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MK renverse la pression sur Airbus et Boeing
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MK renverse la pression sur Airbus et Boeing
Les dés sont jetés. Airbus et Boeing ont soumis leurs propositions finales à Air Mauritius lundi après-midi. L?identité du constructeur qui empochera la cagnotte de Rs 15 milliards ne sera pas connue avant quelques semaines.
?Nous avons donné une consigne stricte aux techniciens qui travaillent sur le dossier : ils ne doivent être sous aucune pression?, affirme Megh Pillay, directeur général d?Air Mauritius. ?Ils ne subiront aucun lobbying des constructeurs et ne seront sous aucune contrainte de temps.?
Air Mauritius ne veut pas se précipiter car elle sait que l?acquisition des deux appareils flambant neufs aura un impact sur son avenir. Elle pourrait même influencer ses achats futurs. Après avoir effectué un lobbying intensif auprès d?Air Mauritius et du gouvernement, Airbus et Boeing ont hâte de conclure l?affaire. Ils devront toutefois patienter.
?Nous avons reçu les offres et assisté aux présentations finales sans montrer la moindre réaction. Nous ne pouvons faire de commentaire additionnel sur ce dossier pour l?instant?, dit Megh Pillay.
Le contrat de Rs 15 milliards représente l?achat d?avions neufs pour remplacer les deux Boeing 767 vieillissants de la compagnie nationale. Airbus propose l?A330-200 alors que Boeing estime qu?Air Mauritius ferait une meilleure affaire en achetant des B 777-200 ER. La joute est serrée entre les deux constructeurs.
L?Etat, actionnaire majoritaire d?Air Mauritius, a donné carte blanche à la direction pour le choix des nouveaux avions. Air Mauritius se basera sur des critères techniques, commerciaux et financiers pour se prononcer. L?Etat aura également son mot à dire car il compte financer cet important investissement à travers un offset deal. Ce concept permettra au pays d?amortir la sortie de Rs 15 milliards en recevant des avantages commerciaux des Etats-Unis ou de l?Europe. Les deux constructeurs proposent des débouchés relatifs au commerce, à l?investissement, au transfert technologique et à la création de joint-ventures.
Soucieux de ne pas offenser un des principaux partenaires commerciaux, l?Etat pourrait fort bien couper la poire en deux. Les moteurs seront achetés d?un continent et les avions d?un autre. Après tout, les réacteurs peuvent représenter jusqu?à 40 % du coût total d?un avion.
La récente visite des représentants de Rolls-Royce et de General Electric s?inscrit d?ailleurs dans cette lignée. Les deux firmes fabriquent des réacteurs aussi bien pour l?A330 que pour le B777. Il serait donc possible d?acheter des Airbus avec des moteurs venant de l?Américain General Electric ou des Boeing équipés de réacteurs de l?Européen Rolls-Royce. Quoi qu?il en soit, les moteurs seront aussi évalués par les cadres d?Air Mauritius.
La dernière ligne droite est amorcée. Le temps du lobbying est terminé. Airbus et Boeing sont tous deux confiants. Mais le chèque ira soit à Seattle ou à Toulouse?
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