Publicité

Budget 2026-2027

CARE Edge Ratings Africa : cap sur une croissance plus résiliente dans un contexte difficile

12 juin 2026, 16:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

CARE Edge Ratings Africa : cap sur une croissance plus résiliente dans un contexte difficile

«Le Budget FY27 [Fiscal Year] de Maurice est préparé dans un contexte international nettement plus difficile que celui anticipé en début d’année par le Fonds monétaire international (FMI)…», souligne CARE Edge Ratings Africa dans une récente publication.Selon le rapport, même si l’économie mauricienne a montré une certaine résilience, ses équilibres macroéconomiques se fragilisent progressivement. Plusieurs contraintes structurelles, notamment la pénurie de main-d’œuvre et le vieillissement de la population, pèsent sur les perspectives de croissance. L’activité économique s’est ralentie dans la plupart des secteurs en 2025, et cette tendance devrait se poursuivre cette année, dans un contexte toujours marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Cette évolution s’inscrit dans un ralentissement plus général de la croissance, qui s’explique par des dynamiques différentes selon les secteurs. La construction, après un rebond en 2024, a reculé en 2025 avec la fin de plusieurs grands projets publics, et cette tendance devrait se poursuivre cette année. Le tourisme ralentit également, en raison d’une demande internationale moins forte et d’un contexte global incertain. L’industrie manufacturière, elle, montre des signes de reprise après plusieurs années de stagnation.

À l’inverse, les technologies de l’information et de la communication (TIC) et les services financiers restent solides, avec une croissance proche de 5%, confirmant leur rôle de piliers de l’économie. L’agriculture reste quant à elle très variable, en raison des conditions climatiques et des contraintes structurelles persistantes. Dans l’ensemble, le rapport indique que l’économie évolue vers une croissance plus inégale, davantage portée par les services, avec une contribution plus faible de la construction et de l’immobilier.

Les tendances de l’investissement confirment aussi ce changement. Après une forte progression en 2023, la formation brute de capital fixe a ralenti en 2024, avec des performances contrastées selon les secteurs. En 2025, l’investissement s’est contracté, sous l’effet de la fin de grands projets publics et d’un climat des affaires moins favorable, notamment dans la construction, le transport, le tourisme et l’immobilier. Pour cette année, une légère stabilisation est attendue, mais la reprise reste limitée, freinée surtout par la faiblesse de la construction, des TIC et des services financiers.

Dans le même temps, les tensions au Moyen-Orient ont entraîné une hausse des coûts de l’énergie et du transport. Cela se répercute directement sur les importations, les entreprises et la balance commerciale, et rend l’économie plus vulnérable, selon le rapport. Les hausses des tarifs de l’énergie et des carburants sont jugées nécessaires pour refléter les coûts réels d’approvisionnement, mais elles pèsent aussi sur le coût de la vie et les entreprises.

Dans ce contexte, les priorités économiques évoluent vers un modèle de croissance plus résilient et plus productif. Cela passe par une réduction de la dépendance aux importations et une meilleure répartition des investissements, afin d’orienter davantage les ressources vers des secteurs stratégiques. L’industrie manufacturière, les énergies renouvelables et l’économie bleue sont considérées comme des secteurs clés pour renforcer la résilience économique. Les TIC et les services financiers restent aussi essentiels pour soutenir la croissance et diversifier l’économie, malgré certaines contraintes de compétences et de réglementation.

Selon CARE Edge Ratings Africa, la réussite du prochain Budget dépendra surtout de la mise en œuvre des réformes. Les actions prévues dans des secteurs comme l’agriculture, l’énergie, le numérique et la finance verte devront être appliquées efficacement, avec une meilleure coordination et un suivi plus strict. Dans un contexte budgétaire serré, la qualité de l’exécution sera déterminante pour maintenir la confiance des investisseurs, préserver l’emploi et accompagner une croissance durable.

Publicité