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Mélodie Abad,comédienne au grand c?ur

26 août 2006, 20:00

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Machupichu, c?est une troupe de quatre artistes ? un mime, un clown et deux comédiennes, réunis pour apporter un peu de bonheur dans la vie des enfants des treize SOS village de France. Ils ont monté ensemble le spectacle « Chut ! Libre ».

« C?est un spectacle riche, métissé, décalé, drôle, poétique. Surtout pas moraliste. Plus d?interrogations que des messages », décrit Mélodie Abad, l?une des deux comédiennes. Elle est à Maurice pour quelques semaines et en profite pour préparer les représentations de ce spectacle avant-gardiste prévues en novembre.

Qui se cache donc derrière cette belle brune au regard malicieux et par qui tout le projet de Machupichu a débuté ? Mélodie Abad est, avant tout, une artiste engagée, une femme de théâtre qui côtoie les planches depuis l?enfance. Née à Paris en 1979, elle se familiarise très tôt avec le monde théâtral. « Quand j?ai commencé, c?était avant tout pour apprendre à m?exprimer et également pour arriver à comprendre ce que je ressentais », explique-t-elle.

Ce que l?on retient d?elle, ce sont les trois piliers de sa vie. Le théâtre, bien sûr, puis les voyages et son dévouement aux enfants en difficulté. Ses incessants voyages l?ont profondément changée. Ses parents ont eux aussi contribué à forger cette artiste au grand c?ur.

Premier grand rôle au cinéma

Ces derniers sont amoureux des voyages. Et la famille de Mélodie va quitter la France pour la Thaïlande, alors qu?elle n?a que 10 ans. Ils y vivront pendant trois ans avant de revenir dans l?Hexagone. Mais ils ont envie d?autre chose. Ils font donc leurs bagages et mettent le cap sur Maurice. Elle a alors 16 ans et va y résider pendant deux ans. C?est au Bocage qu?elle obtiendra son baccalauréat, mais elle devra attendre huit mois avant le début de ses études supérieures en France. Ses parents décident, eux, de faire leur vie ici.

Toutefois, Mélodie ne restera pas sans rien faire pendant ces huit mois. Elle décide de se rendre en Afrique du Sud pour améliorer son anglais. En 1998, elle se rend à Cape Town et là, se retrouve au c?ur d?une véritable explosion de liberté. « C?était la fin de l?apartheid. Les gens laissaient exploser les frustrations qu?ils avaient enfouies. Tout était en excès. La drogue, le sexe. Le théâtre aussi a été influencé », raconte la jeune femme.

Au lieu de huit mois, ce sont trois ans et demi qu?elle passe en Afrique du Sud. Elle y suit des cours de théâtre à U City tout en faisant des petits boulots. Néanmoins, elle devra retourner en France. Malgré sa maîtrise de la langue anglaise, Mélodie avait toujours cet accent qui l?obligeait à travailler deux fois plus que les autres. « Et puis, à un moment donné il faut choisir d?où l?on vient », avoue-t-elle.

Son retour ne se fera pas sans heurts. « Après autant d?années d?absence et après avoir vécu dans des milieux si différents, ben t?es plus parisienne. » Même le théâtre devient difficile à exercer. « Le théâtre africain est un théâtre oral, gestuel, qui est complètement différent du théâtre français que je trouve vieux et assez figé », admet Mélodie.

Dans cet univers qu?elle ne reconnaît plus, la jeune comédienne se sent étrangère. Elle rencontre Ariane Moushkine du Théâtre du soleil avec qui elle suit un stage et pratique un théâtre politique et engagé. D?autres cours suivront, puis les castings. Mais elle déchante très vite, car la sélection pour jouer dans des pubs est rude. Les filles qui ont le look mannequin sont celles qui sont retenues en premier.

« Je ne me retrouvai plus. J?étais un peu paumée », avoue Mélodie. De plus, elle avait de plus en plus de mal à se faire à la ville lumière, car elle avait vu la pauvreté qu?il y avait en Thaïlande, en Afrique du Sud et à Maurice. Et aussi parce qu?elle avait fait l?expérience de formes de théâtre complètement différentes.

À la même époque, elle rencontre Hélène Liber, elle aussi comédienne, et qui a aussi une formation en danse indienne. Toutes deux partagent les mêmes rêves. Une autre rencontre changera sa vie. Celle de Jérôme Lecat, homme d?affaires rencontré dans un aéroport et avec qui elle partage ses craintes. Ce dernier connaît le directeur de SOS village et organise une rencontre entre lui et Mélodie. Le directeur proposera à la jeune comédienne de travailler avec et pour les enfants.

La suite se fait tout naturellement. Hélène Liber et elle se mettent à écrire le projet et très vite Manu, le clown, et Max, le mime, se joignent à elles. « Dans le théâtre, les relations se font très vite, c?est comme les histoires d?amour », confie Mélodie. Ils vont s?isoler dans une maison en Espagne pour ne pas être dérangés et le spectacle « Chut ! Libre » y naîtra. Ils mettent en place des ateliers de travail avec les enfants, jouent pour eux et organisent même des spectacles de rue. Ces quatre jeunes artistes rencontrent très vite un vif succès.

Mais tout ne s?arrête pas là pour Mélodie Abad. En septembre, elle jouera son premier grand rôle au cinéma dans un long métrage intitulé The Search for South-African Husband du Sud-Africain, Elan Gamacer. On n?a certainement pas fini d?entendre parler d?elle.

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