Publicité

Meeting

30 juin 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Nazim ESOOF

?Mauriciennes ! Mauriciens ! L?Ile Maurice n?est pas à la croisée des chemins ou à un moment crucial de son histoire. Il faut une dédramatisation là où il y a une tendance à la surthéâtralisation. En 2005, l?électorat mauricien ne peut briller que par sa clairvoyance. Il sait qu?il ne vote pas dans un contexte semblable à celui de 1967 ou 1982.

L?histoire d?un pays est continuellement en marche et l?appel qui vous est fait est d?acccompagner ce mouvement, de l?accélérer et de l?amener à culminer à une pleine modernisation du pays. Votre responsabilité s?arrête à cela. C?est une participation active, à travers un choix et un travail en commun, pour faire de Maurice un pays qui réussit sur les plans économique, social, politique et aussi culturel.

Vos préoccupations en tant que citoyens sont pleinement justifiées. De l?asphaltage des routes à l?éducation de vos enfants, vous avez des attentes, qui sont propres à tous les peuples du monde. Certes, nous ne ménagerons aucun effort à ?uvrer en faveur de votre mieux-être. Mais nous ne mentirons pas au point de promettre que nous parviendrons à réaliser toutes vos aspirations. Ce langage de vérité fait appel à votre sens de la raison.

Vos préoccupations immédiates sont couplées à des attentes plus générales pour notre pays. C?est le rêve d?un pays fort, réalisant pleinement ses possibilités et permettant à sa population d?exploiter son potentiel. C?est un vivre-ensemble harmonieux dans un environnement économique où aucune frange de la population n?est laissée au bord de la route au nom d?une concurrence impitoyable. Un pays qui, en somme, refusera l?embrigadement d?un libéralisme totalitaire et les chimères d?un socialisme doctrinaire.

Ce pays que nous voulons construire, c?est aussi une République qui donnera un sens neuf à l?unité nationale. Cette expression galvaudée mérite d?ailleurs d?être revisitée parce qu?il est temps de retirer de l?équation le fatalisme ethnique. Ce ne seront, en effet, plus des communautés qui composeront la République mauricienne mais l?ensemble de ses citoyens.

Le réformisme est notre devise. Nous n?allons plus reculer devant les tabous. Vous méritez mieux que cette soumission à des règles et des institutions qui datent. La Constitution est fondamentale. Mais, elle n?est pas immanente. La définition qu?elle donne des ethnies et de certaines pratiques mérite d?être revue. La voie référendaire est ainsi le chemin à prendre.

C?est une dose de démocratie participative qui est nécessaire également pour des questions essentielles qui touchent aux convictions profondes. Sans un référendum, aucun pouvoir n?aura le courage politique de traiter ainsi des questions telles que l?avortement ou la dépénalisation du gandia. Mais, d?ores et déjà, nous vous disons que dès notre éventuelle arrivée au pouvoir, un choix que vous aurez fait, nous n?attendrons pas que le best-loser disparaîsse de sa mort naturelle. Nous n?allons pas non plus organiser un référendum sur la question. Nous allons l?abolir parce que nous estimons qu?une île Maurice moderne ne peut plus accommoder un système réducteur.

Finalement, tout au long de cette campagne vous avez été exposés à des propositions et des idées qui peuvent parfois avoir été émises de manière agressive. Nous tenons simplement à vous assurer que les thèses développées par nos adversaires ne sont pas forcément puériles. Mais nous doutons de leur volonté à les exécuter. Nos différences sont dans le style mais aussi dans la vision de notre île. Cette Ile Maurice est la leur et aussi celle de tous leurs sympathisants. Et c?est ensemble que nous voulons la construire. Nous n?avons pas toujours tout réussi. Nous n?avons pas tout échoué. Mais notre ambition pour le pays transcende notre ambition politique. Que la République mauricienne sorte grandie de toute cette épreuve?.

A chacun son rôle évidemment?

Publicité