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MSM-MMM :La politique des petits pas
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MSM-MMM :La politique des petits pas
La situation se décante au niveau de l?opposition parlementaire. Les jalons sont posés pour une meilleure entente. Toutefois, le Mouvement socialiste militant (MSM) et le Mouvement militant mauricien (MMM) continuent à faire chambre à part sur le terrain en attendant qu?une nouvelle « Winning Formula » soit brandie par l?un ou l?autre leader.
Certains observateurs politiques pronostiquent néanmoins des « développements importants » dans les mois à venir. Alors que Paul Bérenger souhaite que l?opposition soit de nouveau réunie, Pravind Jugnauth affirme, lui, « prendre acte » des déclarations du leader du MMM avant de souligner « être conscient des réalités du pays ».
Depuis des mois, l?opposition parlementaire pêche par un manque évident de coordination. Ce qui assurait la mainmise du gouvernement sur l?Assemblée nationale. Conscients du handicap que leur causait cette guerre des partis, les leaders du MMM et du MSM avaient entamé un rapprochement timide, tout au moins dans l?hémicycle.
La ligne de communication désormais ouverte entre Paul Bérenger et Nando Bodha a fait ses preuves, notamment lors de la séance parlementaire, mardi dernier. En effet, c?est Nando Bodha, qui aurait pris l?initiative d?appeler Paul Bérenger et ce, quelques heures avant le début de la séance parlementaire, pour l?informer de la teneur de sa PNQ.
Cette démarche de Nando Bodha aurait permis de décanter la situation et de dégager la voie pour une concertation plus active au niveau de l?action parlementaire. Ce qui a permis à Paul Bérenger, au cours de la réunion de son groupe parlementaire, de discuter de la PNQ que le leader de l?opposition devait poser au Premier ministre.
Du côté du MMM, cette fois, l?on avait pris le soin d?informer Nando Bodha des amendements que le député Alan Ganoo allait présenter lors de la présentation du projet de loi sur l?Imprisonment for Civil Debt (Abolition) Bill. Un échange de bons procédés somme toute, qui a permis le dégel des relations entre les deux partis.
Toutefois, s?empresse de souligner un membre en vue du MSM, chacun garde son autonomie et sa marge de man?uvre. « Notre objectif commun, c?est d?acculer le gouvernement », fait ressortir cette même source.
<B>« Il en a fallu du courage pour briser la glace »
En effet, une nouvelle stratégie adoptée depuis peu par Nando Bodha, consiste à lancer les deux premières questions, laissant après les députés des deux groupes parlementaires intervenir. Cette tactique permettrait ainsi aux deux factions de l?opposition d?acculer le gouvernement.
Après la série d?interventions des parlementaires, Nando Bodha se réserve, par la suite, la dernière question avant la fin du temps alloué à la PNQ. Cette stratégie de mettre à contribution les députés des deux groupes parlementaires a, en effet, pris de court les membres du gouvernement. Ces derniers ne s?attendant pas à l?offensive et l?agressivité affichées par les membres de l?opposition.
Or, à l?arrivée des parlementaires, les antagonismes étaient visibles. « Il en a fallu du courage pour briser la glace », laisse entendre un député MSM. « Il y a des cicatrices qui ne se ferment pas facilement. »
Les relations entre certains députés du MMM et du MSM n?étaient visiblement pas au beau fixe.
Il n?est un secret pour personne au sein du MMM que le Whip du MSM, Show-kutally Soodhun, n?est pas dans les bonnes grâces de certains parlementaires mauves. Ses déclarations publiques à l?encontre de Paul Bérenger n?ont bien évidemment pas arrangé les choses. D?ailleurs, les parlementaires du MMM ne lui ont jamais soumis leurs questions parlementaires.
Pour pallier cette difficulté qualifiée de « conjoncturelle », le MMM aurait choisi un député qui a occupé d?importantes fonctions au sein de l?hémicycle, pour faire le lien avec les députés du MSM. Cette formule de « convenances » semble satisfaire le MMM dans l?immédiat en attendant que l?opposition se retrouve réunie à la faveur d?un accord politique tant souhaité par les deux factions.
