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Mini-motos, maxi bobos ?

21 août 2005, 00:00

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Nous ne voulons pas jouer les rabat-joie. Les vélos à moteur, les trottinettes électriques, quad bikes et les motos miniatures, fascinent petits et grands. On peut comprendre sans peine combien cela doit être amusant et palpitant pour les enfants que de piloter ces petites cylindrées, de faire comme les grands. Mais on sait aussi, alors que beaucoup d?enfants lorgnent ces motos, que certains adultes sont réticents à l?idée de voir leur progéniture au guidon.

Si auparavant les parents redoutaient le jour fatidique où leurs enfants leur demanderaient une mobylette ou un scooter, aujourd?hui ils réclament leur engin dès l?âge de 6 ans. « Le petit voisin a une moto miniature, et quand ma fille l?a vu faire un tour, elle n?a pas arrêté de nous demander de lui en acheter une. Je lui ai fait comprendre que ce n?était pas possible parce que ces motos sont dangereuses. Je lui ai dit que si elle heurtait quelqu?un, on serait dans de beaux draps », explique un père sceptique qui ne considère pas ce véhicule comme un jouet, et qui sait que l?engin ne tombe pas non plus sous le Road Traffic Act. « Ce ne sont pas des véhicules assurés. Ce n?est que quand il y aura un pépin qu?on légiférera », ajoute-t-il.

<B>C?est le flou total</B>

L?usage que l?on fait de cette mini-moto soulève des préoccupations. Est-ce un jouet ? Est-ce qu?il y a un âge minimal pour l?utiliser ? Faudrait-il rendre le port du casque obligatoire ? Ces engins sont-ils conformes aux règlements du code de la route ? C?est le flou total. « C?est comme pour les rollers. Il y a des gens qui font deux kilomètres en roller pour aller travailler. Ils sont censés rouler sur le trottoir, mais qu?en est-il alors des piétons ? On ne sait plus ce qui est permis et ce qui ne l?est pas », avance Mosadeq Sahebdin de l?Institute for Consumer Protection (ICP).

À la Consumers?Protection Unit (CPU), on tend à dire que ces motos ne sont pas des jouets. « Les toys safety regulations prévoient, en ce qui concerne les appareils électriques : ?electric toys shall not be powered by electricity of a nominal voltage exceeding 24 volts and no part of the toy shall exceed 24 volts". Et puis, dans la clause des produits qui ne sont pas considérés comme étant des jouets, il y a les vehicles with combustion engines », affirme un membre de la CPU. Du côté de la police, le Road Traffic Act prévoit qu?une moto qui a un moteur dont la capacité ne dépasse pas 50 cm3 (donc les motos miniatures) entre dans la catégorie « auto cycle ». Pour les conduire sur la route (les cours privées ne sont pas concernées), il faut avoir un permis, avoir au minimum 15 ans, et porter un casque.

Il faut également savoir que seuls les véhicules à propulsion mécanique sont concernés par le Road Traffic Act. « Pour le moment il n?y a aucune provision dans nos lois concernant les motos qui sont propulsées par l?électricité », confie un sergent de police. Petite parenthèse : Marc, dont le permis de conduire a été suspendu parce qu?il roulait en état d?ivresse, s?est acheté une bicyclette électrique pour Rs 16 000. Là, il peut continuer à faire la même route, plus lentement certes, mais il ne peut pas être inquiété par la police.

Pour essayer d?en savoir plus sur les motos miniatures, nous avons contacté un magasin qui commercialise ces engins, vendus à Rs 9 900. Un des responsables nous assure que ses motos ne sont que des « jouets ». La pocket bike roule à l?essence,

et a une puissance de 47 cm3. Selon le vendeur, elle est conseillée à partir de 12 ans, et les quad bikes de 50 cm3 seraient destinés aux enfants à partir de 6 ans. Il insiste tout de même sur le fait que leur utilisation se limite aux rues privées et aux jardins.

En théorie, ces véhicules de poche sont donc destinés à un usage spécifique. Ils portent une étiquette stipulant que ces véhicules ne sont pas destinés à être utilisés sur les routes. On peut y lire : « The vehicle does not conform to federal motor vehicle safety standards and is not intended for operation on public streets, roads or highway. Serious injuries can result from the unsafe operation of this vehicle. To minimize assumed risks, the user of the vehicle must wear a safety helmet, goggles, gloves, elbow pads. » Mais dans la pratique, ces consignes ne sont pas toujours suivies à la lettre.

<B>Le résultat est époustouflant</B>

Par ailleurs, il faut s?interroger sur les garanties de fiabilité de ces motos. Nous avons découvert récemment dans un atelier des répliques de motos dernier-cri qui coûtent environ Rs 30 000. Elles ont une assise confortable, sont munies d?une pédale d?accélération, d?un frein, d?une boîte de vitesses, de phares avant et arrière et? sont destinées aux adultes. « Pas besoin de permis de conduire, ni de casque et on peut même les utiliser sur la voie publique. Je l?ai fait », explique le vendeur. Une chance qu?il n?ait pas eu d?accident, car avec une moto aussi basse, les conducteurs de camion auraient pu ne pas le voir. Et s?il avait été intercepté par la police ? « Je leur aurai montré que c?est une moto électrique », réplique-t-il du tac au tac.

Cet adulte, resté un grand enfant, pousse l?audace encore plus loin. Après avoir vendu plusieurs modèles importés des pays asiatiques, notre homme a commencé à les faire fabriquer localement.

« Une entreprise se charge de fabriquer la co-que en fibre de verre, un soudeur s?occupe des superstructures et un mécanicien met en place la mécanique. On place par exemple des moteurs Honda de 49 cm3. » Ses motos fonctionnent donc avec de l?essence et peuvent filer jusqu?à 50 km ou 80 km selon les modèles. Elles sont aussi dotées d?un système électrique : il suffit de recharger les accumulateurs pendant une heure pour pouvoir rouler pendant trois heures.

Le résultat est époustouflant. Ces minis Harley Davidson sont craquantes. Le hic, c?est que ces véhicules ne font l?objet d?aucun contrôle quant aux normes de sécurité. Le vendeur a déjà, selon ses dires, écoulé une douzaine de ces véhicules et il en fabrique d?autres pour un centre de loisirs. Il n?y a pas de doute, le craze ira grandissant. Dans tous les cas, peu importe ce que disent ou ne disent pas les lois, les mesures de sécurité ne doivent pas être négligées.

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