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Mieux former la protection de l?enfance
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Mieux former la protection de l?enfance
● Vous avez présenté un troisième rapport, mercredi. Quel est votre constat ?
Chaque année, je fais une ana-lyse à partir des enquêtes menées par mon bureau. Ce qui permet de dresser un constat de la situation des enfants en détresse en évaluant les progrès accomplis. Je mentionne les manquements qui sont autant de défis à relever pour tous ceux qui ont le devoir de protéger les enfants, en tout premier lieu le gouvernement. Je suis préoccupée par le shelter qualifié de provisoire, mais où les enfants restent très longtemps dans une forme de garderie. Le fait d?y placer des enfants de tous les âges et des deux sexes, dont les problèmes sont très différents, rend un tel établissement ingérable. Quand certains jeunes en sortent pour aller dans des institutions spécialisées, leur réhabilitation devient plus difficile.
● Vos propositions au gouvernement sont-elles restées lettre morte jusqu?ici ?
Jusqu?ici, il y a eu du progrès, par exemple, sur la déclaration des enfants. Mais au niveau de la chaîne de protection, il y a encore du chemin à faire. La détection des cas en amont n?est pas assez systématique. D?où ma proposition de légiférer sur le délit de non-assistance à personne en danger. Je me réjouis de voir enfin un projet de loi, qu?il faut certes peaufiner, mais qui représente un énorme pas en avant.
● Quelles sont vos principales propositions cette fois-ci?
Je propose surtout une professionnalisation accrue dans ce secteur, qui est trop souvent considéré comme secondaire. Il faut davantage de personnel qualifié, de soutien aux familles vulnérables et de prévention sur le terrain. Et moins de placements d?enfants dans des institutions, sauf lorsque cela s?avère indispensable. L?optimisation des ressources est nécessaire pour mieux répondre aux besoins. Il faut surtout un meilleur suivi pour s?assurer qu?il y a réhabilitation et retour graduel à une situation d?autonomisation des enfants et de leur famille.
● C?est surtout la violence qui est préoccupante ?
La violence contre les enfants est aujourd?hui plus palpable et plus visible. Je consacre tout un chapitre à cette problématique en donnant des détails sur ses différents aspects à partir de cas concrets. Le rapport des Nations unies sur cette question a été présenté le 11 octobre à l?Assemblée générale. J?y ai collaboré personnellement et je souhaite que nous nous mettions très vite au travail pour définir un plan d?action national qui permettrait de mieux prévenir la violence, de soutenir les victimes et les aider à se rétablir. Mon bureau prépare un livret essentiellement destiné aux familles pour leur expliquer que les châtiments corporels provoquent des traumatismes graves. De plus, ils sont contre-productifs. Nous leur proposons d?autres méthodes plus constructives.
Propos recueillis par Jane L.O?NEIL
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