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Musharraf exclut de démissionner malgré la déroute électorale
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Musharraf exclut de démissionner malgré la déroute électorale
Malgré une défaite cuisante de son camp aux législatives de lundi 18 février, le président pakistanais, Pervez Musharraf, affirme qu?il compte rester au pouvoir, dans un entretien publié avant-hier soir dans l?édition en ligne du Wall Street Journal.
Interrogé par le journal au sujet d?une éventuelle démission, Musharraf répond : «Non, pas encore. Nous devons aller de l?avant de façon à apporter un gouvernement démocratique stable au Pakistan. J?aimerais travailler avec tout parti et toute coalition parce que c?est dans l?intérêt du Pakistan», dit-il.
Pervez Musharraf, qui a pris la tête du Pakistan en 1999 par un coup d?Etat, pourrait devoir remettre les clés du pouvoir à l?opposition, qui cherche à s?unir.
Les deux principaux mouvements d?opposition, celui de l?ancienne première ministre Benazir Bhutto, assassinée le 27 décembre 2007 dans un attentat-suicide, et celui de son rival des années 1990, Nawaz Sharif, sont arrivés largement en tête des élections, mais aucun des deux ne dispose, seul, d?une majorité pour gouverner.
Le Parti du peuple pakistanais (PPP), dirigé par le veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, a obtenu environ 33 % des sièges, contre 25 % pour le parti de Nawaz Sharif et 15 % seulement pour la Ligue pakistanaise musulmane de Pervez Musharraf.
«Le président n?a pas mandat pour partager le pouvoir avec le Premier ministre, explique Pervez Musharraf. Il y aurait conflit si le Premier ministre et le président voulaient se débarrasser l?un de l?autre. J?espère seulement que nous éviterons de tels conflits.»
Les négociations pour la formation d?un nouveau gouvernement ont commencé hier. «Nous devons viser des politiques de conciliations et des interactions harmonieuses au sein du gouvernement, entre les différents partis et entre le Premier ministre et le gouvernement», poursuit Musharraf. «Je vais ?uvrer en ce sens.»
Pour le chef de l?Etat, la défaite de son camp aux élections du 18 février est due à «un vote de sympathie [en faveur du PPP] dû à la mort de Benazir Bhutto».
Le président Musharraf n?exprime pas de regret. Il estime que les problèmes de sa présidence «ont commencé avec la crise judiciaire», qui s?est déclenchée lorsqu?il a suspendu, en mars 2007, le président de la Cour suprême, Iftikar Mohammed Chaudhry, pour «inconduite et abus d?autorité».
Cet épisode avait conduit à une grève générale de plusieurs jours lancée par les avocats. Son seul remords est cependant d?avoir «laissé les partis politiques s?impliquer dans le mouvement des avocats».
En ce qui concerne les difficultés économiques du pays, Pervez Musharraf les attribue à la flambée des prix du pétrole. Le président estime que le Pakistan «doit ajuster ses prix du fioul, mais c?est un sujet sensible, car il conduit à l?inflation d?autres produits».
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