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Mozambique cherche sucrier mauricien

3 juillet 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le sucre n?a peut-être pas la cote à Maurice ces jours-ci, mais tel n?est pas le cas en Afrique. Delta Corporation, conglomérat basé au Zimbabwe, cherche des partenaires pour construire et faire marcher une usine pouvant produire 100 000 tonnes de sucre au Mozambique.

L?idée de se lancer dans la production sucrière s?inscrit dans le droit fil de la stratégie d?intégration des multiples lignes d?activités de Delta Corporation. Cette entreprise a, entre autres, une des plus grosses unités de production de boissons gazeuses et de bières de l?Afrique subsaharienne. Elle représente notamment la marque Coca-Cola. Elle a également une forte présence dans le domaine de l?agro-industrie et la grande distribution.

L?île Maurice est déjà présente au Mozambique grâce à la Companhia da Sena, entreprise sucrière exploitée par un conglomérat dirigé par Fuel. L?expérience s?est avérée sucrée-salée, la commercialisation du sucre sur le marché local étant minée par le trafic transfrontalier de sucre, toléré selon toute apparence par les autorités mozambicaines.

« Le trafic transfrontalier est une réalité incontournable en Afrique. Il faut s?y faire. Le territoire est immense et les moyens de contrôle dérisoires. Le problème avec les entrepreneurs mauriciens c?est qu?ils ont trop longtemps évolué sur des marchés protégés », réagit Azad Dhomun.

Dhomun est un intime du paysage d?affaires africain. Spécialiste de la haute finance, il a passé les quinze dernières années à monter et à gérer des fonds de crédits et des banques à travers le continent. Il a notamment fait le montage financier pour la construction d?une raffinerie de pétrole au Soudan. Il a présidé à la mise sur pied de la Banque centrale de la Somalie et gérer des sociétés de crédit du type « Gramine », pour soutenir les fermiers et petits entrepreneurs africains.

Le dernier projet de Dhomun consiste à pénétrer le marché malgache. Il s?apprête à y lancer une banque commerciale. Ses partenaires sont : Sipromad (Madagascar), la Banque commerciale de développement et d?industrie (Rwan-da), le Sameer Group (Kenya) et des investisseurs privés anglais. Ils viennent avec leurs projets et des investisseurs potentiels déjà en main. Les domaines de prédilection sont le tourisme, la filature, la pêche et l?agriculture. La nouvelle banque malgache démarrera avec un capital de 5 millions de dollars US (Rs 165 millions).

Selon Dhomun, les perspectives d?affaires sont excellentes à Madagascar. Dhomun a été un des premiers à promouvoir un axe d?affaires Maurice-Madagascar-Mozambique. Il est con-vaincu qu?à bien des égards, la renaissance africaine est déjà en train de se réaliser. Pour lui, l?avenir de Maurice est en Afrique. « Seulement, il faut se montrer patient avec les Africains. »

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