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Médias et politiques
<B>Sekar Naidu : ?Pas de totale indépendance?</B>
<B>Quelle est votre analyse du rapport entre les médias et la politique ?</B>
Sekar Naidu : En général, c?est un rapport qui dépend surtout du positionnement des actionnaires de l?organe de presse par rapport aux idées émises par des blocs politiques. S?il y a convergence des deux, il n?y a pas d?antagonisme. Mais, au cas contraire, il peut y avoir divergences de vue.
Nita Deerpalsing : J?ai toujours soutenu que les médias sont le relais de la société civile. Ils mettent en relation les politiciens et les citoyens. Les médias ont aussi un rôle de chien de garde, s?assurant que les politiciens apportent un plus à la société civile. Les médias veillent ainsi à ce que chacun remplisse son rôle et sa fonction.
<B> Comment interprétez-vous l?expression ?une certaine section de la presse? ?</B>
S.N. : Quand les politiques en parlent, c?est souvent par rapport aux titres qui n?épousent pas la même opinion qu?eux. Dans ces cas, c?est toujours cette expression ?une certaine section de la presse? qui revient. Moi, je lis les journaux, j?écoute les radios et ce que je peux dire c?est qu?il n?y a pas une totale indépendance des médias. Rationnellement, c?est impossible.
<B>N.D.</B> : Il est clair qu?il y a une certaine révolte à l?égard de certains articles de presse. Mais on ne peut pas généraliser. À mon niveau, je constate qu?il y a certains articles qui peuvent être partiaux. Quand les normes ne sont pas respectées, il est normal que les politiciens se sentent lésés. Personne n?est un ange dans ce pays et, à ce titre, les politiques aussi bien que la presse peuvent déraper.
<B> Quelle est, selon vous, la contribution des radios privées à la campagne ?</B>
<B>S.N.</B> : Définitivement, les radios privées ont été un outil supplémentaire pour permettre à l?électorat d?être à l?écoute des messages de leurs candidats et aux candidats d?atteindre leurs électorats. Un certain électorat, qui ne se déplace pas aux meetings et réunions, a ainsi pu se rendre compte des propositions des candidats. Ce sont les premières élections générales où les radios privées ont un rôle. On commence une nouvelle expérience et cela ne peut que s?améliorer. Dans l?ensemble, c?est très positif.
<B>N.D.</B> : Je suis très contente de leur contribution. Je constate qu?il y a davantage de débats et on peut entendre des candidats des deux camps débattre de certains sujets en étant assis à la même table, même si parfois on peut se demander si le modérateur agit sans parti pris. On voit aussi que la MBC est très loin de la BBC à la mauricienne qu?on nous avait promise. Sa couverture de l?actualité politique est infecte. J?aurais aussi souhaité voir le Premier ministre tendre la main au leader de l?opposition et l?inviter à un débat télévisé. Je suis sûre que ce dernier n?aurait pas refusé si les paramètres étaient bien définis. Mais l?initiative doit venir du Premier ministre car c?est lui qui a parlé du pays le mieux geré au monde. C?est à lui de donner l?exemple.
<B>Depuis que vous êtes en campagne, quelle est votre relation avec les médias ?</B>
<B>S.N.</B> : Au début, j?ai parlé à beaucoup de journalistes de la presse écrite et parlée. Mes relations avec eux restent très cordiales et j?espère que cela restera ainsi. Par contre, certains se sont trompés sur l?orthographe de mon nom. Je trouve qu?il est important de respecter l?orthographe des noms indépendamment du bord des candidats. Le seul véritable hic, c?est un article qui est paru dans un titre, que je ne nommerai pas, où on fait une analyse communale et castéiste de tous les candidats. Je condamne cela fortement. Je dénonce toute référence à la communauté, à l?ethnie, à la couleur de la peau des candidats. Quand on commence à en parler, cela me donne de la nausée. En même temps, j?apprécie la place qu?on accorde au débat d?idées entre candidats.
<B>N.D. </B>: Cela s?est très bien passé. J?ai participé à des débats très animés. Par exemple, avec Maya Hanoomanjee, où les auditeurs auraient pu avoir l?impression que nous nous étions disputées, on était au contraire très détendues. Il s?avère, en dehors de la discussion à un moment donné sur les ondes, qu?on s?est saluées avant et après l?émission. On s?est même souhaitées bonne chance à la fin.
<B> Des critiques ou des appréciations à l?égard des médias ?</B>
S.N. : Je sens qu?il y a une pseudo indépendance de la presse écrite durant cette campagne. Mon souhait, c?est que nos titres de presse, comme dans les grandes démocraties, peuvent jouir de la liberté de prendre position, voire de donner des consignes de vote. Ce serait plus sain et cela aiderait au respect de la démocratie. J?aurais aussi aimé que les médias donnent à voir l?autre image des politiques que celui des hommes sur les estrades. Moi, j?aimerais bien savoir quel est le goût musical de Paul Bérenger, par exemple, ou ce qu?un autre politique aime lire ou regarder à la télé. Aller à la rencontre de l?homme dans sa dimension plutôt privée donnerait à voir autre chose que le politique.
<B>N.D.</B> : En général, j?aime bien les face-à-face que vous organisez à l?express avec la formule qui consiste à proposer les mêmes questions et le même traitement aux nouveaux candidats. Mais je trouve regrettable qu?on mette tant d?accent sur les comptes rendus des meetings. Je suis un peu inquiète de la montée en force des arguments communaux dans la presse. Ce truc de ?Rawan?, par exemple, n?est qu?une image parmi d?autres que des politiques utilisent sur les estrades mais qui n?attaque en rien le tissu social. Il faut être responsable. Or, en donnant une telle dimension à cette affaire, c?est la presse qui accentue le phénomène au lieu de l?atténuer.
<B>Nita Deerpalsing : ?Un rôle de chien de garde?</B>
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