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Narrainen perd contre La Sentinelle
L?ancien secrétaire de la ville de Beau-Bassin-Rose-Hill, Soopramanien Armoogum Narrainen, a été débouté en Cour suprême. Il réclamait des dommages de Rs 5 millions conjointement à La Sentinelle Ltée, qui imprime l?express et l?express dimanche, et à Jean-Claude de l?Estrac, directeur général et rédacteur en chef.
Le plaignant s?était estimé diffamé par un article paru dans l?express dimanche du 18 juillet 1999 et dont les titres étaient les suivants: « Le Town Clerk de Beau-Bassin-Rose-Hill réintégré après cinq ans», « Le scandale Narrainen », « Affaire Classée ». Il mettait aussi en cause l?éditorial de Jean-Claude de l?Estrac dont le titre était « L?affront ».
L?article incriminé fait état des conclusions du rapport Basset et du Fact-Finding Committee concernant des allégations d?abus de pouvoir et de malversation de la part de l?ancien secrétaire. Les défendeurs soutiennent avoir publié les articles en toute bonne foi et dans l?intérêt du public. Ils plaident que ces articles constituent un « fair comment » soutenu par des faits contenus dans le rapport Basset.
Le juge Paul Lam Shang Leen considère que l?article en question reflète les faits présentés dans le rapport Basset. Il ajoute que le plaignant n?a pas attaqué les conclusions de ce rapport devant la Cour suprême. Les défendeurs, dit-il, ont simplement décrit aux lecteurs les actions du plaignant en tant que secrétaire de la ville, sans faire de commentaire. « There was not even any comment made but simply a journey down memory lane to recall all the events which led to the suspension of the plaintiff. »
Dans son éditorial, Jean-Claude de l?Estrac parle du résultat de l?élection partielle et du rapport de force entre les partis politiques. Analysant les témoignages au dossier, le juge conclut que tout membre du public lisant objectivement l?éditorial en question arrivera clairement à la conclusion que l?article était essentiellement une attaque contre la décision gouvernementale de réintégrer Soopramanien Armoogum Narrainen à son poste de secrétaire. C?était aussi, est-il dit dans le jugement, un appel pour une réaction musclée de la part des conseillers municipaux après celle, timide, du maire de la ville.
Le rapport Basset était du domaine public et a été déposé devant l?Assemblée nationale. La chronologie des faits menant à la suspension du secrétaire et rapportée par l?express dimanche a été reconnue exacte par le plaignant. Ainsi, les défendeurs n?ont pas publié de faits erronés. Le juge souligne que les défendeurs se sont basés sur les faits contenus dans le rapport.
Le juge concède que les défendeurs ont prouvé que ce qui a été publié concerne la réintégration du plaignant après une suspension qui avait suivi la publication du rapport Basset. Il n?y a eu aucune négligence de la part des défendeurs, explique le juge, parce qu?ils avaient réclamé des clarifications auprès du ministre des Administrations régionales d?alors et au président de la Local Governement Service Commission avant de publier les articles incriminés.
Ces officiels n?ont pas donné d?explication plausible, dit le juge. Au contraire, ils ont démontré que ni le ministre ni le président ne voulaient assumer la responsabilité de la réintégration du secrétaire de la ville. Le plaignant avait fait des remarques désobligeantes contre le commissaire Basset. Il a été poursuivi et a dû présenter des excuses à l?auteur du rapport. « It is not when the plaintiff had been reinstated in his post without any reason given that the blame laid at the door of the plaintiff in the Basset report, paid through public fund, overnight became untrue », conclut le juge. Les défendeurs étaient représentés par Mes Raymond d?Unienville et Mamade Moollan.
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