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National Pension Fund : un portefeuille de Rs 50 milliards qui suscite des craintes?

29 octobre 2008, 01:00

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En ces temps de crise financière, les regards sont braqués sur les différents fonds, dont le National Pension Fund (NPF). Et dans la mesure où ce portefeuille, qui est actuellement de quelque Rs 50 milliards, assure la retraite des aînés, il s?entoure d?un symbolisme fort. Tant et si bien que ces jours-ci, les placements du NPF tant à Maurice qu?à l?étranger suscitent un très vif intérêt? surtout dans la classe politique.

Il y a de cela trois semaines, le leader de l?opposition, Paul Bérenger, affirmait que pour soutenir la Bourse, le NPF avait investi dans des actions de compagnies listées. Les autorités n?ont pas démenti. Mais Paul Bérenger est revenu à la charge, samedi, lors de sa rencontre avec la presse et a cherché à connaître les modalités de ces investissements. Interrogé, hier, il soutient rechercher d?autres informations pour consolider son dossier à la rentrée parlementaire.

Une source proche de l?Investment Committee au ministère des Finances, qui fait des recommandations sur l?orientation des stratégies d?investissement pour ce fonds, affirme d?emblée : «Sous tous les gouvernements, ce fonds de pension a diversifié ses avoirs. Ce n?est pas la première fois que nous intervenons en Bourse ou ailleurs. Il est clair que nous faisons preuve de prudence en misant sur des instruments à faible risque. Cette continuité des investissements du NPF est certes confronté à une nouvelle donne : le marché très volatile du moment. Ceux qui ont des dettes et des problèmes de liquidités doivent avoir des craintes. Pas le NPF.» A noter que l?Investment Commitee comprend des représentants du gouvernement, des syndicats et des employeurs et se rencontre chaque mois. De plus, un cabinet spécialisé en investissements est choisi pour aider le gouvernement dans ces choix.

<B>«Empêcher la chute de la Bourse»</B>

Ce même spécialiste estime que la conjoncture actuelle est propice aux investissements pour le NPF, mais tout en prenant des risques calculés : «Le NPF a des surplus et assez de liquidités à travers, entre autres, des dépôts dans des banques commerciales. Comme nous investissons généralement à long terme, c?est une bonne occasion. A moins de penser que la Bourse va éternellement aller mal et que cette situation va perdurer pour de très longues années !»

Ce sont là des arguments que le porte-parole économique du Mouvement militant mauricien (MMM), Vishnu Lutchmeenaraidoo, ne partage pas. «Nous avons dénoncé cette démarche du gouvernement qui consiste à empêcher la chute de la Bourse en demandant au NPF d?acheter des blue chips, (NdlR) : des actions des compagnies bien prisées en Bourse). Cette option occasionnera des pertes d?argent. Je note également, alors que tout le monde fuit les bourses, qu?Ali Mansoor, du comité d?investissement, a affirmé dans une de ses récentes déclarations qu?il faut encore investir l?argent du NPF.»

A Maurice, les placements du NPF se font à plusieurs niveaux. D?abord dans les bons du Trésor. «Actuellement, le fonds dépense moins dans les paiements de pension. Ce qui ne sera pas le cas dans les années à venir où la pression sur le fonds sera bien plus forte. Il n?y aura alors plus d?argent pour payer les retraites. D?où le fait qu?il soit impératif d?investir le surplus en ce moment», fait-on remarquer au sein de l?Investment Committee. Puis, il y a des investissements dans les blues chips en général notamment dans les secteurs bancaire et touristique, entre autres.

Outre les actions listées en bourse, ce portefeuille détient aussi des actions dans le Sugar Investment Trust (SIT). Sans compter ses dépôts à la Development Bank of Mauritius et ceux dans les banques commerciales. Toutefois, comme ce sont des placements à valeur sûre, le retour à l?investissement pour ce genre de participation est relativement faible.

De plus, la Mauritius Housing Corporation (MHC) et le Central Electricity Board ont déjà eu recours au NPF pour des prêts. Sauf qu?un changement de politique au niveau de l?Investment Commitee il y a quelque temps a mis fin aux prêts subventionnés à ces organismes gouvernementaux. Depuis, la demande pour les prêts a pris une courbe descendante. Jusqu?ici, les placements du NPF, sur le marché local, représentent quelque 10 % du portefeuille global, soit Rs 5 milliards. Mais il se pourrait que ce plafond de 10 % soit augmenté à l?avenir. Certains membres y sont très favorables.

<B>«Objet de controverse» </B>

En revanche, le pourcentage des placements à l?étranger se situe entre 10 % à 15 %, soit de Rs 7,5 milliards à travers la banque d?investissement américaine Morgan Stanley. Le NPF a une participation dans un des fonds de Morgan Stanley, qui, lui, investit à son tour dans plusieurs compagnies étrangères. Interrogé sur d?éventuelles pertes du NPF à travers ses investissements à l?étranger en ce moment, un des membres de l?Investment Committee répond : «Certes la valeur a certainement évolué vu les instabilités actuelles mais nous ne perdons pas réellement car nous n?avons rien vendu.»

Le fonds de pension a été l?objet d?une controverse en 2004. Les dépôts de la NPF à la Mauritius Commercial Bank avaient été détournés. Une somme de quelque Rs 632 millions avait fait l?objet de pratiques douteuses?.

Par ailleurs, le conseiller du ministre des Finances, Benu Servansingh, montré du doigt dans un récent article de presse, pour avoir pris l?initiative d?investir les actifs du NPF en Bourse, nie avoir été mêlé aux opérations d?investissement en Bourse. «Ce ne sont que des faussetés. Je ne suis nullement concerné par ce dossier. Je ne suis jamais intervenu», soutient-il.

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