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Mort dans les flammes à un an et demi

1 octobre 2006, 00:00

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Des poutres calcinées, un amas de ferraille tordue, quelques vêtements et des ustensiles de cuisine fondus, c?est à peu près tout ce qui reste de la bicoque de Nadège Sandouce. Perchée sur une petite colline à Cité Vuillemin, Quartier- Militaire, la masure en bois et en tôle a été réduite en cendres à la suite d?un incendie qui s?est produit vendredi matin. Pris dans les flammes, Jean-Claude, le fils de Nadège, âgé d?un an et demi, a été gravement brûlé. Il n?a pas survécu à ses blessures.

Les cris et les pleurs de son petit garçon résonnent encore à ses oreilles. Nadège Sandouce a encore en mémoire le corps ravagé de son bébé sur le lit d?hôpital. Le malheureux a agonisé pendant deux heures. Puis Nadège n?a plus rien entendu, sauf les mots de réconfort de ses proches murmurés comme dans un brouillard. « Mo nepli kone ki pou fer, kot mo ete. La mizer ki finn pran mo zanfan. Li ti enn si bon baba? », confie-t-elle, au bord des larmes.

Ce matin-là, Nadège pensait bien faire en laissant la bougie allumée dans la cuisine avant d?aller s?échiner dans un champ de cannes, à Quartier-Militaire. Jean-Claude dort alors dans une des deux chambres. Lorsqu?il se réveille, Axelle, sa s?ur, le prend dans son lit qui se trouve dans la cuisine et le fait se rendormir jusqu?à ce qu?il soit l?heure d?aller acheter du pain. Pendant ce temps Marclen, l?aîné de la famille, va puiser l?eau à l?unique robinet qui dessert les sept familles. Aucun des deux ne s?inquiète de laisser le bébé sans surveillance.

C?est alors que le drame se produit. La maison devient subitement la proie des flammes. Alertés par les cris de Jean-Claude, Amanda, la voisine, accourt. Elle n?a pas le temps de réfléchir à sa propre sécurité et vole au secours de l?enfant. Mais il est trop tard. « So lekor ti brile net. Move dimal li ti pe gaigne », raconte-t-elle. Détail poignant, durant le trajet qui le mène à l?hôpital Victoria où il sera admis à la Burns Unit, le bébé ne cessera de réclamer sa mère.

Ce drame met en évidence la pauvreté dans laquelle vivent les habitants de Cité Vuillemin, là où pas une famille n?a échappé à la précarité. L?année dernière, l?express-dimanche soulignait l?enfer de la misère vécue au quotidien. La situation n?a guère évolué. Les habitants sont toujours aussi démunis et ils habitent dans des habitations délabrées, au beau milieu des ordures.

Du mal à joindre les deux bouts

N?était-ce la bonté de quelques particuliers et des ONG, ces personnes auraient bien du mal à joindre les deux bouts. Les hommes, quand ils ne désertent pas le toit familial, ne ramènent que rarement de quoi nourrir femme et enfants. Les mères, sans instruction, apportent, quant à elles, leur contribution au ménage en effectuant des petits travaux à droite et à gauche.

C?était le cas de Nadège Sandouce. La pension d?invalide qu?elle touche ne suffisait pas à élever seule trois enfants, son mari l?ayant abandonnée. Contre avis médical, la jeune femme s?était remise au travail et parvenait à récolter quelques roupies en travaillant dans un champ de cannes. Malgré les hauts et les bas, elle a toujours imaginé des jours meilleurs pour ses enfants. Mais son statut de squatter ne l?a pas menée bien loin.

« J?ai voulu nous sortir de cette situation. J?ai soumis une demande à la NHDC pour être relogée, je me suis rendue à deux reprises au CEB pour avoir l?électricité. Sans succès, puisque le terrain que j?occupe ne m?appartient pas », relate la mère éplorée. Sa maison détruite, elle a trouvé refuge avec ses enfants chez sa belle-famille. Elle ne veut pas s?éterniser ici. Mais où aller ?

Nadège Sandouce ne souhaite pas reconstruire sa vie sur les lieux qui ont vu mourir son fils, sauf si elle n?a pas le choix. Pendant ce temps, les lieux ont déjà trouvé preneur. Sous le regard indifférent des voisins, deux chiens décharnés fouillent désespérément des décombres à la recherche de quoi se nourrir. Un bien lugubre spectacle?

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