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Jakob Mollerup : «L’Ozempic est un traitement qui doit rester sous supervision médicale»
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Jakob Mollerup : «L’Ozempic est un traitement qui doit rester sous supervision médicale»
Jakob Mollerup, directeur général de Novo Nordisk Middle Africa.
Le laboratoire danois Novo Nordisk a obtenu l’autorisation de mise sur le marché local d’Ozempic, destiné au diabète de type 2, et prépare l’arrivée de Wegovy contre le surpoids et l’obésité. Dans un pays fortement touché par ces deux problèmes de santé, Jakob Mollerup, en visite à Maurice pour le lancement du médicament, en parle.
Pourquoi Novo Nordisk lance-t-il officiellement Ozempic à Maurice maintenant alors que le diabète est déjà un enjeu important dans le pays ?
Novo Nordisk est présent à Maurice depuis de nombreuses années, notamment à travers l’insuline, et nous avons déjà contribué à la prise en charge du diabète dans le pays. Ce qui est nouveau, c’est le lancement officiel d’Ozempic. Pour un tel médicament, il faut respecter plusieurs étapes. Il y a d’abord le processus réglementaire, puis la préparation du marché, et surtout la capacité de garantir un approvisionnement adéquat. La demande mondiale pour ce type de traitement a été très forte ces dernières années. Nous voulions donc le faire correctement. Nous avons déposé notre dossier auprès du ministère de la Santé en décembre dernier et obtenu l’autorisation de mise sur le marché en mai. C’est à partir de ce moment que nous avons pu en parler officiellement. Ce médicament est désormais disponible dans la plupart des pharmacies.
Maurice reste un petit marché. Quel intérêt représente-t-il pour Novo Nordisk ?
Nous ne jugeons pas un pays uniquement à la taille de sa population. Nous regardons aussi les besoins de santé. Le diabète et l’obésité sont des enjeux importants à Maurice. Votre pays mérite donc d’avoir accès aux innovations thérapeutiques, comme d’autres marchés de l’Afrique subsaharienne.
Ozempic sera-t-il disponible dans les hôpitaux publics ?
À ce stade, le lancement concerne le secteur privé, à travers les pharmacies et uniquement sur ordonnance. Certains de nos produits, notamment des insulines, sont déjà accessibles à travers le ministère de la Santé. Mais ce n’est pas à une entreprise privée de décider ce que le secteur public met à la disposition de ses patients. Nous sommes ouverts à une discussion avec le ministère de la Santé mais nous ne l’avons pas encore formellement sollicité pour Ozempic. Il fallait d’abord obtenir l’autorisation officielle. Quelques représentants du ministère ont toutefois été invités à notre lancement officiel de mercredi avec les professionnels de santé.
Pourquoi insistez-vous autant sur la prescription médicale ?
Parce qu’Ozempic et Wegovy sont des médicaments soumis à prescription partout dans le monde. Ozempic est approuvé pour le traitement du diabète de type 2. Wegovy, qui devrait arriver à Maurice plus tard en juillet, est approuvé pour la gestion chronique du poids chez les personnes souffrant d’obésité ou de surpoids avec certaines comorbidités, comme le diabète de type 2 ou l’hypertension. Ce ne sont pas des produits destinés à perdre quelques kilos pour des raisons esthétiques. Ce sont des médicaments qui nécessitent un suivi médical, une indication claire et une adaptation progressive des doses.
Quels sont résultats d’Ozempic dans le traitement du diabète ?
Les données cliniques montrent qu’Ozempic permet un très bon contrôle de la glycémie chez les personnes vivant avec un diabète de type 2. Dans les essais, près de huit patients sur dix ont atteint l’objectif d’une hémoglobine glyquée ou HbA1c inférieure à 7 %. C’est important, car beaucoup de patients sous traitement n’atteignent pas toujours ce niveau de contrôle. Ozempic peut aussi entraîner une perte de poids, même si ce n’est pas son indication principale. Les données approuvées montrent également des bénéfices cardiovasculaires et rénaux chez certains patients. Il faut cependant rester précis : nous ne communiquons que sur ce qui est approuvé dans l’indication officielle.
On parle aussi de bénéfices possibles sur le foie, les reins, le cœur, voire d’autres maladies. Que peut-on en dire aujourd’hui ?
Il faut distinguer ce qui est reconnu dans l’indication officielle et ce qui relève encore de la recherche. Les recherches continuent comme c’est normal après l’arrivée d’un médicament innovant. Certaines données peuvent, un jour, élargir l’indication officielle. Mais tant que ce n’est pas validé par les autorités, nous ne devons pas le promouvoir. Pour Ozempic, les bénéfices reconnus concernent notamment le contrôle glycémique, la réduction du risque cardiovasculaire et la protection rénale dans les indications approuvées. Pour Wegovy, il y a des données sur la perte de poids, la réduction du risque cardiovasculaire et, dans certains pays, des indications liées à la stéatohépatite métabolique avec fibrose ou fatty liver. Mais chaque pays a son propre cadre d’approbation.
