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Journée internationale de la jeunesse

Les jeunes Mauriciens réclament opportunités et participation aux décisions

15 août 2026, 18:00

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Les jeunes Mauriciens réclament opportunités et participation aux décisions

■ Emilie Soogund, 22 ans ; Lovelesh Bholah, 25 ans ; Alexia Jolicoeur, 20 ans ; Aaron Ahpo, 23 ans ; Fakhruddeen Auhammud, 30 ans.

Dans le sillage de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le mercredi 12 août, la parole est donnée aux jeunes Mauriciens. Entre chômage, manque d’opportunités, coût de la vie, logement, fuite des cerveaux et besoin de participation aux décisions, ils dressent un constat lucide de leur réalité. Tous partagent toutefois une même conviction : la jeunesse ne doit pas être uniquement considérée comme la génération de demain, mais comme une force essentielle au développement du pays dès aujourd’hui.

Emilie Soogund, 22 ans

Pour Emilie Soogund, les défis sont multiples et nécessitent notamment une meilleure préparation des jeunes au monde professionnel. Les jeunes font face au chômage, au manque d’opportunités, au brain drain et parfois, à un accès inégal aux emplois. Il faut renforcer l’éducation pratique, les stages, l’entrepreneuriat et surtout, la méritocratie. Nous devons également créer davantage d’espaces permettant aux jeunes de participer activement aux décisions.»

Elle appelle également les décideurs à changer leur approche. «Aux décideurs, je dirais : ‘Ne faites pas seulement des politiques pour les jeunes, faites-les avec les jeunes. Notre jeunesse possède des idées, des compétences et de l’énergie. Donnons-lui une voix et les moyens d’agir.’ Nous ne sommes pas seulement les leaders de demain, mais aussi ceux d’aujourd’hui.» Emilie Soogund est présidente des Jeunes Démocrates au sein des Nouveaux Démocrates.

Lovelesh Bholah, 25 ans

Lovelesh Bholah met, lui, l’accent sur les difficultés économiques qui pèsent sur les jeunes. «Pour la Journée internationale de la jeunesse, on ne peut pas ignorer les vrais problèmes que les jeunes trouver en ce moment. Ils galèrent à trouver un job, le coût de la vie grimpe sans arrêt et décrocher un logement, c’est carrément un parcours du combattant.» Pour lui, il faut également multiplier les possibilités de formation et d’entrepreneuriat. «Les occasions de se lancer dans une carrière ou d’apprendre des trucs nouveaux manquent, surtout pour ceux qui veulent créer leur entreprise ou juste améliorer leurs compétences.»

Son message est également un appel à la confiance : «Nous ne devons pas voir les jeunes seulement comme les leaders de demain. Nous sommes aussi des citoyens d’aujourd’hui. Nous pouvons contribuer dès maintenant au développement.»

Alexia Jolicoeur, 20 ans

Alexia Jolicoeur insiste surtout sur la nécessité de redonner aux jeunes une voix dans les décisions qui concernent leur avenir. «L’un des principaux défis est de redonner aux jeunes le sentiment qu’ils ont réellement leur mot à dire sur leur avenir. On nous répète souvent que ‘to lavenir dan to lame’, mais comment construire cet avenir si nous n’avons pas voix au chapitre dans les décisions qui façonnent le pays aujourd’hui ?»

Elle réclame ainsi «de vrais espaces de participation pour proposer, débattre et prendre des responsabilités». Pour elle, l’espoir constitue également une condition indispensable à l’innovation : «Avant de nous demander de construire le pays de demain, il faut nous redonner confiance dans celui d’aujourd’hui.»

Aaron Ahpo, 23 ans

Pour Aaron Ahpo, le manque d’opportunités professionnelles correspondant aux compétences des jeunes constitue un facteur important de frustration et de fuite des cerveaux. «Le principal défi de la jeunesse réside dans le manque d’opportunités professionnelles à la hauteur de ses compétences, ce qui crée un sentiment de frustration face à l’impossibilité de prouver son potentiel.»

Il préconise davantage de partage des connaissances et de mentorat entre générations. «La solution ne consiste pas à écarter les générations précédentes, mais à stopper le gatekeeping de l’information en favorisant un véritable partage des connaissances.»

Son message aux décideurs résume cette volonté de construire un pont entre générations : «En écoutant nos voix et en nous accordant leur confiance, les décideurs permettront à la sagesse de l’expérience et à l’énergie de l’innovation de façonner, ensemble, l’avenir du pays.»

Fakhruddeen Auhammud, 30 ans

«Les jeunes font face au chômage, au coût de la vie, à la pression sociale, aux addictions et au manque d’opportunités. Pour y remédier, il faut renforcer la formation professionnelle, créer davantage d’emplois, soutenir l’entrepreneuriat, développer les activités sportives et culturelles, et offrir un meilleur accompagnement psychologique.»

À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, il souhaite rappeler aux décideurs et à la société que les jeunes représentent l’avenir et une force essentielle pour le développement. «Il faut leur faire confiance, écouter leurs idées, leur offrir davantage d’opportunités et les encourager à participer activement aux décisions qui façonnent l’avenir du pays.»

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