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Nation ?zougader? : Rs 15 mds englouties annuellement dans les jeux

17 mai 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Rs 750 millions. C?est la somme que brassent mensuellement les maisons de jeux et casinos du pays, soit Rs 9 milliards par an. Chez les bookmakers du Champ-de-Mars, c?est Rs 90 millions de chiffre d?affaires en moyenne pour chaque journée de course; Rs 7 millions pour les paris par téléphone et environ Rs 30 millions pour le tote. Epoustouflants, ces chiffres liés au jeu à Maurice, des estimations du Gaming Board. Si une bonne partie des mises dans les casinos vient d?une clientèle touristique, il n?en demeure pas moins que le Mauricien est un ?zougader? invétéré.

Uniquement pour les courses, le Gaming Board a collecté Rs 321,3 millions l?année dernière pour les 30 journées. Cela comprend des frais pour la licence, des ?betting duties? et de ?betting taxes?. La ?betting tax? qui représente 8 % du chiffre d?affaires des bookmakers a rapporté environ Rs 185 millions pour la saison 2006.

?Les casinos ont rapporté Rs 50 millions en termes de taxes au gouvernement l?année dernière?

A cela, il faut ajouter la loterie verte, qui a un tirage mensuel, et à laquelle les Mauriciens consacrent Rs 30 millions en moyenne par mois(voir hors texte), mais aussi d?autres petites loteries et les ?pools?. Les loteries Poupard, Merven et Henry réalisent des chiffres d?affaires de Rs 4,7 millions. Et des chiffres d?affaires de Rs 1,5 million par semaine sont réalisés par les organisateurs des pools, toujours selon les estimations du Gaming Board.

Avec de telles sommes ? n?oublions pas les paris illégaux, notamment sur les matchs de football européens ? il est estimé que quelque Rs 15 milliards changent de mains chaque année dans le monde des jeux.

Les casinos ont ainsi rapporté Rs 50 millions en termes de taxes au gouvernement l?année dernière ? l?état contrôlant et percevant une taxe sur tous les jeux de hasard organisés à Maurice.

Il y actuellement six casinos dans le pays (du type casino de Curepipe ou du Caudan), 16 maisons de jeux détenant un permis A (à l?image de Ti Vegas à Quatre Bornes ou l?établissement de la Chaussée à Port-Louis, 16 autres maisons de jeux avec un permis B et dans lesquels on joue au ?Van Lak? et 18 maisons de jeux où l?on joue au ?Mah Jong ? et autres jeu de hasard du même genre. Au total, ce sont donc 1 500 machines à sous qui sont à la disposition des joueurs à travers le pays.

Il y a par ailleurs des ?Video Games Houses? qui accueillent une clientèle d?adolescents adeptes de jeux vidéos. Et ce qui inquiète le Gaming Board, outre la prolifération de ce type d?établissement, c?est le fait que certains gérants ont transformé certains des appareils pour permettre aux joueurs de parier sur l?issue d?une partie !

Aucune loi ne s?y opposant, le Gaming Board se retrouvait jusqu?à présent impuissant face à ce phénomène. C?est le projet de loi présenté mardi dernier au Parlement qui lui donnera les pouvoirs nécessaires pour mettre un frein à cette pratique somme toute dangereuse pour les mineurs.

Car à côté il n?y a que peu d?espoir de freiner l?ouverture des maisons de jeux à travers le pays, y compris dans les villages. Et ce, malgré les protestations des organisations socioculturelles (dont le Sanatan Dharma Temples Federation) contre cette prolifération considérée par certains comme ?malsaine?.

En effet, le 30 mai de l?année dernière, le ministre des Finances, Rama Sithanen, disait un non catégorique à la demande d?un député de la majorité pour la fermeture des maisons de jeux ou l?arrêt total de l?octroi de permis de d?opération à ce type d?établissement. Raison invoquée par le ministre : ?Empêcher les établissements de jeu d?opérer plongera le secteur dans l?illégalité.?

Il devait aussi souligner que selon les réglementations actuelles, un village de plus de 10 000 adultes peut abriter un maximum de deux maisons de jeux en plus d?un casino.

Raj JUGERNAUTH

Le MTC engrange Rs 144,7 m

Après les casinos, c?est dans les paris sur les courses hippiques que les Mauriciens dépensent le plus d?argent. Les plus grosses mises sont faites auprès des bookmakers au Champ-de-Mars. Viennent ensuite les mises auprès du Tote, et les mises par téléphone, le telebook? Outre les taxes et les différentes redevances payées au gouvernement et totalisant 321,3 millions l?année dernière, les organisateurs de paris ont aussi payé Rs 144,7 millions au Mauritius Turf Club (MTC), organisateur des courses de chevaux.

De ses recettes, le MTC a distribué plus de Rs 41 millions aux écuries, sous forme de prix, mais aussi de subsides. Le MTC tire aussi des revenus d?autres sources, dont Rs 20 millions pour la vente de billets d?entrée et de programmes. Après les dépenses, il s?est retrouvé l?année dernière avec des profits, après impôts, de Rs 6,3 millions.

Comme le MTC n?est pas une compagnie, mais une association, aucun dividende n?est payé aux membres. Les profits sont réinvestis dans le club.

Les Mauriciens, des experts en ?pools?

?Toutes proportions gardées, les Mauriciens sont considérés par les maisons de pools britanniques comme des experts en raison du fort pourcentage de gagnants par rapport aux participants?, nous confie Joëlle Merven responsable de la compagnie qui a la représentation exclusive des pools Zetters et Littlewoods. Sa compagnie a ainsi payé, lors des deux dernières semaines d?avril et de la première semaine de mai un total de plus de Rs 9,5 millions à divers gagnants mauriciens.

