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Menon Ramsamy : retour d?outre-tombe?
AVANT la finale du 10 000 m des Jeux des îles de l?océan Indien, si vous aviez demandé à Menon Ramsamy si la saison 2003 a été bonne, il aurait rétorqué sans hésitation que c?était la plus mauvaise qu?il ait jamais connue.
Une année catastrophe, en effet, pour l?un des plus grands demi-fondeurs de l?histoire de l?athlétisme mauricien. Après une ligue de cross dévastatrice, où la souffrance se lisait dans les yeux de Menon Ramsamy, le pire arrive.
Parti sur le vieux continent pour un stage français dans l?optique des Jeux, Menon Ramsamy est victime d?une terrible blessure au mollet droit, ce qui le prive de toute compétition et de tout entraînement.
Les Jeux des îles, un objectif essentiel à ses yeux, s?éloignent alors que la blessure ne guérit pas.
Le doute s?installe chez l?athlète, dans son entourage proche ainsi qu?au sein du staff technique de l?athlétisme local. Mais, sa force de caractère fait qu?il résiste à tout et le voilà, le visage tiré, un bandage autour du mollet, qui se présente au départ de la finale du 10 000 mètres. C?est le jeudi 4 septembre 2003.
Dans cette course, deux monstres du demi-fondeur indianocéaniques : les Malgaches Prosper Randriasoaloza et Haja Ramananjatovo. A cet instant, personne n?y croit, sauf Menon ! Et pourtant, alors qu?on l?ignore tous, Menon Ramsamy va écrire l?histoire.
Bravant la douleur
Le coup de pistolet retentit, et dans les gradins on a les mains sur la tête. On espère de tout coeur qu?il réussira à terminer cette course.
Bravant la douleur, le découragement et surtout le rythme infernal des deux Malgaches, Menon Ramsamy s?accroche. A mi-course, on commence à y croire, car Menon, les dents serrés, s?accroche toujours.
Et à 150 mètres de l?arrivée, dans un sprint foudroyant, il laisse sur place Prosper Randriasoaloza. La victoire l?attend au bout de cet ultime effort.
C?est l?exploit ! Première victoire mauricienne aux Jeux des îles de l?océan Indien sur 10 000 mètres.
Pris dans un tourbillon d?émotions, Menon Ramsamy se jette sur la piste et fixe le ciel les bras levés, comme pour remercier l?être suprême pour cette victoire obtenue avec les tripes et l?intelligence. Dans les gradins, c?est la folie. Toute une île célèbre le courage de Menon Ramsamy. Celui qui était laissé pour mort dans le giron de l?athlétisme est soudain ressuscité.
Le demi-fond mauricien, enfant pauvre de l?athéltisme local depuis une bonne dizaine d?années, retrouvait ainsi ses lettres de noblesse, la veille d?un autre exploit, celui de Dharamjai Jeetun quand il décrocha l?or sur 5 000 mètres?
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