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Neutralité raciale

9 janvier 2008, 00:00

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Par Raj MEETARBHAN</B>

Rien n?est encore joué dans la course à la Maison-Blanche mais, déjà, aux Etats-Unis, l?on parle d?une nouvelle page dans l?histoire politique. En vérité, ce qui s?y passe déborde les frontières américaines. C?est un message d?espoir pour la planète tout entière. Un Noir, Barack Hussein Obama, peut aujourd?hui espérer devenir le président d?un pays dont la population est, en grande majorité, blanche.

Une victoire d?Obama serait le signe de l?avènement d?une Amérique post raciale. Même si sa quête du pouvoir devait finalement échouer, il aura néanmoins démontré que son pays a changé de comportement. La vague Obama qui déferle sur les Etats-Unis indique déjà que le clivage noir/blanc est moins présent dans les esprits et que la couleur de la peau n?est pas un argument politique valable dans nos sociétés modernes.

La communauté noire représente seulement 13 % de la population américaine. Mais Barack Obama a su rallier des soutiens de poids qui transcendent les frontières raciales. Il a séduit par sa sincérité et parce qu?il défend des causes justes. Il se bat pour les pauvres, les étudiants, l?environnement et, plus généralement, pour la justice sociale. Il s?oppose à l?ordre moral des conservateurs et est jugé comme le véritable candidat du changement. Une large frange de l?opinion américaine le juge sur la base de ses idées et de ses compétences, pas de son appartenance raciale. C?est ce que les analystes appellent la neutralité raciale de l?électeur.

Barack Obama est né à Hawaï d?un père noir originaire du Kenya et d?une mère blanche du Kansas. Il a passé quatre années de son enfance en Indonésie et est revenu ensuite à Hawaï. Il a fait des études de droit à l?université de Harvard et se dit inspiré par les luttes de mahatma Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela. Homme d?une grande ouverture, il a axé sa campagne sur des projets de changement bénéficiant à l?ensemble de la population de son pays. «Nous devons nous rassembler autour des intérêts et des inquiétudes communes en tant qu?Américains», a-t-il exhorté. Un grand nombre de ses concitoyens pensent comme lui que les questions raciales n?ont pas leur place dans une campagne.

Il y a quelque temps, le peuple indien donnait au monde une leçon de sagesse tout aussi exemplaire. C?était à l?occasion des dernières élections législatives dans ce pays. A l?issue du scrutin, cette nation à majorité hindoue avait à sa tête un président musulman, A.P.J. Abdul Kalam, un Premier ministre sikh, Manmohan Singh, et un leader catholique, Sonia Gandhi, née Antonia Maino. Cela n?a pas empêché ce peuple d?avancer ensemble sur la voie du progrès économique.

Le vent de changement qui souffle sur le monde pourrait porter Barack Hussein Obama à la Maison-Blanche. A moins que ses adversaires politiques ne misent sur l?émotion en invoquant l?argument que «pouvoir pe sappe dans ou la main».

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