Pool Joseph Merven existe depuis 45 ans et a une clientèle traditionnelle composée d?une grosse majorité de vieux, comme pour la loterie verte. Mais contrairement à cette loterie, l?engouement pour les pools a connu une nette perte de vitesse, en raison de la forte appréciation de la livre sterling.

Toutefois, les organisateurs britanniques offrent une remise de 65 % aux Mauriciens et miser sur les pools organisées sur les matchs de football britanniques ne revient pas aussi cher que cela. Ainsi, jouer un ?any eight from ten? de Littlewoods coûte Rs 21 au lieu de Rs 46 et un ?any eight from eleven? de Zetters coûte moins de Rs 6.

Mais les Mauriciens adeptes des pools, communément appelés ?piker pool? ne se contentent pas de miser le minimum. Et quelle que soit la mise, les ?pools? rapportent souvent gros. Ainsi en avril dernier, le dernier gros gagnant individuel en date, un habitant de Palma, avait misé Rs 65 pour gagner Rs 3 milions.

Outre Zetters et Littlewoods, il existe à Maurice les pools Vernon; Top Pool et Peak Pool.

Ce dernier est un ?pool? local qui utilise les matchs de football britannique pour organiser les mises. Cette pratique est actuellement contestée devant la cour par un des détenteurs exclusifs de l?organisation des ?pools? à partir des matchs de football britannique.

Avec la fin de la saison fooballistique en Grande-Bretagne, c?est sur les matchs de football d?Australie que les ?pools? sont organisés.

Les organisateurs ont des dépôts et des collecteurs à travers l?île.

27 millionnaires par an grâce à la loterie verte

Depuis quelques années déjà, des Mauriciens achètent pour Rs 402,5 millions de loterie, dite loterie verte, par an. Cette loterie organisée par l?état ne connaît plus le phénomène de billets invendus. ?Nous imprimons et vendons à Rs 5 un total de 5,5 millions de billets de janvier à novembre. En décembre, nous imprimons et vendons 10 millions de billets à Rs 10. Nous avons rarement des invendus, car 70 % des billets sont réservés par des associations ou des particuliers?, explique Oopmanew Chumun, secrétaire de la Government Lotteries. Les 5,5 millions de billets à Rs 5 sur 11 mois et 10 millions de billets à Rs 10 pour le 12e mois donnent un total de Rs 402,5 millions que les Mauriciens placent dans la loterie verte par an.

Pour la loterie verte, la part du lion ne revient pas à l?organisateur. En effet, un peu plus de la moitié de la somme recueillie, soit Rs 237.1 millions, est distribuée aux gagnants des différents lots. Des Rs 402,5 millions, seulement Rs 195 millions sont allées l?année dernière dans les caisses du gouvernement après les paiements des lots et les divers frais - impressions de billets, commissions aux revendeurs et salaires du personnel de la Government Lotteries.

La loterie verte fait 27 multimillionnaires par an avec des sommes allant de Rs 2 millions à Rs 10 millions. Comme les autres jeux de hasard, la loterie verte a aussi ses accros. Ceux-là, au sein de ce qu?on appelle des ?associations?, ou alors individuellement, réservent et achètent chaque mois un certain nombre de billets, toujours les mêmes numéros. Ce nombre peut varier entre une centaine à quelques milliers de billets.

Ces accros sont connus du personnel de la Government Lotteries, car ceux qui achètent un grand nombre de billets se présentent plus d?une fois par an au bâtiment de la Mutual Aid, à côté de la gare Victoria pour toucher leurs gains.

Quoi qu?il en soit, ceux qui achètent la loterie verte présentent un profil particulier. ?Ce sont rarement des jeunes. La grosse majorité des acheteurs des billets verts sont des gens âgés qui achètent cette loterie par tradition. Les rares jeunes qui entrent dans ce cercle sont ceux qui suivent une tradition parentale. Mais je dois vous dire que parmi les acheteurs, il y a des Mauriciens de toutes les couches sociales, des très riches aux très pauvres, et de tous les groupes ethniques? nous confie Oopmanew Chumun. Ce secrétaire de la Government Lotteries dit avoir noté que neuf gagnants sur dix disent qu?ils utiliseront leurs gains pour les études de leurs enfants.

Les revendeurs confirment le profil des acheteurs. Ils connaissent aussi des joueurs compulsifs de la loterie verte. ?En décembre il y a des individus qui n?hésitent pas à acheter pour Rs 10 000 ou Rs 20 000 de billets.? Avec une mise de Rs 20 000, l?acheteur a 2 000 chances sur 10 millions de décrocher le gros lot de Rs 10 millions en décembre. De telles folies viennent confirmer ce que les psychologues et sociologues savent déjà sur les joueurs compulsifs.

Ces derniers pensent toujours qu?ils ont une stratégie infaillible pour maîtriser le hasard et gagner. Et cette croyance ne date pas d?hier. En fait, la loterie verte, avait été introduite en 1940 à 25 sous le billet pour lever des fonds afin de financer l?effort de guerre. Il n?y avait que cinq tirages par an et les gagnants obtenaient des sommes qui dépendaient de la quantité de billets vendus.

Après la guerre, les profits de cette loterie ont été ensuite utilisés pour payer une pension aux anciens combattants. Cette loterie a été organisée et distribuée de 1940 à 1993 par le Mauritius Turf Club. Elle est par la suite passée sous la responsabilité de la Government Lottery Committee.

La loterie verte fait partie du folklore du pays. Les Mauriciens ont une confiance absolue dans cette loterie dont le tirage se fait en public.

Les lots sont aujourd?hui garantis, quel que soit le nombre de billets vendus.

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