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Mot d?ordre respecté

30 juillet 2007, 20:00

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<B>Par Raj MEETARBAN</B>

Le bruit de bottes a fortement résonné au conseil des districts de l?Est hier. Cela a brisé l?élan de contestation qui avait marqué sa dernière réunion. Cette fois, une majorité écrasante de conseillers s?est empressée de suivre la consigne donnée par les dirigeants du PTr. En l?espace de 30 minutes, tout était joué. Le président Bob Choolhun qui avait été élu au début du mois avec une avance considérable était subitement isolé. La motion de blâme déposée contre lui était approuvée par 28 voix contre huit.

Les conseillers ont voté avec la prudence qu?impose un vote à main levée. Lors de l?élection du 2 juillet, le conseil avait procédé par un vote à bulletin secret et avait choisi Bob Choolhun par 21 voix contre 14. C?est précisément dans le mode du scrutin que pourrait se trouver l?explication du spectaculaire revirement des conseillers. Ceux-ci n?osent pas contrarier le parti au pouvoir dès lors que le vote est transparent.

Sachant qu?ils sont surveillés, ils ont évité, hier, tout comportement susceptible d?irriter le pouvoir et d?occasionner des représailles. En revanche, ils avaient fait fi des intimidations quand ils avaient voté, en leur âme et conscience, à bulletin secret.

Pour le PTr, les choses rentrent dans l?ordre par les seules vertus d?un mode de scrutin qui oblige les conseillers à se découvrir. Le conseiller de Bon-Accueil, Tapeshwarsing Bissoondoyal, auquel Navin Ramgoolam avait donné sa bénédiction, peut enfin s?installer dans le fauteuil de président. L?honneur est sauf pour le leader du PTr. Il a maté des dissidents qui défiaient son autorité. Donc, il n?y a pas de brèche dans l?hégémonie qu?il exerce depuis ses triomphes successifs aux législatives, aux municipales et aux villageoises.

Sans doute est-ce également pour des raisons liées à l?orgueil que le parti au pouvoir a déployé autant de ressources, allant jusqu?à faire intervenir un Premier ministre suppléant, pour avoir la peau de Bob Choolhun. Le parti n?a pu accepter l?indiscipline de ce dernier qui s?est fait élire en dépit du choix contraire de Navin Ramgoolam. Même le fait que Bob Choolhun, membre du comité exécutif du PTr, est peu suspect d?anti-travaillisme n?a pas atténué le courroux du leader.

Ce qui choque dans le cas présent, c?est le nombre élevé de figures politiques qui se sont investies dans une campagne pour une élection régionale. On aurait pu penser que les dirigeants nationaux ne se seraient pas mêlés des administrations régionales, d?autant plus que la suprématie politique du PTr n?était nullement menacée. Mais le gouvernement a néanmoins cherché à peser sur le choix du président.

La stratégie travailliste pour déloger Bob Choolhun a marché. Mais il reste à savoir si cette victoire ne provoquera pas des turbulences qui dépasseront les frontières de l?Est.

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