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Michaël Veeraragoo : La délicate tâche d’allier la passion de la musique et une carrière

10 décembre 2011, 20:00

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Michaël Veeraragoo : La délicate tâche d’allier la passion de la musique et une carrière

Michaël Veeraragoo. Le nom précède la personne. Agé de 36 ans, le jeune homme est le cadet du ségatier Claudio Veeraragoo. Il gère le studio de son père à Le Hochet, Terre-Rouge. Et en parallèle, il a pris un autre engagement, cette fois envers les producteurs car il est aussi le président de la Société des Producteurs de Musique, un organisme qu’il souhaite faire reconnaître par l’Etat.

« Je suis tombé dans la marmite. Pourquoi en sortir ? », lance Michaël Veeraragoo. Le fils de l’illustre ségatier gère également son studio de musique situé au rez-de-chaussée chez lui. Studio qui porte son nom d’ailleurs depuis 1975 : Michaël Lyndon Veeraragoo Recording Studio.

De nombreuses œuvres d’artistes ont été conçues dans ce studio. Nous notons là ceux de Didier Clarel, Mighty Jah, Claudio Callichurun, Jah Mike et le dernier en date : le CD de compilation des Best of Cassiya. Au total, une trentaine de personnes, y compris des membres de la famille Veeraragoo, œuvrent pour la promotion de la musique.

Mais pour Michaël, tout a commencé… à sa plus tendre enfance. Son père dit avoir une photo de Michaël alors qu’il n’avait pas encore un an et qu’il s’amusait à la batterie. Michaël Veeraragoo, lui, affirme qu’il a toujours ressenti en lui une passion pour la musique, mais son principal intérêt était de faire des affaires dans cette filière.

« Je suivais mon père dans tous ces déplacements. J’aime être avec lui, avec les musiciens. A un moment, je me suis demandé pourquoi je devrais faire autre chose alors que je suis un passionné de ce domaine », affirme-t-il.

Même s’il avait débuté très jeune avec ces trajets musicaux en compagnie de son père, ce n’est qu’en 2000 que Michaël confirme son engagement dans la production d’œuvres musicales. Après ses études secondaires au collège St-Joseph, il s’était envolé pour l’Australie pour une licence en Finance à l’Université de Melbourne.

Cette étape franchie, il enchaîne avec une autre licence en comptabilité pour poursuivre avec une troisième en études commerciales. Après ces années, il revient à Maurice et trouve de l’emploi au sein de la société de comptabilité, PriceWaterhouseCoopers.

Il n’y restera que deux ans. En 2002, il décide de changer d’emploi et commence à s’investir davantage dans l’entreprise familiale. Son frère et ses trois sœurs, dont deux jumelles, lui emboîteront le pas.

Ainsi, le petit frère s’occupe de la sonorisation dans le studio, la grande sœur de la distribution et les sœurs jumelles gèrent le magasin de Cd, Kabana Music Shop, à Port-Louis. Même si les affaires marchent bien, ce n’est pas pour autant que Michaël dira que la production de musique est un métier facile.

« Ce n’est pas évident de faire des affaires dans ce secteur. Il y a beaucoup de compétition et on prend énormément de risques. Quand on se lance dans le secteur, on travaille avec amour mais, au final, c’est le public qui décide du succès », soutient-il.

Le jeune homme, qui est aussi père de quatre fillettes, est batteur, ingénieur de son et responsable de projet. La musique est sa passion. « On ne peut pas dire que je suis passé du monde des affaires à la musique puisque j’ai décidé d’allier les deux et d’en faire mon quotidien », affirme-t-il.

Mais il a un autre combat : celui de faire reconnaître la Société des producteurs de musique en tant qu’organisme de l’Etat pour le respect des droits des producteurs. Pour le responsable de studio, la Mauritius Society of Authors (MASA) qui protège les auteurs, ne se soucie pas suffisamment des producteurs.

« Nous sommes mis à l’écart. Nous acceptons de payer les frais pour la protection des auteurs mais qu’en est-il des producteurs ? » fait-il ressortir. Selon lui, il ne faut même pas amender le Copyright Act, « puisqu’il y a plusieurs clauses de l’actuelle législation qui ne sont pas respectées ».

D’ailleurs, le producteur souligne que les pourparlers sont déjà enclenchés avec le ministère des Arts et de la Culture.
Un engagement salué par le ségatier Veeraragoo qui n’hésite pas à parler de son fils, ce jeune homme « sérieux, respectable et travailleur ». Claudio Veeraragoo avoue que Michaël est son confident et celui de qui il prend des conseils.

Une complicité réciproque. Mais le ségatier aurait préféré que ces enfants ne choisissent pas de faire carrière dans la musique. Mais il a vite compris que Michaël allait être rattrapé par sa passion pour la musique.

Depuis l’enfance, c’est en compagnie de son jeune fils qu’il fait ses voyages. Ainsi, les deux complices ont visité le Japon, l’Algérie, la France, l’Angleterre, le Zimbabwe, le Kenya, l’Afrique du Sud, la Zambie, Singapour et l’Indonésie. Autant de destinations pour la promotion de la musique mauricienne.

Durant les années à observer et à côtoyer son père, Michaël a appris la droiture, le professionnalisme et le sérieux, dit-il. Des qualités que reconnaît en lui son ami Christian Corentin qui évolue aussi dans la musique.

« Cela fait 20 ans que nous nous connaissons. Il prend son travail à cœur et il s’applique. Un bosseur qui à de qui tenir », affirme le chanteur.


 

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