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Muncicipales : la droite espère éviter le pire

15 mars 2008, 00:00

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La majorité espère limiter les dégâts face à une gauche conquérante au second tour des municipales, un scrutin troublé par la stratégie ambiguë du Mou-vement démocrate (MoDem) de François Bayrou, dont la crédibilité est en jeu à Pau.

Marseille, deuxième ville de France où le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin est confronté à un duel serré contre le socialiste Jean-Noël Guérini, sera demain l?épicentre d?un paysage électoral en recomposition après la progression notable de la gauche au premier tour des municipales et des cantonales.

Si Marseille venait à basculer, la droite, qui s?est efforcée de minimiser le revers du premier tour, serait ébranlée par une défaite potentiellement lourde de conséquences pour les aggiornamentos post-électoraux de l?exécutif et de l? Union pour un mouvement populaire (UMP), contraints de cohabiter avec une puissance territoriale rose.

<B>Rester maItresse du jeu</B>

Toulouse et Strasbourg sont également dans le viseur de la gauche, qui ne laisserait ainsi à la droite que deux des principales villes françaises : Bordeaux et Nice, où la majorité devrait rester maîtresse du jeu malgré des divisions.

Montauban, Narbonne, Cahors, Millau, Quimper, Vannes, Briançon, Roanne, Sens sont au nombre des villes menacées à droite. A contrario, Mont-de-Marsan, Agen ou Calais, administrées par la gauche, pourraient basculer.

Les deux camps comptent sur la mobilisation de l?électorat après une abstention de plus de 33 % au premier tour. Mais ils devront aussi composer avec la versatilité des électeurs du MoDem, qui avaient plébiscité François Bayrou à 18,5 % au premier tour de l?élection présidentielle de 2007.

Arbitre ambigu de ce premier test électoral pour Nicolas Sarkozy, alors qu?il n?a recueilli que 3,69 % des voix au niveau national, le MoDem a brouillé et compliqué l?entre-deux-tours en déployant une stratégie à géométrie variable : là une fusion avec l?UMP (Toulouse, Colombes), ici un accord avec le Parti socialiste (PS) à Marseille, Lille, Melun, Chartres et Poissy, jusqu?à une alliance avec le Parti communiste à Aubagne (Bouches-du-Rhône).

Crédité de 32,16 % au premier tour, François Bayrou affronte demain le maire sortant Yves Urieta (27,8 %), soutenu par l?UMP, et la socialiste Martine Lignières-Cassou (33,87 %).

L?ancien Premier ministre Alain Juppé, réélu dès le premier tour à Bordeaux après une campagne strictement locale affranchie de toute référence à l?UMP et au sarkozysme, a apporté son appui au président du MoDem. Des cadres UMP inquiets y voient la préfiguration d?une alliance tactique pour 2012. Le même Alain Juppé a reproché à Nicolas Sarkozy l?erreur d?avoir «politisé» le scrutin, «un mauvais mélange des genres», alors que la situation nationale n?était pas «porteuse».

La stratégie de l?exécutif face à un scrutin que la gauche ambitionne de transformer en vote sanction a, de fait, souffert des ratés. Après un débat confus au sein de la majorité sur la nécessaire politisation de l?enjeu, l?heure est désormais à la «relocalisation» des municipales dont Nicolas Sarkozy a paradoxalement assuré qu?il tirerait les leçons.

Pour François Fillon, qui ne masque plus des nuances d?interprétation avec le chef de l?Etat sur les enseignements de ces élections, la réponse au message des urnes est d?«accélérer» les réformes. Pour la majorité parlementaire, sous pression, un changement de méthode et de style serait opportun.

L?Elysée refuse d?évoquer un remaniement gouvernemental post-électoral mais n?exclut pas des «ajustements», un scénario que le Premier ministre, en première ligne dans la campagne des municipales, récuse.

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