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Meetings publics d?il y a un quart de siècle

3 mai 2005, 00:00

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En 1980, comme lors des années précédentes, la fête du Travail est l?occasion pour les principaux partis de donner rendez-vous à leurs partisans. Le Parti travailliste rassemble les siens à Port Louis. Un petit millier pour toute la Place du Quai (autoroute intra-urbaine naïba !). La coalition PTr-PMSD-CAM pense prendre sa revanche sur le ?vol politique? (le rejet parlementaire d?un budget supplémentaire de Rs 247 millions - voir l?express du 2 mai 2005) commis le 29 avril 1980 par une opposition majoritaire aux dépens d?un gouvernement minoritaire. Les Bleus ne sont pas là mais Razack Peeroo représente le CAM sur l?estrade rouge. Satcam Boolell, Hurrydev Ramchurn et Iswardeo Seetaram sont aussi venus dire leur foi dans le leadership de Seewoosagur Ramgoolam. Cette défaite budgétaire est certes amère mais la revanche s?annonce partie remise.

Seewoosagur Ramgoolam compare le MMM à un taureau déchaîné dans un magasin de porcelaine. De toute sa longue carrière politique, il n?a jamais vu autant d?irresponsabilité politique (N.B. : Pas même de la part des frères Bissoondoyal ?). ?Le MMM doit être puni pour son irresponsabilité dans les domaines politique et syndical.? ( Mette ène la croix lors li ! ) Il représente le désordre. Il est responsable de la hausse des prix. La presse doit aider le PTr dans sa dénonciation des méfaits du MMM. Son vote contre le budget supplémentaire, réclamé par Ringadoo, est rempli de haine. Il est anti démocratique. SSR craint qu?un jour le MMM ne parvienne à détruire le pays tout entier. Oubliant qu?il a aboli les élections partielles, SSR conseille à Boodhoo de démissionner et d?affronter de nouveau l?électorat du No 13 mais cette fois-ci sans l?étiquette travailliste.

Satcam Boolell se réjouit que le PTr a réuni en 1980 davantage de partisans qu?en 1979. (Il faut savoir se contenter de peu). Il n?est pas d?accord avec tout ce qui se passe au sein du parti mais, hors de lui, il n?y a pas moyen de combattre le MMM. Il reproche à son parti de ne pas prendre certaines initiatives conformes à son riche passé.

Jagatsingh prédit que le gouvernement PTr-CAM-PMSD subira de nombreux autres cyclones. Pour pouvoir résister, il faut des hommes au Kher solide. Harold Walter fait de la réclame pour l?excellent livre de Rivaltz Quenette : La fin d?une légende.

A Rose Hill, le MMM de Paul Bérenger et d?Anerood Jugnauth se contente de la Place Margéot et rassemble seulement 5 000 militants. Le politicien à abattre demeure bien sûr Satcam Boolell. Avec le PMSD et le secteur privé, il est l?ennemi No 1 des Mauriciens.

Bérenger balaie d?un revers de main l?accusation travailliste selon laquelle le rejet par le MMM du budget supplémentaire privera des fonctionnaires de leurs salaires et des pensionnés de leurs allocations. Elle ne tient pas la route car Ringadoo peut puiser dans le Contingencies Fund. Il a d?ailleurs pris l?avion pour Londres, preuve s?il en faut qu?il n?y a pas le feu à l?Hôtel du gouvernement. Il accuse le gouvernement travailliste d?avoir puisé Rs 153 millions du fonds national de pension. Il relève un cas de fraude découvert in extremis grâce au rejet du budget supplémentaire. Des ministres reçoivent Rs 1 400 par mois à titre d?allocations de transport au lieu de Rs 700. Austérité oblige, le MMM décline l?invitation faite à un de ses députés de participer à une conférence internationale. Le gouvernement en profite pour y envoyer un autre député car, pour lui, l?austérité s?applique aux consommateurs et aux contribuables mais pas à lui.

Pour Anerood Jugnauth ?éna volère dans ça gouvernement-là !? Il en veut pour preuve la mystérieuse affaire des bijoux Singhania. Kader Bhayat accuse le patronat de profiter de l?Industrial Relations Act (loi toujours en vigueur d?ailleurs) pour licencier à tour de bras dans les usines de la zone franche. Le secteur privé jouit en la circonstance de la complicité du PTr, du PMSD et du CAM (présent au ministère du Travail en la personne de Razack Peeroo). Il y a eu 2 500 licenciés à cause de la dévaluation de la roupie par Ringadoo.

Harish Boodhoo rassemble à Quatre-Bornes trois fois plus de partisans que son ancien parti, le PTr, à la place du Quai. Il réitère sa demande de commissions d?enquête sur les affaires Singhania (contrebande de bijoux) et Ruparel. Il s?appesantit sur les omissions de Satcam Boolell à la télévision. Ce dernier n?a pas dit, par exemple qu?il réclame Rs 185 000 pour les repas des députés, alors que ceux du MMM et du PSM ne mangent jamais à l?Hôtel du gouvernement. Il stigmatise les réclamations abusives du PMSD et du CAM en matière de nomination du contrôleur des douanes alors que celle-ci relève de la juridiction indépendante de la Public Service Commission. Il conclut que pour le redressement économique, pour un renouveau national, pour mettre fin aux abus, à la malhonnêteté, pour une meilleure société et pour la sauvegarde de la démocratie, il faut des élections législatives. Et le plus tôt sera le mieux.

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