Combien de personnes ont été concernées par les essais cliniques ?
Le programme clinique total a concerné plus de 19 000 participants. Les essais sont internationaux et incluent des populations diverses. Cela ne veut pas dire que tous les pays sont représentés, mais les données ne reposent pas sur une seule population. Chaque essai a ses propres critères, selon qu’il porte sur le diabète de type 2, l’obésité, le risque cardiovasculaire ou d’autres paramètres.
Avez-vous des projets d’essais cliniques à Maurice ?
À ce stade, nous n’avons pas de projet d’essai clinique à Maurice. Ce qu’il faut savoir, c’est que pour tous nos médicaments, nous avons un système de pharmacovigilance. Tout effet indésirable signalé par un professionnel de santé est pris au sérieux, analysé et fait l’objet d’un suivi.
Qu’est-ce qui vous rend confiant de la sécurité d’Ozempic ?
Aujourd’hui, Ozempic est utilisé par 28 millions de patients à travers le monde et Wegovy par 4,3 millions de patients. Ce qui permet de disposer d’une connaissance approfondie de son profil de sécurité. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas rester vigilant, bien au contraire. La sécurité du médicament continue d’être suivie en permanence grâce aux essais cliniques, aux données issues de son utilisation en conditions réelles et aux systèmes de pharmacovigilance, qui permettent de détecter et d’analyser tout effet indésirable signalé.
Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ?
Comme pour tout médicament, il existe des effets secondaires potentiels. Avec Ozempic, les effets les plus fréquemment observés sont généralement digestifs : nausées, constipation ou diarrhée, surtout au début du traitement. Ils sont le plus souvent légers et temporaires, le temps que l’organisme s’adapte. C’est justement pour cette raison que le traitement débute à une faible dose, par exemple 0,25 mg, avant d’être augmenté progressivement selon les recommandations du médecin.
Beaucoup de personnes sans obésité veulent utiliser ces produits pour perdre quelques kilos. Qu’en pensez-vous ?
Wegovy n’est pas destiné à un usage esthétique. Il est approuvé pour la gestion du poids chez les personnes souffrant d’obésité, avec un indice de masse corporelle supérieur à 30 ou de surpoids avec un indice supérieur à 27 lorsqu’il existe des comorbidités. L’obésité est une maladie chronique et récidivante. Elle ne se traite pas comme une question de quelques kilos à perdre avant un événement ou pour des raisons d’apparence. Notre recommandation est claire : il faut consulter un médecin, obtenir une prescription et être suivi. L’automédication, l’achat sur Internet ou les circuits non officiels posent des risques de sécurité, de qualité et de suivi.
Combien coûte l’Ozempic ?
Le prix actuel est de Rs 6 300 pour un stylo. Il faut préciser qu’un stylo contient quatre injections hebdomadaires, soit un mois de traitement. Le coût revient donc à Rs 1 575 par semaine. La boîte contient aussi les aiguilles nécessaires. Ozempic existe en trois dosages : 0,25 mg, 0,5 mg et 1 mg.
Un patient sous Ozempic peutil arrêter son traitement du diabète ?
Non, pas de sa propre initiative. Ozempic vient s’inscrire dans une stratégie de traitement. Le médecin regarde les paramètres du patient et décide, au cas par cas, s’il faut ajuster l’insuline ou d’autres médicaments. Dans certains cas, certains traitements peuvent être réduits ou retirés, mais cela doit toujours se faire sous supervision médicale.
Quel sera le prix pour Wegovy ?
Il sera disponible en cinq dosages : 0,25 mg, 0,5 mg, 1 mg, 1,7 mg et 2,4 mg. Les doses de départ devraient être au même prix qu’Ozempic. Pour les doses plus élevées, le prix sera confirmé lorsque le produit arrivera à Maurice.
Qu’ont démontré les essais cliniques sur Wegovy jusqu’ici ?
À la dose de 2,4 mg, les essais cliniques ont montré une perte de poids moyenne d’environ 15 %. Un dosage plus élevé, à 7,2 mg, récemment approuvé aux États-Unis sous le nom Wegovy HD, a montré une perte de poids moyenne de 20,7 %. Nous travaillons avec les autorités pour voir comment les évolutions d’indication peuvent aussi être prises en compte à Maurice.
Que représente Novo Nordisk aujourd’hui ?
Novo Nordisk est une entreprise mondiale de santé, fondée au Danemark en 1923. Notre histoire est très liée à l’insuline. Nous fournissons encore une part importante de l’insuline utilisée dans le monde, y compris à Maurice. Avec nos différents produits, nous accompagnons environ 45 millions de personnes vivant avec un diabète ou une obésité. Nous ne mettons pas seulement des médicaments sur le marché. Nous investissons aussi dans la formation médicale. À Maurice, nous avons une équipe locale, et nous organisons régulièrement des sessions avec les professionnels de santé.
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