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Trafic de «Zamal»
Jusqu’à quatre ans de prison requis contre des Mauriciens à La Réunion
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Trafic de «Zamal»
Jusqu’à quatre ans de prison requis contre des Mauriciens à La Réunion
Le hors-bord immatriculé à Maurice retrouvé échoué sur une plage de Sainte-Suzanne.
Les réquisitions du procureur de la République sont tombées dans l’affaire de trafic de zamal entre La Réunion et Maurice, impliquant 12 prévenus, dont plusieurs Mauriciens, et un ancien directeur de cabinet de la mairie de Sainte-Suzanne. Les prévenus sont jugés devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis.
Les peines les plus lourdes visent les têtes présumées du réseau. Laurent Mariaye encourt dix ans d’emprisonnement et 50 000 euros (environ Rs 2,5 millions) d’amende, en raison de son statut de récidiviste. Sept ans de prison et 30 000 euros (environ Rs 1,5 million) d’amende ont été requis contre Gaëtan Petitdemange, ainsi que Bertrand De Boisvilliers, ancien directeur de cabinet de la mairie de Sainte-Suzanne. Ce dernier est également visé par une interdiction d’exercer toute fonction publique, ainsi que par la confiscation du bateau ayant servi au trafic. La même peine a été requise contre Guito Louise.
Le parquet a également requis quatre ans d’emprisonnement contre Yann Hoarau et Sam How Sam Kow, ce dernier étant originaire de Maurice. Les Mauriciens Clency Marie, Isabelle Petit et Ronny Raphaël encourent, quant à eux, trois ans de prison, assortis, dans certains cas, d’amendes pouvant aller jusqu’à 20 000 euros (environ Rs 1 million), bien qu’ils ne soient pas présents sur l’île pour le procès. Tout dépendra de l’accord judiciaire entre Maurice et La Réunion.
Déclencheur de l’enquête
L’affaire trouve son origine dans un événement qui, à première vue, semblait anodin. Le 12 juillet 2023, un hors-bord immatriculé à Maurice est découvert échoué sur une plage de Sainte-Suzanne, à La Réunion. À proximité de l’embarcation abandonnée, les gendarmes mettent la main sur plusieurs bidons de carburant, des médicaments et une quantité de cannabis soigneusement conditionnée. Les premières constatations laissent rapidement penser à une opération de contrebande ayant mal tourné.
Au fil des investigations, les autorités réunionnaises découvrent une organisation structurée, composée de cultivateurs, de logisticiens, de transporteurs maritimes et d’intermédiaires chargés de la réception des cargaisons à Maurice.
Plus d’une demi-tonne de cannabis entre les deux îles
Les enquêteurs estiment qu’entre 2023 et 2025, plus d’une demi-tonne de cannabis aurait transité entre les deux îles. Les profits générés par ce trafic pourraient se chiffrer en plusieurs millions d’euros, compte tenu de l’écart considérable entre le prix du cannabis réunionnais et sa valeur de revente sur le marché mauricien. Au cœur du dossier se trouve Bertrand De Boisvilliers. Selon l’accusation, il aurait mis à contribution ses connaissances du milieu maritime ainsi que son bateau de pêche pour faciliter certaines opérations de transport. Les enquêteurs soutiennent que son embarcation aurait servi à récupérer ou à transférer des cargaisons de cannabis en haute mer.
Son arrestation intervient en avril 2025 après plusieurs mois de surveillance. Les gendarmes suivent alors de près les mouvements de son bateau et observent des allées et venues jugées suspectes dans le port de Sainte-Marie. Lors d’une intervention menée alors qu’une nouvelle expédition semblait imminente, ils découvrent plus de 147 kilos de cannabis à bord. Cette saisie constitue l’une des plus importantes réalisées dans le cadre de cette enquête.
Mais l’affaire ne se limite pas au territoire réunionnais. Très tôt, les autorités mauriciennes sont associées aux investigations. L’échouage du hors-bord en juillet 2023 déclenche en effet une série d’opérations à Maurice. Les enquêteurs de l’AntiDrug and Smuggling Unit remontent rapidement jusqu’au propriétaire officiel de l’embarcation. Kevin Louis, un habitant de Baie-du-Tombeau âgé de 35 ans, est interpellé dans le cadre d’une enquête financière liée à l’acquisition du bateau. Les policiers s’intéressent notamment aux fonds utilisés pour l’achat du hors-bord, dont la valeur est estimée à plusieurs centaines de milliers de roupies.
Face aux enquêteurs, Kevin Louis affirme pouvoir justifier l’origine de l’argent ayant servi à financer l’achat. Il explique également avoir signalé la disparition de l’embarcation après avoir appris, par voie de presse, qu’un bateau mauricien avait été retrouvé à La Réunion. Malgré ses explications, son arrestation marque le début du volet mauricien de l’enquête.
Les investigations conduisent également les policiers jusqu’à l’ancien propriétaire du bateau, Kreepanand Potiah, qui est à son tour arrêté. Les enquêteurs cherchent alors à déterminer si l’embarcation a été volontairement mise à disposition du réseau ou si elle a simplement servi d’instrument à une organisation criminelle plus vaste.
Au fil des échanges entre les autorités des deux pays, un tableau plus précis se dessine. Les enquêteurs découvrent que les traversées maritimes étaient soigneusement préparées. Les cargaisons étaient transportées à bord de petites embarcations rapides capables d’effectuer discrètement la traversée nocturne entre les deux îles. Une fois arrivées à destination, elles étaient récupérées par des relais chargés du stockage et de la distribution.
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