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Mgr Margéot prend le parti de l’Homme
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Mgr Margéot prend le parti de l’Homme
A l’heure des négociations anti-grève et des préparatifs de grève de la faim, Mgr Jean Margéot reprend son bâton de pèlerin, ou plus exactement son stylo, pour prêcher la Bonne Nouvelle de son copain, Jésus-Christ, adaptée aux souffrances nationales de 1979. Cela donne, en résumé, ceci :-
La situation est préoccupante. Les grèves ne sont pas de simples accidents de parcours. Elles sont symptômes d’un mal plus profond. J’entends prendre le parti de l’Homme. Cela signifie (i) refuser la violence (ii) s’engager dans la construction d’une communauté humaine. Je ne me substitue pas aux autorités. Je ne détiens pas des solutions toutes faites. Je veux seulement prendre le parti de l’Homme. De l’Homme contre la violence. Contre la violence d’abord physique.
Nul ne peut contester le droit d’association. Nul ne peut contester le recours à la grève après l’échec reconnu des moyens de négociations. Il s’agit de droits acquis après des siècles de lutte pour élargir nos espaces de liberté. La grève engendre toutefois la violence physique quand elle intimide ceux voulant travailler, quand elle incendie des champs de cannes à sucre, quand elle menace la sécurité des passagers d’un autobus. Cette violence aveugle va à l’encontre du parti de l’Homme. Elle est folie menaçant la raison. Pas de justice, au prix d’une telle insécurité.
Il y a violence plus grave. Celle de l’inertie. Quiconque, n’accomplissant pas son travail, n’assumant pas ses responsabilités, faisant la sourde oreille à des doléances légitimes et justifiées, engendre la violence. Sème le vent pour récolter la tempête quiconque laisse pourrir les conflits industriels, pratique une politique de deux poids et de deux mesures notamment à l’égard des grèves dites illégales, dévalue les instances d’arbitrage.
Prendre parti pour l’Homme c’est récuser la violence idéologique, la violence démagogique, la violence marxiste, la lutte des classes, la dictature du prolétariat qui n’est jamais celle de la classe ouvrière mais bien celle d’une clique de privilégiés s’emparant du pouvoir en grimpant sur le dos de la masse des travailleurs. Cette violence idéologique va jusqu’à souhaiter le pourrissement de l’économie nationale.
Prendre le parti de l’Homme c’est récuser le Veau d’Or du Profit à n’importe quel prix y compris celui de l’exploitation de l’Homme par l’homme. La mentalité capitaliste privilégie trop souvent le profit au détriment de l’Homme. C’est une violence-mère qui engendre d’autres souffrances. Le capitalisme est source indiscutable de progrès national. Il est toutefois coupable de restreindre le pouvoir de décision à quelques privilégiés, de léguer par la naissance une autorité sur d’autres vies humaines, de décider arbitrairement de la répartition du profit, de tolérer un éventail de salaires inacceptable.
Construire une communauté humaine c’est admettre la part de Liberté, d’initiatives, de responsabilités individuelles dans le libéralisme économique. C’est aussi admettre le bien-fondé de la quête marxiste pour une socialisation plus juste, un partage plus équitable des biens et des services. Le parti de l’Homme accepte autant la promotion sociale que les libertés individuelles. La communauté humaine se construit dans la conjonction de ces deux valeurs.
La société comprend l’entreprise, les syndicats, les associations de contribuables et de consommateurs, l’organisation politique qui donne l’impulsion et qui contrôle. Aucun de ces acteurs ne peut prétendre à la totalité des pouvoirs ni ne doit abdiquer ses responsabilités.
A éviter autant que possible la politisation des syndicats. Qu’il s’agisse de leur manipulation ou de leur identification à un parti politique. Le syndicalisme agit dans le champ économique et le parti dans l’arène politique. Une nouvelle voie est possible : passer de la revendication à l’association des responsabilités.
Les moyens épanouissants de s’engager au service de l’Homme ne manquent pas. Faut-il encore respecter les valeurs précitées si l’on veut éviter les replâtrages et parvenir à des solutions durables, à des progrès de civilisation.
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