<B>La leçon a été apprise</B>
Toutefois, c?est sur le terrain que la situation prend une autre tournure. Certains parlementaires du MMM notent qu?aucun de leurs collègues du MSM n?a soufflé un mot sur le succès de leur congrès à Rose-Hill. « Pas un parlementaire du MSM n?a eu un commentaire ou une appréciation sur notre congrès. On avait l?impression qu?ils étaient taken aback. J?ai l?impression qu?ils étaient un peu abasourdis par la qualité et l?affluence à notre congrès. Ils ont feint d?ignorer que nous avions notre congrès », déclare un apparatchik mauve.
Le terrain semble être fertile pour le MMM, surtout depuis le budget, déclare-t-on au sein du parti. « Nous ne cessons de nous consolider chaque jour. Notre hard core est toujours là. Il ne fait pas de doute que nous allons reprendre les rênes de ce pays et ce, assez vite », avance un dirigeant du parti.
Si ce dernier concède qu?il faudra envisager une alliance des partis de l?opposition pour faire face au gouvernement, il admet que ce ne sera pas dans les mêmes dispositions qu?en 2005. Il est entendu donc que c?est sur le terrain politique que vont se dessiner les contours de cette toute nouvelle alliance entre le MSM et le MMM. L?objectif est évident. Il faut se consolider, car tout se jouera en fonction du rapport de force sur le terrain.
Au sein du MMM, la leçon a été apprise. Il n?est pas question de nous avoir de nouveau, entend-on dans les milieux du parti. Alors que le MMM est conscient de sa force politique et estime avoir été sincère dans son projet d?alliance avec le MSM lors des élections de 2000 et 2005, c?est le MSM qui aurait tiré avantage de cette alliance. Bis repetita pour les élections municipales de septembre dernier où le MMM avait concédé le même nombre de tickets au MSM dans un souci d?équilibre. Mais c?est le MMM qui s?est retrouvé avec un leader de l?opposition éjecté par le MSM. Chez les Mauves, l?éviction de Paul Bérenger a laissé un goût amer au sein du parti.
Si dans les deux camps, on parle de « normalisation au sein des partis de l?opposition » et d?un nouveau climat au Parlement, les deux partis ont les yeux rivés sur les prochaines élections générales. Selon la direction du MMM, c?est le climat politique qui pousse les deux partis à s?entendre. « C?est à peu près le même scénario qu?en 2000. Après un sentiment de ras-le-bol, poussé par la rue, le MSM et le MMM se devaient de conclure une alliance électorale? »
La question fondamentale qui reste posée au MSM comme au MMM est, de toute évidence, le terme de leadership.
Si dans le cadre des élections générales de 2000 le problème de l?alternance ne s?est pas posé avec Anerood Jugnauth dans le fauteuil de Premier ministre alors que le leader du MMM attendait patiemment son tour, c?est après la défaite de 2005, que les menaces ont commencé à planer au sein de cette alliance. Aujourd?hui comme hier, c?est sur la question de leadership que cette alliance risque de buter.
Alors que dans tous les meetings, les dirigeants ne cessent de présenter Pravind Jugnauth comme le futur Premier ministre, au sein du MMM on trouve prématurée cette affirmation du camp MSM. Toute nouvelle alliance devrait prendre en compte l?éventualité d?inclure l?Union nationale (UN) d?Ashock Jugnauth. Ce sera, laisse-t-on entendre du côté du MSM, au MMM de prendre sous son aile l?UN en cas d?accord des partis d?opposition. Cette idée aura à être discutée dans les moindres détails, nous affirme-t-on dans les rangs du MMM.
<B>Condamnés à travailler ensemble</B>
Le poste de Premier ministre devrait revenir au MMM, qu?il soit Paul Bérenger ou quelqu?un d?autre ? cette question, seule la direction du MMM peut en décider en toute sérénité. Les déclarations des leaders du MSM à l?effet que la principale cause de la défaite serait la présentation de Paul Bérenger comme Premier ministre avait provoqué un froid et un climat de méfiance à l?égard du MSM.
Sur quelle base après la période de concertation et de dialogue enclenchés au Parlement, les deux formations peuvent arriver à un accord électoral ? La formule de deux ans et demi à chaque parti, semble faire son chemin. Entre-temps, la consolidation des relations passe par le Parlement en attendant la réunification tant souhaitée ces jours-ci par la base des deux partis. Nous sommes condamnés à travailler ensemble, que nous le voulions ou pas, lançait un parlementaire du MMM après la séance de mardi dernier.
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