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National Pay Council : premier round des négociations

10 mai 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La machinerie se met en mouvement. C?est ce matin au Vaghjee Hall à Port-Louis que débutent les négociations tripartites portant sur le paiement de la compensation salariale annuelle. Cette année, c?est le National Pay Council (NPC) qui a pour tâche de déterminer le quantum, et cela, au plus tard le 31 mai. Une fois la recommandation faite, elle sera examinée par le Conseil des ministres.

Rencontrant la presse, hier, le ministre du Travail et des relations industrielles, Vasant Bunwaree, a expliqué que le NPC a été institué dans le but de renforcer le concept du tripartisme. Grâce à la nouvelle formule, dit-il, le gouvernement ne sera plus considéré comme ?juge et partie?, dans la mesure où cet organisme est présidé par une personnalité indépendante, en l?occurrence Sen Ramsamy.

Vasant Bunwaree précise aussi que le NPC sera plus proche de la ?réalité économique et sociale?, car il suivra de près l?évolution de l?indice des prix à la consommation. Outre de déterminer le quantum de la compensation salariale, le comité rédigera chaque trimestre un rapport sur la situation économique du pays. Les membres n?auront ainsi plus à attendre un an pour discuter de ce qui s?est passé. Le NPC pourra aussi se réunir avant trois mois si le besoin se faire sentir.

La mise en place du NPC, note ainsi le ministre, s?inscrit dans le cadre de la politique du gouvernement de reformer l?économie au vu de la fin des préférences commerciales et de la baisse du prix du sucre sur le marché international. Or, pour attirer les investisseurs, il faut que la réforme s?adapte au nouveau modèle économique.

?Double langage?

Le ministre du Travail a ensuite expliqué comment il en est arrivé à choisir lui-même les syndicalistes qui siégeront au NPC. Il explique avoir animé, le 29 décembre 2006, une réunion avec les fédérations syndicales au cours de laquelle il avait fait part de son intention d?inclure le NPC dans la nouvelle version de l?Industrial Relations Act.

Les syndicalistes ayant objecté, il a, rappelle-t-il, décidé de mettre sur pied le NPC de ?façon administrative? comme c?est le cas pour le Pay Research Bureau. Il dit avoir consulté le Bureau international du travail avant d?aller de l?avant avec cette institution, citant, notamment l?article 13 de la convention du BIT, selon lequel il faut tenir compte de la productivité, des taux de chômage et de l?emploi dans le calcul d?une augmentation salariale juste et équitable.

Abordant le chapitre des syndicalistes, le ministre affirme que certains d?entre eux qu?il a rencontrés tiennent un double langage. ?C?est parce qu?ils ne sont pas d?accord entre eux-mêmes sur le nombre de leurs représentants qu?ils refusent de venir. C?est la raison pour laquelle j?ai dit qu?ils ont un agenda caché?, dit le ministre.

?Mo capav dir ena parmi bann ki pe criye, zot ti dakor pu vini. Me zot mank kuraz. Zot per ki zot kamarad pu pense lor zot?, avance Vasant Bunwaree, affirmant qu?à un certain moment, les représentants des confédérations syndicales voulaient être représentés chacun par deux de leurs membres.

Le ministre Bunwaree a aussi rejeté l?argument des syndicalistes selon lequel il aurait enfreint les conventions du BIT en nommant lui-même les représentants des travailleurs. Il a profité de son point de presse pour annoncer la mise en place d?un National Tripartite Forum qui sera présidé par un panel ministériel. Des syndicalistes ainsi que des représentants du patronat seront invités. Ce forum, qui tient sa première réunion le 17 mai à l?auditorium Octave Wiehé à Réduit, se donne pour objectif de faire état des grandes préoccupations des travailleurs du pays.

BOYCOTT NON-RESPECTÉ

Trois syndicalistes suspendus

■ Le couperet est tombé, hier. Le Mauritius Trade Union Congress (MTUC) a sanctionné trois des cinq syndicalistes qui ont choisi de siéger au NPC. Yusuf Sooklall, président de la Free Democratic Unions Federation, Ramesh Maudhoo, président de la Sugar Industry Workers Association et Dewan Quedou, président de la Wastewater Management Authority Employées Union ont été suspendus avec effet immédiat de l?exécutif du MTUC pour avoir fait fi du mot d?ordre de boycott lancé par la direction de cette fédération syndicale. Les trois syndicats concernés y sont affiliés. Yusuf Sooklall n?a pas souhaité commenter cette suspension. Il s?est contenté de préciser qu?il représentera les travailleurs au sein du NPC. Il a animé, hier, un point de presse avec Ramesh Maudhoo, Fritz Thomas, Radhakrishna Somanah et Dewan Quedou, qui siégeront avec lui au NPC : Ramesh Maudhoo déplore sa suspension, précisant qu?il aurait souhaité que le MTUC écoute ses arguments avant de le suspendre.

Interrogé hier, le secrétaire général de la MTUC, Radhakrishna Sadien affirme que les trois syndicalistes n?auront plus le droit d?utiliser le nom de cette fédération ?aussi longtemps qu?ils siégeront au sein du NPC?, dit-il, affirmant que le MTUC est une formation syndicale disciplinée : ?Elle n?est pas complaisante et elle ne mène pas non plus un rôle d?opposition systématique.?

De son côté Tulsiraj Benydin a réuni hier, l?exécutif de la National Trade Union Confédération (NTUC). Le syndicaliste souhaite que le gouvernement suspende les travaux du NPC. ?Ceux qui représentent les travailleurs n?ont pas de légitimité ?, dit-il.

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