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Mugabe aurait reconnu sa défaite
Le président zimbabwéen Robert Mugabe aurait admis devant ses proches et ses conseillers sa défaite à l?élection présidentielle, a rapporté le quotidien financier sud-africain Business Day dans son édition d?hier.
Ces élections étaient les plus importantes depuis l?indépendance du pays, en 1980, et Mugabe, qui briguait un sixième mandat, était confronté à une scission au sein de son parti, le Zimbabwe front patriotique (Zanu-PF).
Pour la première fois depuis 1980, la majorité au parlement a échappé à son parti. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d?opposition, affirme en outre que son candidat, Morgan Tsvangirai, l?a devancé au premier tour de l?élection présidentielle, qui avait lieu le même jour que les législatives.
D?après le Business Day, qui cite une source non identifiée, Mugabe aurait reconnu sa défaite en privé et n?aurait pas encore décidé de sa participation au second tour. «Mugabe l?aurait admis devant ses plus proches conseillers, les chefs de l?armée, de la police et du renseignement. Il a également dit à sa famille et à ses conseillers personnels qu?il avait perdu l?élection», écrivait hier le quotidien sud-africain.
Une lutte d?influence serait en cours dans son entourage entre les éléments les plus radicaux, qui souhaiteraient que Mugabe aille jusqu?au bout et livre duel à Tsvangirai au deuxième tour, et ceux, notamment parmi sa famille et ses conseillers personnels, qui l?appelleraient à renoncer.
Lutte d?influence</B>
Le président zimbabwéen est par ailleurs apparu hier en public, pour la première fois depuis les élections législatives et présidentielle de samedi dernier.
La télévision nationale ZTV a montré Mugabe rencontrant à la résidence présidentielle de Harare Ahmad Tejan Kabbah, ancien président de Sierra Leone et chef de la mission d?observation des élections de l?Union africaine.
Interrogé par ZTV sur sa rencontre avec Mugabe, Kabbah a répondu : «Il paraissait très détendu et il est d?avis que les problèmes du pays seront réglés à l?amiable».
Il a ajouté que Mugabe était très à l?aise face aux résultats des élections, marquées aux législatives par une victoire de l?opposition. «Ce qu?il m?a dit essentiellement, nous l?avions déjà à la radio et à la télévision», a-t-il ajouté.
Pendant ce temps, tout le pays attend toujours l?annonce des résultats officiels, pour ce qui est de la présidentielle. De nombreux observateurs redoutaient que les autorités ne tentent de gagner du temps pour truquer les élections en faveur de Robert Mugabe, 84 ans. Mais, selon des sources proches de la Commission électorale et de l?opposition, les deux camps ont entamé des pourparlers secrets pour permettre au président au pouvoir depuis 28 ans de quitter la scène dignement.
Selon un homme d?affaires proche de la Commission électorale, Robert Mugabe a en effet été informé que le pays pourrait se soulever s?il était déclaré
vainqueur, et qu?il pourrait être contraint à un deuxième tour, une perspective jugée trop humiliante pour le leader arrivé au pouvoir en 1980.
Mardi, Morgan Tsvangirai, 55 ans, a démenti l?existence d?éventuelles négociations avec le pouvoir, expliquant qu?il n?engagerait des pourparlers qu?après l?annonce officielle des résultats.
Alors que les Etats-Unis, l?Union européenne et les Nations unies ont appelé à la transparence et au respect du vote populaire, la tension continuait de monter dans l?attente des résultats.
L?archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, a ainsi affirmé redouter des violence. «Je crains énormément qu?il n?y ait des manifestations (...) étant donnée la brutalité avec laquelle les autorités ont réagi par le passé», a-t-il déclaré.
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