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Mission réussie pour Cruise
C’est à J.J. Abrams, réalisateur et scénariste de la série Alias, qu’a fait appel Tom Cruise, acteur mais aussi producteur, pour la réalisation de Mission : Impossible III. Producteur et propriétaire de la franchise pour la série, ce dernier a, depuis 1996, affiché la volonté d’insuffler un brin de personnalité à chacun des épisodes, tout en adhérant à la formule du film d’action à grand spectacle, évidemment. Ce troisième épisode, bien que signé d’un réalisateur moins prestigieux (que Brian de Palma ou John Woo) est cependant le plus réussi, au moins le plus efficace, pour ce qui est des scènes d’action comme de la narration.
À titre d’exemple (et pour ne pas gâcher la surprise de la toute première scène), cette séquence au cours de laquelle Ethan Hunt (Tom Cruise et son équipe fuyant avec un agent mortellement blessé à bord d’un hélicoptère, tentent d’échapper à leurs poursuivants en se faufilant entre de gigantesques moulins à vent. Il y en a tout un champ et, alors que Hunt tente de ressusciter l’agent blessé à l’aide d’un défibrillateur, leur hélicoptère passe juste entre les ailes en mouvement d’un de ces moulins, afin d’échapper à un missile tiré par l’hélicoptère de leurs poursuivants.
Évidemment, tout cela est un peu tiré par les cheveux. Reste que durant cette scène, le spectateur se sera accroché à son fauteuil, J.J. Abrams utilisant chaque image à la fois pour bien exposer la situation et pour faire avancer l’action. Cette remarquable maîtrise des scènes de bravoure est aussi accompagnée d’un réel sens du récit (malgré quelques entorses à la logique) presque d’un bout à l’autre du film. Ce à quoi il faudrait ajouter une certaine originalité, surtout lors de la bagarre finale, avec l’intervention tardive, mais musclée de Mme Hunt (Michelle Monaghan).
On a un peu l’impression de pouvoir suivre toute l’action de M : i : III sans la bande sonore, tant les images parlent d’elles-mêmes. Ce qui, quand même, aurait été dommage. Car, sans être exceptionnels, ces dialogues viennent donner une dimension plus humaine aux personnages. L’agent Ethan Hunt (qui reste toujours Tom Cruise) se sent responsable de l’agent Lindsay Ferris (Keri Rusell) capturée à Berlin ; il discute de questions existentielles avec son vieux complice Luther Stingwell (Ving Rhames).
On regrette que les deux nouveaux de l’équipe (Jonathan Rhys Meyers et Maggie Q) n’aient pas l’occasion de s’exprimer plus souvent. Mais, en revanche, ces dialogues donnent un côté très humain au méchant de l’histoire. Dans le rôle, Philip Seymour Smith est assez loin des personnages de psychopathe qui sont généralement de service dans ce genre d’histoire. Ce qui le rend encore plus menaçant. Tout cela évidemment, rend les enjeux plus intéressants. Mais le meilleur restera la définition de la fameuse “Patte de Lapin”, arme décrite comme étant “l’Anti Dieu” – parce qu’étant indescriptible. C’est en fait le “McGuffin” de l’histoire.
Comme la plupart des films du genre, M : i : III nous promène autour de la planète – de Berlin aux sous-sols du Vatican, puis aux “Keys”de Floride pour finir à Shanghai, filmée la nuit d’un hélicoptère (chose qu’affectionne J.J. Abrams) sous des angles intéressants, ce qui rend cette ville encore plus impressionnante sur grand écran. Vous pensez à un épisode de Alias, version “de luxe” ? C’est un peu ça : un film d’action pure et qui ne demandera rien à vos neurones. On l’aura vite oublié, mais il est assez bien fait pour nous faire oublier, pendant deux heures, le prix du ticket d’entrée.
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