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Nos champions sportifs des valeurs sûres pour la pub

4 septembre 2004, 20:00

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A l?affût de la bonne idée, du bon concept, les agences de publicités locales se sont rapidement rendues compte de l?influence des athlètes sur la consommation.

Il y a quatre ans, pour les Jeux Olympiques de Sydney, Logos Publicité a été la première agence à mettre en avant un sportif. Il s?agissait d?Eric Milazar pour une campagne de UPS. Cette entreprise avait, à l?époque, sponsorisé les athlètes mauriciens. Cyril Palan, directeur de Logos Publicité, est catégorique. « On a de grands slogans pour promouvoir le mauricianisme. Mais les entreprises pourraient en faire davantage pour contribuer à cet élan patriotique actuel. Il faut aller plus loin pour encourager les athlètes à ne pas aller vivre sous d?autres cieux. Je trouve anormal que des sportifs de haut niveau soient toujours des maçons. Le secteur privé a un rôle important à jouer », explique-t-il.

« Le sportif ne doit pas devenir un produit »

Cyril Palan est particulièrement remonté contre ceux qui exploitent à leur insu le nom des athlètes. Selon lui, ce n?est pas correct, la veille des épreuves, de mettre des banderoles de soutien avec leurs logos dessus. Les athlètes ont aussi besoin d?avoir un retour sur l?investissement qui est leur nom. Dans d?autres pays, des athlètes comme David Beckham ont déposé leurs noms. Plus question d?être utilisé à tort et à travers. D?ailleurs, un vrai message de soutien ne doit-il pas uniquement concerner le sportif ?

Le directeur de Logos Publicité déclare qu?il faut exploiter l?image du sportif sans pour autant le faire à outrance. « Le sportif ne doit pas devenir un produit. Il faut savoir l?honorer et préserver ses valeurs», explique-t-il. François Lam, directeur artistique à Publico, partage le même avis sur l?image de Stéphan Buckland. Ce dernier a des valeurs et il est clair à ce sujet. « Aux Jeux, il a d?ailleurs dit que le sport redevenait propre. Il véhicule des valeurs positives. S?il était trop avant-gardiste ou qu?il avait une image trop négative, cela aurait été beaucoup plus difficile pour nous», explique François Lam.

Utiliser Buckland à bon escient

Publico est d?ailleurs l?agence qui fait les différentes campagnes de pub où figure Stéphan Buckland actuellement. François Lam explique aussi qu?en ayant Stéphane Buckland dans une publicité, il faut vraiment savoir l?utiliser à bon escient. Par exemple, une pub que le sportif a faite avant de connaître la sphère dans laquelle il évolue maintenant n?avait pas eu le succès escompté. De manière unanime, les deux directeurs sont d?avis que l?image de la star peut influencer les ventes. Cela même si le rôle de la publicité est de créer un lien entre le produit et le consommateur.

Judex Lefou, les valeurs d?un athlète aguerri

Il a fait vibrer Maurice en 1985 en remportant la première médaille d?or de notre histoire aux Jeux d?Afrique. Lui, c?est Judex Lefou, maintenant, directeur-adjoint du spa de l?hôtel The residence. Il explique que tout sportif doit être conscient de l?image qu?il véhicule : « J?avais fait une campagne de publicité pour une marque de lait. Un athlète représente la forme et la santé. Pour des équipements sportifs aussi, il n?y a pas de problèmes. Par contre, il y en a un si on voit l?image d?un sportif associé à de l?alcool par exemple .» Une image qu?il cultive sachant que les jeunes s?en inspirent. « Quand j?allais en boîte de nuit, je savais que je devais faire attention à ce que je faisais, car les gens notamment les jeunes regardent beaucoup ce que fait un athlète. Si celui-ci se met à boire de l?alcool, les jeunes peuvent se dire que si un athlète de haut niveau le fait, c?est qu?ils peuvent le faire aussi.» Il ajoute que dans toute publicité, l?athlète doit aussi sortir gagnant. Il critique ces entreprises qui associent, en opportunistes, leur logo à un sportif, sur une banderole. « Cela m?est déjà arrivé. Ce n?est pas bien. Ces entreprises se font de la publicité sans que le sportif lui-même ne gagne quoi que ce soit. Le soutien est bon pour le moral mais on ne peut pas utiliser l?athlète n?importe comment.» Faut-il profiter de ce moment de gloire pour monnayer au maximum son image ? Il réfléchit puis déclare que la gloire est éphémère et qu?il faut en profiter un maximum. L?athlète de haut niveau n?est pas bien rémunéré.

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