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Nation tamtam ?

9 mars 2008, 20:00

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Tout miser sur un concert d?une nuit. C?est un choix. Discutable. Mais comme c?est déjà fait, ne pleurons pas ce qui aurait pu avoir été?

Une nuit de tamtam donc. Regarder l?affiche, c?est se perdre dans une énumération. La scruter de plus près, c?est comprendre que les chancelleries ont « donné un coup de main ». Pour faire venir des artistes. L?ancienne puissance coloniale à travers son organe éducatif et culturel, le British Council, nous envoie Bobby Kray. Parfait inconnu. Que des sites internet décrit comme une «étoile montante du reggae dance hall». Ce genre, porté par Otentik Street Brothers (OSB) est certes très populaire. En créole, avec ses références, ses revendications. Sa créativité.

La France elle souffle sur nous un vent de nostalgie. Avec The After Beat, a Beatles tribute band. En clair, quatre garçons qui s?habillent comme les Beatles, se tiennent sur scène comme les Beatles. Reprennent les chansons des Beatles. Sauf qu?ils sont Français et qu?ils ont au moins trente ans de moins que le groupe original. Encore une fois, attendons voir.

Mais avant cela, impossible de taire plusieurs questions. Pourquoi ces alliés, ces pays amis sont-ils représentés de la sorte ? Presque d?une manière pâle.

D?abord, leur a-t-on demandé une participation à temps ? Leur a-t-on soumis des critères de choix ? Aux uns les «djeunz», aux autres les papi et mami.

En 40 ans d?histoire, est-ce qu?il n?y a que les concerts susceptibles d?intéresser tous les Mauriciens que nous sommes ? Que répondre par exemple à un visiteur, un touriste qui souhaiterait faire l?expérience du patriotisme à la mauricienne. Lui indiquer la date et l?heure du all nite concert. Et puis basta. Pour meubler les quelques jours avant le 12 mars, devinez ce qu?il y avait au programme du côté des municipalités. Et oui, en mille, comme en un mot : des concerts.

Nation tamtam. Peut-être. Allez assumons. Mais organisation visiblement en panne de réflexion. Pour que la fête soit belle, il ne suffit pas que tous les genres musicaux soient représentés. Et qu?on laisse sur le carreau toutes les autres formes de créativité.

Ekrivin kroiz lebra. On ne leur a rien demandé. On ne leur a pas demandé de nous donner à lire la poésie de quarante de vivre ensemble. Pint kroiz lebra. On ne leur a pas demandé de restituer l?impression colorée d?une nation. Qui transcende l?arc-en-ciel. Et révère le rouge-bleu-jaune-vert. Sportif kroiz lebra. Parce qu?il n?y a pas de compétition saine qui nous fédère, rien qui nous fasse retrouver une once du sentiment patriotique qui enflamma Maurice en 2003, pour les Jeux des Iles.

C?est bien là le problème. «On» n?a rien demandé. Et «eux» ne sont pas venus de l?avant non plus. Les raisons sont multiples. Connues. Autant qu?une litanie. Manque de moyen financier. Manque de soutien. Manque d?encadrement. Est-ce à dire que 40 ans plus tard nous sommes toujours au même point ? Manque d?initiatives. Créativité colonisée par l?institutionnel. Jusqu?à l?asphyxie. Abe get konser. Apre fini.

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