peut-être les îles Fidji, ne partage autant de points communs avec notre jeune République que Trinité et Tobago.
Sa population pour commencer. Plurielle et métissée, elle devrait rapidement atteindre la barre des 1.1 million d’habitants.
Comparé à Maurice, les rapports de force sont toutefois inversés. Si les catholiques, majoritaires à 55%, détiennent le pouvoir politique, ils doivent cependant cohabiter en bonne intelligence avec les hindous, qui représentent près de trois dixièmes de la population, mais aussi les musulmans, dont l’influence reste importante à plusieurs niveaux même s’ils ne dépassent pas les 10%. Les chinois et les blancs, majoritairement catholiques, sont très discrets au Sénat ou à la Chambre des députés, mais ils sont très présents dans le commerce.
Ancienne colonie de l’Angleterre, qui avait jadis pris le relais de l’Espagne, Trinité et Tobago a coupé le cordon avec Londres en 1962, six ans avant Maurice. La langue officielle reste l’anglais, mais on y parle aussi un semblant d’espagnol comme pour ne pas oublier l’héritage du passé. Port of Spain, la capitale, a d’ailleurs conservé des traces significatives du passage des Espagnols, comme Port-Louis n’a pas oublié la contribution de la France à l’avancement de l’île Maurice moderne.
L’industrie sucrière a, pendant bien des années, fait vivre de nombreuses familles à Trinité et Tobago, mais les tendances du marché et la féroce compétition de ses voisins des Caraïbes ont incité le pays à diversifier son économie bien avant nous. Trinité et Tobago a aujourd’hui choisi de miser massivement sur l’huile, le gaz et le pétrole, ce qui lui permet d’exporter 67 % de sa production vers les États-Unis.
Mais dans un pays béni par les dieux, bordé de plages et de cocotiers, le tourisme reste évidemment un secteur viable.
Si l’île Maurice a eu Stéphan Buckland, Trinité et Tobago a longtemps misé sur Ato Boldon pour se faire un nom sur l’échiquier sportif. Ancien spécialiste du 200 mètres, Boldon, comme Buckland, a toutefois été barré par les Américains dans sa quête du Graal. Même s’il a aujourd’hui rangé les pointes, il jouit d’une popularité exceptionnelle sur laquelle d’ailleurs s’appuient largement annonceurs et politiciens.
Maurice-Trinité et Tobago, même combat ? Pas tout à fait… Le football, vous l’aurez deviné, vient perturber la comparaison. La sélection mauricienne, contrairement à son homologue trinitéenne, n’aura, elle, jamais la possibilité de jouer en Coupe du monde. Et encore moins d’inquiéter les Anglais… Ainsi va la vie.
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